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cette profusion fie pensées délicates, quis’évaporent comme les eílênces des fleursdont elles ont la semence, de-là cetteprodigalité d’antitheses étincelantes quiressemblent aux éclairs dont la lumièrenous éblouit fans nous échauffer : de-làun style froidement ingénieux que l’on peutcomparer à ces corps auxquels les injec-tions prêtent un coloris & un embonpointillusoire ; mais qui manquent de chaleur& de vie. Le désir de l’expérience d’unemaniéré neuve va plus loin encore , à desphrases périodiques, dont les suspensionsartistement cadencées préparoient le plusséduisant des plaisirs, on substitue un stylehaché , fautelant, dépourvu des liaisonsqui font cependant pour l’élévation cequ’est pour les tableaux le passage imper-ceptible d’une nuance à une autre.
Ainsi l’envie de fe distinguer a intro-duit dans les remercîmens académiques,un air de contrainte qui est opposé aunaturel, & une ostentation d’efprit quiannonce un défaut de goût. Parmi les écri-vains dont les autres ouvrages font mar-qués du sceau de ['immortalité, il en estbeaucoup dont la reconnoistance paroîtmoins sentie que méditée, en prétendantà I’exactitude des puretés, ils ont perdula chaleur fans laquelle on n’est jamais élo-quent, &le naturel fans lequel ií est impossi-ble d’intéreslèr.
Cet article nouveau efl tiré d'un discoursprononcé à iacadémie de Lyon, par M.I abbé La Serre , lors de fa réception.
A. N. NATUREL, ( moiele du flyle natu-rel. ) Le naturel est un des caraderesdistinctifs des écrivains anciens. Dans cequi nous reste d’Ifocrate , on voit un styledoux , coulant, plein de grâces naturelles,ni trop simple ni trop orné. II est le pre-mier selon Cicéron qui ait introduit dansla langue grecque ce nombre & cette ca-dence qui en fait la premiere des langues.
Le naturel distinguoit Demosthene com-me l’Ifocrate. Ce prince des orateurs avoirune éloquence rapide , force , sublime ;mais ce qu’on remarquoit le plus dans íèsharangues, c’est que toutes ses penséesparotííòient naître du sujet, & toutes fesexpressions convenir à fes pensées. Efchi-ne , plus abondant, plus fleuri que sonTome XXII.
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rival, savoir cependant réunir le naturel àl'élégance ; Cicéron excella fur tout dansl’arrangement des mots & dans l’art deflatter l’oreille par la suspension des phra-ses artistement cadencées. Personne n’eucà un si haut degré le talent de relever leschoses les plus communes, & d’embellircelles qui paroiífoient le moins susceptiblesd’ornemens : mais tous les discours fonCmarqués au coin de cette noble simplicité& de ce nature! sublime qui est le premiercaractère de ['éloquence & le trait distinctif: des orateurs anciens.
Séneque fut le premier qui accrédita lestyle recherché; à une grande délicatessede fentimens , il unistoit beaucoup dé-tendue dans ['esprit; mais le désir dedonner le ton â son siecle , le jeta dans desnouveautés qui corrompirent legoût.Il subs-titua à ['heureuse simplicité des anciens (efard & la parure de la cour de Néron. Unstyle semé de pointes, de sentences & depeintures brillantes ; mais trop chargées desexpressions nouvelles, des tours ingénieuxmais peu naturels, peu content de plaire ilvoulut éblouir & il y réussit. Concis Sc néan-moins diffus il réemploya que le moins determes possibles pour exprimer fa pensée :
mais il employa trop de pensées particulières
pour développer fa pensée principale. ílafficha l’art & s’écarta de ce nature! qui estle premier charme du style. Cette qualssisi précieuse est plus rare dans nos écrivainsque dans ceux de ['antiquité. Nous avon»'cependant des auteurs qui peuvent servitde modelés dans ce genre. A leur tête ondoit placer Lafontaine , c’est le poete dela nature, sagesse du pian, ordonnancedes tableaux, fraîcheur du coloris, choixdesornemens, richesses des détails, natureldes descriptions, vérité des caractères ,,finesse de morale, touc fait sentir dans fesou vr2ges une lieureule simplicitépeu connue’avant lui. Nos jeunes écrivains ne fauroient?trop étudier fa versification & son style *où les pédans n’ont su relever nue des né-gligences & dont les beautés ravissent leshommes de l’art les plus exercés, & leshommes de goût les plus délicats.
Après Lafontaine nous placerons JeanRacine. La poésie françoife portée au plu »haut point de noblesse, d’éiég mce & dcEeeee