N A T
sont à la portée des esprits les plus mé-diocres.
2°. Les loix naturelles ne dépendentpoint d’une institution arbitraire ; ellesdépendent de l’institution divine, fondéed’un côté fur la nature & la constitutionde l’homme ; de l’autre fur la sagesse deDieu , qui ne sauroit vouloir une fin, sansvouloir en même temps les moyens quiseuls peuvent y conduire.
3 q . Un autre caractère essentiel des loixnaturelles , c'est qu’elles font universelles ,c’est-à-dire , qu’elles obligent tous leshommes fans exception ; car non seulementtous les hommes font également soumis àl’empire de Dieu, mais encore les loixnaturelles ayant leur fondement dans laconstitution & l’état des hommes, & leurétant notifiées par la raison , il est bienmanifeste qu’elles conviennent essentielle-ment à tous, & les obligeant tous fansdistinction , quelque différence qu’il y aitentr’eux par le fait, &c dans quelqu’étatqu’on les suppose. C’est ce qui distingueles loix naturelles des loix positives ; carune loi positive ne regarde que certainespersonnes , ou certaines sociétés en par-ticulier.
4°. Les loix naturelles font immuables, &réadmettent aucune dispense. C’est encorelà un caractère propre de ses loix, qui les dis-tingue de toutes loix positives, soit divines,soit humaines. Cette immutabilité des loix na-turelles n’a rien qui répugne à Pindépendance,au souverain pouvoir, ou à la liberté del’étre tout parfait. Etant lui-même fauteurde notre constitution , il ne peut queprescrire ou défendre les choses qui ontune convenance ou une difconvenancenécessaire avec cette même constitution ,& par conséquent il ne sauroit rien changeraux loix naturelles , ni en dispenser jamais.C’est en lui une glorieuse nécessité que denepouvoir se démentir lui-même.
Je couronne cet article par ce beaupassage de Cicéron ; la loi, dit-il, legum ,íib. II. n’est point une invention de I’esprithumain, ni un établissement arbitraire quetes peuples aient fait ; mais l’expreífionde la raison éternelle qui gouverne Puni-
N A T 775
vers. L outrage que Tarquin fit à Lucrècen’en étoit pas moins un crime , parce qu’iln’y avoir point encore à Rome de loiécrite contre ces fortes de violences. Tar-quin pécha contre la loi éternelle , quiétoit loi dans tous les temps, & non pasfeulement depuis l’instant qu’elle a étéécrite. Son origine est auffi ancienne quel’esprit divin ; car la véritable, la primi-tive , & la principale loi n’est autre choseque la souveraine raison du grand Jupiter.
Cette loi, dit-il, ailleurs, est universelle,éternelle , immuable ; elle ne varie pointselon les lieux & les temps elle n’est pas-différente aujourd’hui de ce qu’elle étoitanciennement. Este n’est point autre àRome, & autre à Athènes. La même loiimmortelle réglé toutes les nations, parcequ’il n’y a qu’un seul Dieu qui a donné& publié cette loi. Cicer. de repub. Iib.III , apud Lactant. instit. div. Iib. VI , cap*vììj.
C’en est assez sur les loix naturelles con-sidérées d’une vue générale ; mais commeelles font le fondement de toute la morale& de toute la politique, le lecteur ne peuten embrasser le système complet, qu’enétudiant les grands & beaux ouvrages futcette matière : ceux'de Grotius, dePuffen-dorf, de Thomasius, de Buddé , de Shar-rock , de Selden , de Cumberland , deWoliaston , de Locke , & autres fa vans decet ordre. {D. J.)
Naturel , ( Arithmét. ) dans les tablesdes logarithmes , on appelle nombres natu-rels ceux qui expriment les nombres consé-cutifs r,2, 3,4, 5 , Ê’c. à l’ínfini, pourles distinguer des nombres artificiels , qui en-font les logarithmes. Voy. LOGARITHME yChambers. (E)
NATUREL , adj. ce mot en musique , aplusieurs sens : i 9 . musique naturelle se ditdu chant formé par la voix humaine, patopposition à la musique artificielle , qui sefait avec des instrumens : i 9 . on dit qu’urichant est naturel quancj il est aisé , doux ,gracieux ; qu'une harmonie est naturelleyquand elle est produite par les cordes essen-tielles & naturelles du mode. 3°. Naturelfe dit encore de tout chant qui n’est.pomt