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Tome vingt-deuxième.
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navigation ^ après rétablissement de ces nou-veaux maîtres. Quelques-uns croient que cefont les Francs , quoique les Italiens paroif-fent avoir des titres plus authentiques , &soient ordinairement regardés comme lesrestaurateurs de cet art, aussi-bien que detous les beaux-arts qui avoient été bannisde leur pays après la division de l’empireRomain.

C’est donc aux Italiens & particulière-ment aux Vénitiens & aux Génois , que l'ondoit le rétablissement de la navigation ; &c’est en partie à !a situation avantageuse deleur pays pour le commerce , que ces peu-ples doivent cette gloire.

Dansle fond de la mer Adriatique étoientun grand nombre d’iíles > séparées les unesdes autres par des canaux fort étroits, maisfort à couvert d’infùlte, & presqu’inaccef-sibles ; elles n'étoient habitées que par quel-ques pécheurs qui fe foutenoient par letrafic du poisson & du sel , qui fe trouvedans quelques-unes de ces iiles. C’est-làque les Vénitiens, qui habitoient les côtesd’Italie fur la mer Adriatique , fe retire-ront , quand Attila, roi des Goths, & aprèslui Alaric, roi des Huns, vinrent ravagerl’Italie.

Ces nouveaux insulaires ne croyant pasqu’ils dussent établir dans cet endroit leurrésidence pour toujours , ne songèrentpoint à composer un corps politique ; maischacune des 72 ifles qui compofoient cepetit archipel , fut long-temps soumise àdifférens maîtres , & fit une république àpart. Quand leur commerce fut devenu assezconsidérable pour donner de la jalousie àleurs voisins , ils commenceront à penserqu’il leur étoit avantageux de s’unir en unméme corps ; cette union, qui commençavers le vj siecle & qui ne fut achevée quedans lehuitieme,fut l'origine de la grandeurde Venise.

Depuis cette union , leurs marchandscommenceront à envoyer des flottes danstoutes les parties de la Méditerranée & furles côtes d’Egypte , particulièrement auCaire, bâti par les Sarrazins fur le bordoriental du Nil ; là ils trafiquoient leurs mar-

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chandifes pour des épices & d’autres pro-ductions des Indes.

Ces peuples continuèrent ainsi à fairefleurir leur commerce & leur navigation ,& à s’agrandir dans le continent par desconquêtes , jusqu'à la fameuse ligue deCambray en 1508, dans laquelle plusieursprinces jaloux conspirèrent leur-ruine. Lemeilleur moyen d’y parvenir étoit démi-ner leur commerce dans les Indes orientales;les Portugais s’emparerent d'ur.e partie,& les François du reste.

Genes, qui s’étoit appliquée à faire fleu-rir la navigation dans le même temps à peuprès que Venise, fut long temps pour elleune dangereuse rivale, lui disputa l’empirede la mer, & partagea avec elle le com-merce. La jalousie commença peu à peu às’c-n mêler , & enfin les deux républiquesen vinrent à une rupture ouverte. Leurguerre dura trois siécles, fans que la supé-riorité de l’une des nations fur l’autre fûtdécidée. Enfin fur la fin du jv. siecle, lafuneste bataille de Chioza mit fin à cettelongue guerre : les Génois qui jusqu’alorsavoient presque toujours eu l’avantage , leperdirent entièrement dans cette journée ;&_les Vénitiens au contraire, dont les af-faires étoient presque totalement désespé-rées , les virent relevées au delà de leursespérances dans cette bataille , qui leurasiùra l’empire de la mer & la supérioritédans le commerce.

Dans le même temps qu’on retrouvoitau midi de l’Europe l’art de naviguer , ilfe formoit dans le nord une société demarchands, qui non-seulement porterentle commerce à toute la perfection dont ilétoit susceptible jusqu’à la découverte desIndes orientales & occidentales, mais for-mèrent austì un nouveau code de loix poury établir de certaines réglés ; code donton fait usage encore aujourd’hui fous lenom d 'us & coutumes de la mer.

Cette société est la fameuse ligue desvilles anse'atiques, qu’on croit communé-ment avoir commencé à fe former versl’an 1164. Voye^ ANSÉATIQUES.