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lui. Le vieillard après les avoir bien écoutés,
leur répond :
Ides arriéré - neveux me devront cet om-brage.
Hé bien , défende^-vous au satpe
De se donner desjoins pour le plaisir d'autrui?
Cela même ejì un fruit que je goûte au-jourd'hui ,
J en puis jouir demain , & quelques joursencore.
le Chevalier DS J AU COURT.
Addition ct observations fur ïarticlePlantation.
§ PLANTATION, ( Bot. lard. ) Nousentendons par ce mot tantôt un terrainplanté , & tantôt Fart de planter les arbres.En traitant cet article fous ces deux pointsde vue , nous croyons ne devoir pas nousoccuper, dans la premiere partie , des plan-tations qui n’ont trait qu’au jardinaged’agrément : les figures fur lesquelles on lespeut tracer, font íì diverses ; elles dépen-dent tellement du caprice de la mode , dugoût du propriétaire , de l’efpace & de ialigure du terrain qu’il íeroit auííi impossibled’entrer dans tous ces détails, qssil seroitridicule de prétendre les ramener à un ar-chétype commun. Nous nous sommescontentés , dans Y art. BOSQUET , auquelnous renvoyons le lecteur, de donner à cetégard une idée générale, prise de l'imita-tion de la belle nature , des sources du plai-sir , & du charme que tous les hommestrouvent dans la variété : idée plus propreà émouvoir l’imagination , qu’à la guiderimpérieusement ; idée qui n’est pas unplan , mais qui peut servir à Pamateur pouren tracer un qui lui pls^e.
Nous ne parlerons même ici des alléesextérieures, que pour les blâmer: ces al-lées somptueuses qui envahissent une par-tie du domaine de l’agriculture , annon-cent , par leurs dimensions imposantes Ik1 élévation de leur nef, le faste & la magni-ficence du château où elles conduisent, ô:du maître qui l'habite. S’il est vrai que lapopulation augmente comme la masse de îasubsistance , combien dilemmes ces vastes
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terrains perdus ne laissent-ils pas dans lsnéant ? Toutes nos idées auront pour ob-jet le plus grand nombre des hommes. Lepropriétaire aisé qui veut embellir son ha-bitation champêtre, mérite aussi nos re-gards ; mais les grands & les riches netrouveront fans nous que trop de moyensd’étousser , fous des allées, les dons utilesde îa terre, & démultiplier , dans les parcs& les forêts , les fauves qui désolent lesmoissons.
Plantez des bois nouveaux ; repeuplesles parties dégradées des anciens ; dessinezles prairies avec des filets de frêne : queles ruisseaux coulent fous les voûtes desplatanes & des peupliers ; que ces arbresse penchent sur les bords des étangs & desrivières ; couvrez jufqu’aux marais d’au-naies & de saussaies ; couronnez les co-teaux d’ormes & de noyers ; que les pins& les cedres bravent les orages fur la penteces montagnes ; ornez les rochers & lescolines arides de genévriers, de buis ,d’ifs & de noisetiers ; que des vergersabondans bordent les vallons ; dispersez ça& là, dans les campagnes, les poiriers &pommiers à cidre , & les fruitiers les plusagrestes dont le fruit est bon à cuire, voi’àles plantations véritablement utiles. '
Q)u’on ne perde jamais de vue les pluspauvres habitans des campagnes ; c’est enleur saveur qu’il faut multiplier les boisblancs qui croissent vite , & dont le prixest à leur portée. A l’égard de nos forêts,tout bon citoyen doit être frappé du dan-ger qu’il y auroit à les laisser dans un étatde dépérissement , & de la nécessité de lesrepeupler & de les étendre , par les besoinsmultipliés du luxe qui a augmenté prodi-gieusement le nombre des cheminées. Onvoit diminuer sensiblement la masse denos bois depuis quelque temps ; mais, cequi les a presque épuisés , c’est que , parune dérogation inexcusable aux lois sagesqui les régissent, on a trop souvent permisà des dissipateurs coupables d’en abattrede grandes parties ; ils n’ont pas été hon-teux de détruire en un instant l'ouvragedes siécles & le patrimoine de la postérité,tandis qu’il s n’ont de leur vie rien créed’utile, qu’ils r.e laissent après leur mortnulle trace féconde de leur existence , &