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Tome vingt-deuxième.
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les conseils de Dieu même : les hommesétoient alors non seulement ignorans danshart de naviguer, mais même persuadésque cet artétoit impossible. Vcyti^ Arche.

Cependant les hitlériens nous représen-tent les Phéniciens, & particulièrement lesliabitans de Tyr, comme les premiers na-vigateurs ; ils furent dit-on, obligés d’avoirrecours au commerce avec les étrangers,parce qu’ils ne possédoient le long des côtesqu’un terrain stérile & de peu détendue ; ide plus, ils y furent engagés, parce qu’ilsavoientdeux ou trois excellons ports; en tinils y furent poussés par leur génie, quiétoit naturellement tourné au commerce.

Le mont Liban & d’autres montagnesvoisines leur fournissoient d’excellens boispour la construction des vaisseaux ; en peude temps ils se virent maîtres d’une flottenombreuse , en état de soutenir des voya-ges réitérés ; augmentant par ce moyenleur commerce de jour en jour , leur paysdevint en peu de temps extraordinairementriche & peuplé, au point qu’ils furent 'obligés d’envoyer des colonies en différensendroits,principalement à Carthage.Cettederniere ville conservant toujours le goûtdes Phéniciens pour le commerce , devintbien-tót non feulement égale, mais supé-rieure à Tyr. Elle envoyoit ses flottes parles colonnes d’Herçule ( aujourd’hui ledétroit de Gibraltar ) le long des côtesoccidentales de PEurope & de l’Afrique ;

& même, si on en croit quelques auteurs,jusque dans l’Amérique même, dont ladécouverte a fait tant d’honneur à l’Efpa-gne plusieurs siécles après.

La ville de Tyr, dont les richesses & lepouvoir immense sont tant célébrés dansles auteurs sacrés & profanes, ayant étédétruite par Alexandre le grand, fa naviga-tion & son commerce furent transférés parle vainqueur à Alexandrie, ville que ceprince avoir bâtie , admirablement situéepour le commerce maritime, & dont Alexan-dre vouloir faire la capitale de l’empire del’Asie qu’il méditoit. C’est ce qui donnanaissance á la navigation des Egyptiens ,rendue si florissante par les Ptolomées ; ellej» fait oublier celle de Tyr & même celle

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de Carthage. Cette derniere ville fut dé-truite après avoir longtemps disputé l’em-pire avec les Romains.

L'Egypte ayant été réduite en provinceromaine après la bataiPe d’Actium , soncommerce & fa navigation commença àdépendre d’Auguste ; Alexandrie fut pourlors inférieure à Rome feulement : lesmagasins de cette capitale du mondeétoient remplis des marchandises de lacapitale de l’Egypte.

Enfin Alexandrie eut le même fort queTyr & Carthage ; elle fut surprise parles Sarrazins , qui, malgré les efforts de1 empereur Heraclius , infestoient lescôtes du nord de l’Afrique. Les marchandsqui habitoient cette ville Pont quittée peuà peu, & le commerce d’Alexandrie acommencé à languir , quoique cette villesoit encore aujourd’hui la principale oùles chrétiens font le commerce dans lelevant.

La chute de l’empire Romain entraînaaprès elle non seulement la perte des scien-ces & des arts, mais encore celle de la navi-gation. Les barbares qui ravagèrent Romese contentèrent de jouir des dépouilles deceux qui les avoient précédés.

Mais les plus braves & les plus sensésd’entre ces barbares ne furent pas plutôtétablis dans les provinces qu’iîs avoientconquises ( les uns dans les Gaules, commeles Francs, les autres en Espagne, commeìes Goths, les autres en Italie , comme lesLombards ) , qu’ils comprirent bientôttous les avantages de la navigation ; ilsfurent y employer habilement les peuplesqu’ils avoient vaincus ; & ce fut avec tantde succès , qu’en peu de temps ils furenten état de leur donner eux - mêmes desleçons, & de leur faire connoître les nou-veaux avantages qui pourroient leur enrevenir.

C’est, par exemple, auxLombardsqu’onattribue 1 établissement des banques , desteneurs de livres, des changes., òc. Voye £Banque, Change, &c.

On ignoré quel peuple de l’Europe a com-.mencé le premier à faire le commerce & la