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impétueux dans ses retours ou dans ses em-portemens.I! est cependant un art de formerl’ame comme de façonner le corps, c’estde proportionner les exercices aux forces,& de donner du relâche aux efforts. II y adeux temps à observer: le moment de labonne volonté pour se fortifier, & le mo-ment de la répugnance pour se roidir. Deces deux extrémités, résulte une certaineaisance propre à maintenir le naturel dansun juste tempérament. Nos sentimens netiennent pas moins au naturel, que nosactions à l'habitude. La superstition seulesurmonte le penchant de la nature , _ &l’ascendant de l'habitude , témoin le moineClément.
Le bon naturel semble naître avec nous ;c’est un des fruits d’un heureux tempéra-ment que l'éducation peut cultiver avecgloire, mais qu’elle ne donne pas. II metìa vertu dans son plus grand jour, & dimi-nue en quelque maniéré la laideur du vice;fans ce bon naturel , du moins fans quelquechose qui en revêt l’apparence , on nesauroit avoir aucune société durable dansle monde. De-là vient que pour en tenirlieu , on s’est vu réduit à forger une huma-nité artificielle, qu’on exprime par le motde bonne éducation ; car fi l’on examine deprès l’idée attachée à ce terme , on verraque ce n’est autre chose que le singe dubon naturel , ou si l’on veut, faisabilité , lacomplaisance & la douceur du tempéra-ment, réduite en art. C es dehors d’huma-nité rendent un homme les délices de lasociété, lorsqu’ils se trouvent fondés furla bonté réelle du cœur ; mais fans elle ,ils ressemblent à une fausse montre desainteté , qui n’est pas plutôt découverte,qu’elle rend ceux qui s'en parent, l’objetde l’indignation de tous les gens de bien.
Enfin, comme c’est du naturel que notrefort dépend, heureux est celui qui prendun genre de vie conforme au caractère deson cœur & de son esprit, il trouvera tou-jours du plaisir & des ressources dans lechoix de son attachement ! ( D. J. )
Naturelle, loi, s. f. (Droit naturel.)on définit la loi naturelle , une loi que Dieuimpose à tous les hommes, & qu’ils peu-
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vent découvrir par les lumières de leurraison , en considérant attentivement leurnature & leur état.
Le droit naturel est le système de cesmêmes loix, & la jurisprudence naturelleest sart de développer les loix de la nature,& de les appliquer aux actions humaines.
Le savant évêque de Péterborough défi-nit les loix naturelles , certaines propositionsd’une vérité immuable , qui servent à diri-ger les actes volontaires de notre ame dansla recherche des biens ou dans la fuite desmaux, & qui nous imposent l’obligationde régler nos actions d’une certaine ma-niéré , indépendamment de toute loi ci-vile , & mises à part les conventions parlesquelles le gouvernement est établi. Cettedéfinition du docteur Cumberland revientau même que la nôtre.
Les loix naturelles font ainsi nomméesparce qu’elles dérivent uniquement de laconstitution de notre être avant rétablisse-ment des sociétés. La loi, qui en impri-mant dans nous-mêmes l’idée d’un créateur,nous porte vers lui, est la premiere desloix naturelles par son importance , maisnon pas dans s ordre de ses loix. L’hommedans l’état de nature , ajoute M. de Mon-tesquieu , auroit plutôt la faculté de con-noître, qu’il n’auroît des connoistances. IIest clair que ses prernieres idées ne seroientpoint ses idées spéculatives, il songeroit àla conservation de son être avant que dechercher l’origine de son être.
Un homme pareil ne sentíroit d’abordque sa faiblesse; sa timidité seroit extrê-me ; & si l’on avoir là-desius besoin deInexpérience, l’on a trouvé dans les forêtsdes hommes sauvages ; tout les fait trem-bler , tout les fait fuir. Les hommes danscet état de nature ne cherchent donc pointà s’attaquer , & la paix est la premiere loinaturelle .
Au sentiment de sa faiblesse, l’hommejoint le sentiment de ses besoins. Ainsi uneautre loi naturelle est celle qui lui inspirede chercher à se nourrir.
Je dis que la crainte porteroit les hom-mes à se fuir ; mais les marques d’une