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pureté a consacré son ncm à une gloireimmortelle. Aucun poste n’a mieux connu,mieux éprouvé , plus vivement exprimé lesentiment par cette heureuse facilité d’a-nimer tout ce qu’il dit , par l’heureuxtalent de parler intimement au cœur , del’attendrir, de lui faire éprouver tous lesmouvemens des paillons ; il s’est rendumaître de la fcene tragique , en maniant,avec une supériorité sans égale ,. le plusintéressant de ses ressorts, la pitié ; qu’onparcoure ses tragédies , la sagesse & lavérité des caractères, le pathétique & lachaleur qui les vivifie, offrent fans cesse destraits qui émeuvent les spectateurs. Par-tout une poésie noble , tendre , harmo-nieuse présente de;s charmes séduisans &lui ouvre par les sens le chemin de l’ame,& l'on peut dire de lui :
Au flambeau de son cœur échauffantson esprit,
II voìt tout ce qiétl peint & sent tout ce qu il dit.
Poème fur l’éloquence.
Ce qui le distingue sur-tout c’est le naturel ,rien de forcé , point d’effort ; je me trouveà mon aise en le lisant, difoit une femmede la cour : c’est peut - être le plus beléloge que l’on puisse faire de ce poète, quia rappelé parmi nous cette élégante simpli-cité que nous admirons dans les anciens.,A. N. Du naturel dans les pensées. Une pen-sée naturelle est nécessairement vraie, maistoute pensée vraie ne paroît pas toujoursnaturelle , parce que le rapport réel quipeut se trouver entre des idées , n’est pastoujours sensible» Nous ne jugeons unepensée naturelle que lorsqu’elle se présented’abord à l’esprit ; si elle lui échappe , ouqu’elle ne se laisse qu’entrevoir, nous nemanquons pas de nous en prendre à fauteur.Notre amour propre nous persuade aisé-ment que ce que nous ne concevons pas lanseffort, na pu être produit fans beaucoup detravail.
" Ce que je trouve de cruel dans quel-ques écrivains modernes, dit élégammentun homme de génie , c’est qu’ils ne veulentjamais être naturels. Un tour heureux leurparoît plat, parce qu’il n’a pas l’air d’avoircoûté : une idée mise galamment, mais
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en habit simple , ne paroît pas piquante âces messieurs ; ils veulent lui donner desgrâces de leur façon ; ils la tournent , ils laserrent, &: enfin après bien des foins, ilsarrivent à être entortillés, pour avoir vouluêtre délicats ôt obscurs, pour avoir eu envied’être vifs >i.
Une pensée peut n’être pas naturelle, ouparce que le rapport des idées n’est passensible, ou parce que l’expression manqued’une certaine convenance avec les idées.Le défaut de naturel dans une pensée vientaussi quelquefois du tour qu’on lui donne.Vous voulez faire naître une idée, & pourla présenter vous l’envifagez fous un rap-port vrai, mais un peu éloigné de la ma-niéré la plus ordinaire de concevoir ; vousavez dessein d’exprimer un sentiment , &pour le rendre , vous vous servez d’uneimage étrangère ; vous lefaites deviner plu-tôt que vous ne le développez ; cette ma-niéré de peindre vos idées & d’exposer vossentimens , est fort différente de celle quireprésenteroit les unes fous leur aspect leplus familier , & les autres d’une façonmoins détournée. Or ces différentes ma-niérés de faire envisager une idée , d’ex-primer un sentiment, c’est ce qu’on appellequelquefois le tour d’une pensée , ce quifait dire qu’elle est bien ou mal tournée.Si les idées de votre pensée se présentent:sous un jour extrêmement commun , votretour est simple. Si vous les offrez fous unaspect vrai & sensible , mais que l’esprit nesaisit pas d’abord : votre tour est fin. Si lerapport fous lequel vous les exposez est ex-trêmement subtil, fi on ne fait que l’entre-voir, s’il échappe à la réflexion, ou s’il paroîtmoins vrai que faux , alors votre tour effforcé , contraint, & votre pensée est peunaturelle.
Naturel, adject. ( Philosophie.) sedit de quelque chose qui se rapporte à.la nature , qui vient d’un principe de lanature, ou qui est conforme au cours ordi-naire & à l’ordre de la nature. Voye%Nature.
Quand une pierre tombe de haut enbas, le vulgaire croit que cela lui arrive.'par un mouvement naturel en quoi kr