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Tome vingt-deuxième.
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pie , ils vinrent encore le réfugier en Italie.On y réveilla les manès d’Horace, deVirgile 6c de Cicéron : on alla fouillerjusque dans les tombeaux qui avoient serviâ la sculpture Sc à 1 a peinture. On vit re-paraître l’antiquité avec les grâces de lajeunesse. Les artistes s’empresserent à Timi-ter ; l’admiration publique multiplia lestalens ; l’éfiuilation les anima, Sc les beauxarts reparurent avec splendeur. Ils vont secorrompre & se perdre. On charge déjala belle nature, on l’ajuste, en la farde ; onla pare de colifichets, qui la font mécon-noître. Ces rafinemens opposés à la grossiè-reté , sont plus difficiles à détruire que lagrossièreté même. C’est par eux que le goûts’émousse, & que commence la décadence.

(Le chevalier DE JaiSCOURT.).

Observations de M. DE SuiTZER fur lemê:nc sujet.

II est difficile de réunir les différentessignifications de ce mot nature sur unefeule & même notion. On donne ordinai-rement le nom de nature â l’œuvre entierde la création, ou système universel deschoses existantes, entant que l’on considéréces choses comme des effets de la forcequi s’y est déployée dès leur origine , quicontinue d’agir relativement à des finsparticulières, que la réflexion ne peutdécouvrir que dans certains cas ; mais cettedénomination devient équivoque , parceque tantôt on entend par nature la forceprimitive, Sc tantôt ses effets. On opposeù l’idée de nature, celle de toutes leschoses qui arrivent dans le monde pardes forces qui n’y existoient pas originai-rement ; tout ce dont l’existence & lespropriétés découlent , non du systèmegénéral , mais de quelque arrangementparticulier , ou même de quelque casqui s’écarte de l’ordre général & qui esten contradiction avec le cours régulier deschoses. De telles choses font ou des mi-racles , ou des œuvres de l’art humain ;leurs effets tiennent à des causes auxquelleson les a liés d’une façon extraordinaire, Scqui répugne à Tordre naturel.

Considérée comme cause active, la nature«st le guide Sc le maître des artistes ; prisepour effet, c’est le magasin toujours ouvert,Tome XXII .

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d’où Partiste tire les objets qu’ìl veut rap-porter à les vues. Plus Pareille dans sesprocédés ou dans le choix de la matière,se tient scrupuleusement à la nature , Scplus son ouvrage acquiert de perfection.Nous allons entrer dans des plus grandsdétails fur ces deux points de vue , sous-lesquels la nature se présente.

Au premier égard , la nature n’est autrechose que la souveraine sagesse, c’est-à-dire, de sauteur mémo de la nature, doncles desseins Sc les opérations tendent tou-jours à la plus grande perfection ; dont lesprocédés fans exception , sont de la plusexacte justesse , & ne laissent rien à désirer.De là vient que dans ses œuvres toutrépondau but, tout est bon, simple, fans gêne ,il ne s’y trouve ni soperfluité ni défaut.Voilà pourquoi on donne aux ouvrages di>Part Tépithete de naturels , quant tout y estaussi exact , aussi parfait, aussi exempt degêne & de contrainte , que s’ils sortoiencdes mains de la nature même.

Ainsi les procédés de la nature sonCTunique école de l’artiste ; & c’est-là où il doit apprendre les réglés de sonart. II trouve dans chaque ouvrage parti-culier de cette grande maîtresse, l’obfer-vation la plus exacte de tout ce qui peuûcontribuer à la perfection & à la beauté ;& plus Tartiste possède une connoissanccsétendue de la nature , plus il est au fait descas différens où il peut saisir les principesuniversels du parfait & du beau, dans tousles différens genres. C’est pour cela que lathéorie de sart ne fauroit être autre choseque le système des réglés que d’exactesobservations déduisent des œuvres de I»nature. Toute réglé de sart qui ne dérivapas d’une semblable observation de la nature ,est quelque chose de purement imaginaire,destitué de tout vrai fondement, Sc dfaù ilne fauroit résulter rien de bon.

La nature n’agit jamais fans quelque vuebien déterminée, soit dans la productiond’un ouvrage entier, soit dans T arrange-ment de chacune de ses parties. Tant mieuxpour Tartiste s’il se conforme à ce modele ,i & que chaque trait de son art exprimaquelque trait de la nature. Dans l’arrange-ment des parties , la nature ne manque ja-mais de préférer P essentiel à ce qui TestDûddd