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crainte réciproque les engageroit bientôt às’apnrocher. I!s y seroient portés d’ailleursparle plaisir qu’un animal sent à l’approche jd’un animal de son espece. De plus, ce jcharme que les deux sexes s’inspirent par jleur différence, augmenterok ce plaisir ;& la priere naturelle qu’ils se font toujoursl’un à l’autre , seroit une troisième loi.
Les hommes, parvenant à acquérir desconnoiíTances, ont un nouveau motif des’unir pour leur bien commun ; ainsi ledésir de vivre en société est une quatrièmeloi naturelle.
On peut établir trois principes géné-raux des loix naturelles , savoir i u . la reli-gion : 2 e . l’amour de soi-même: 3 0 . lasociabilité , ou la bienveillance envers lesautres hommes.
La religion est le principe des loix natu-relles qui ont Dieu pour objet. La raisonnous faisant connoître l’être suprême com-me notre créateur, notre conservateur ¬re bienfaiteur: il s’ensuit que nous de-vons reconnoître notre dépendance abso-lue àson égard. Ce qui, par une conséquencenaturelle, doit produire en nous des senti-mens de respect, d’amour & de crainte,avec un entier dévouement à fa volonté ;ce font là les sentimens qui constituent lareligion. Voye ç RELIGION.
L’amour de soi-même, j’entends un amouréclairé & raisonnable, est le principe àesloíxnaturelles quinous concernent nous-mêmes.II est de la derniere évidence que Dieu ennous créant, s’est proposé notre conserva-tion , notre perfection & notre bonheur.C’est ce qui paroît manifestement, & par-les facultés dont l’homme est enrichi, quitendent à ces fins, & par cette forte in-clination qui nous porte à rechercher lebien & à fuir le mal. Dieu veut donc quechacun travaille à fa conservation & à saperfection , pour acquérir tout le bonheurdont il est capable , conformément à sanature & à son état. Voyei AMOUR DESOI-MÊME.
La sociabilité, ou la bienveillance enversles autres hommes, est le principe d’oùl’on peut déduire les loix naturelles qui
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regardent nos devoirs réciproques, & quiont pour objet la société , c’est-à-dire ,les humains avec lesquels nous vivons. Laplupart des facultés de l’homme, ses in-clinations naturelles, fa foiblesse & sesbesoins, font autant de liens qui formentl’union du genre humain , d’où dépend laconservation & le bonheur de la vie. Ainsitout nous invite à la sociabilité ; le besoinnous en impose la nécessité , le penchantnous en fait un plaisir , & les dispositionsque nous y apportons naturellement, nousmontrent que c’est en effet l’intention denotre créateur.
Mais la société humaine ne pouvant nisubsister , ni produire les heureux effetspour lesquels Dieu l’a établie , à moinsque les hommes n’aient les uns pour lesautres des sentimens d’affection & de bien-veillance , il s’ensuit que Dieu veut quechacun soit animé de ces sentimens, &faste tout ce qui est en son pouvoir pourmaintenir cette société dans un état avan-tageux & agréable , Lr pour en resserrerde plus en plus les noeuds par des services& des bienfaits réciproques. Voyei SoCIA-BILITÉ.
Ces trois principes, la religion , l’amourde soi-même & la sociabilité , ont tous lescaractères que doivent avoir des principesde loix ; ils font vrais, puisqu’ils font prisdans la nature de l’homme , dans fa cons-titution , & dans l’état où Dieu l’a mis.Ils font simples, & à la portée de tout lemonde ; ce qui est un point important,parce qu’en matière de devoirs , i! ne fautque des principes que chacun puisse saisiraisément, & qu’il y a toujours du dangerdans la subtilité d’esprit qui fait chercherdes routes singulières & nouvelles. Enfinces mêmes principes font suffisans & très-féconds , puisqu’ils embrassent tous lesobjets de nos devoirs, & nous font con-noître la volonté de Dieu dans tous lesétats , & toutes les relations de l’homme.
1 9 . Les loix naturelles font suffisammentconnues des hommes, car on en peut dé-couvrir les principes, & de-là déduiretous nos devoirs par l’usage de la raisoncultivée ; & même la plupart de ces loix