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exemples & se laisse gouverner par le pen-chant de ['imitation. En lui recomman-dant d’être docile à la voix de la nature c\mse fait entendre au dedans de lui, on l’a-vertit de se préserver des réglés arbitrai-res , & de limitation aveugle d’ouvragesqui ne s’accordent pas avec son goût actuel•& non dépravé , mais qui sont appuyés furle caprice de la mode , & fur les élogesque donne à des artistes fans vocation ,un public qui a depuis Iong-temps aban-donné le sentier de la nature.
D’où vient que ç’a toujours été le pre-mier période du temps où les arts ontfleuri chez quelque nation, qui a vu naî-tre les plus beaux ouvrages ? On n’en sau-roit trotiver la raison , sinon en ce qu’a-lors l’artisle, qui avoir reçu fa vocationde la nature , s’y est tenu scrupuleusementattaché , au lieu que ceux qui sont venusdans la fuite des temps, ou bien font de-venus uniquement artistes par l imitation,ou ont travaillé fans avoir de réglés pui-sées dans leur propre sentiment naturel,& ont suivi sans réflexion des modelésqu’ils avoient mal saisis. Ainsi tout jeunehomme qui sent au dedans de lui une vo-cation à la poésie, à la peinture ou à lamusique , doit se conformer au conseil quel’oracle donnoit à Cicéron : Prend pour(ruide ton propre sentiment, & non l opiniondu vulgaire. Plutarque, dans la vie de Ci-céron.
A présent il s’agit encore de considérer lanature comme le magasin universel dans le-quel l’artiíle cherche l’étosse de son ouvrage,ou du moins y trouve des objets d’après les-quels il peut par analogie en inventer. Lebut général de tous les beaux arts, commenous l’avons souvent remarqué, consisteà faire des impressions fur l’esprit deshommes qui leur soient avantageuses, aumoyen de la vive représentation de cer-tains objets doués d’une force esthétique.Comme c’estlà aussi manifestement une desvues bienfaisantes de la nature , dans laproduction & dans l’embellissement de sesouvrages, & la nature étant divisée danstoutes ses opérations par la souverainesagesse, cela fait qu’on trouve parmi sesoeuvres toutes les sortes d’objets quipeuvent être rapportés à un but qwel-
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conque. Ainsi l’artisle n’a autre choieà faire que de choisir poqr chaque cas sin-gulier l’objet qui lui convient; cu s’il nerencontre pas tout-de-soite dans la naturecë qui lui feroit nécessaire ( & cela peutfort bien arriver, parcs qu’elle ne travailléque dans des vues générales ) , il doit , àl’aide de son propre génie , inventer d’a-près le modele des objets exislans , desobjets imaginaires qui se rapportent directe-ment à son but. Dans l’un & dans l’autrede ces deux cas , il a besoin d’une connoif-fance étendue & approfondie des chosesqui existent dans le monde tant corporelque moral , & sor tout des forces qui ysont renfermées. Comme I heureux choixdu sujet à la principale part au prix d’unouvrage parfait de sart, il n’y a rien qusondoive plus recommander à l’artisle qu’uneobservation non interrompue de toutesles choses créées, & de leurs forces. Sessens, tant extérieurs qu’intérieurs, doiventêtre continuellement tendus ; les premiers,pour ne rien laisser échapper de tout cequi mérite quelque attention dans la nature;les seconds pour acquérir toujours uneconnoissance exacte des effets que chaqueobjet est capable de produire fur lui dansles circonstances données. C’eít là Tuniquevoie d’enrichir le génie , & de lui fournirl’étoffe dont il a besoin toutes les fois qu’ìltravaille à quelque ouvrage de l’art. Onparle souvent de génies féconds & inventifsqui ont acquis une grande réputation dansles beaux arts. Ce qui les a rendus tels ,ç’a toujours été l’obsorvation exacte &réfléchie de la nature ; tel a été par dessustous les autres Homere, aux yeux péné-trans duquel ( quoiqu’on prétende qu’il étoitaveugle ) rien n’échappoit.
II y a des artistes qui ne connoissent lanature que de la seconde main ; c’est-à-dire,qui ne l’ont pas observée-dans ses ouvrages,mais dans ceux d’autres artistes. Ces gens-Ià , quelque habileté qu’ils puissent avoir ,demeureront de foibles imitateurs, ou nepourront tout au plus se distinguer quepar la maniéré de travailler qui leur estpropre. On s’apperçoit toujours qu’ils n’ontpas vu la nature même ; leurs objets fontd’emprunt , & la représentation de cesobj-ets n’est pas animée par la vie que lesDdddd r.