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Tome vingt-sixième.
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jusqu’à la fin du quinzième. On en a peurpreuves les œuvres de quelques auteurs quiécrivirent dans ces temps de barbarie. Aucommencement du seizième siecle , & mê-me dès la fin du précédent, on reprit dugoût pour la botanique avec celui des let-tres en généra! ; plusieurs auteurs cultivè-rent cette science ; mais ils suivirent unetrès-mauvaise méthode dans leurs études ;ils entreprirent de restaurer la botaniquedes anciens, en interprétant & en com-mentant leurs ouvrages : aucun ne s’avisade consulter la nature par préférence auxauteurs anciens, & d’observer des plantes,an lieu de feuilleter des livres. Quelles con-noistances pouvoit-on tirer de ces ouvragesqui étoient devenus fautifs & incompletspar le laps des temps, & qui n’avoient ja-mais contenu que des noms de plantes oudes descriptions si imparfaites qu’il n’étoitpas possible d’y reconnoître la plûpart desplantes dont on y avoir fait mention ? Il au-roit fallu parcourir, comme on Pa fait dansla fuite , les pays que Théophraste, Dios-coride & les autres auteurs anciens avoienthabités , & observer les plantes qui s’y trou-vent , pour reconnoître celles qu’ils avoienteu pour objet dans leurs livres ; la tradi-tion du pays pouvoir avoir conservé les an-ciens noms de quelques-unes de ces plan-tes , ou la connoifíánce de leurs propriétésanciennement connues. Mais n’y avoir - il ,pas en Europe un assez grand nombre deplantes pour occuper les botanistes, indé-pendamment de celles de F Asie ? Au moinsfalloit-il commencer par connoître les ca-ractères distinctifs des plantes qui étoientfous leurs yeux, avant de rechercher cellesdont les anciens ont fait mention. On pritce parti fur la fin du seizieme siecle ; Do-donée , Césalpin , Clusius, Lobel, Co-ïomna, Prosper Alpin , les deux Bauhins ,&c. firent des recherches fur les plantesd’Europe , & leurs observations furent lesvrais fondemens de la botanique.

Les matériaux s’accumulerent bientôt ;mais Fordonnance manquoit á l’édifice.Après avoir décrit exactement un grandnombre de plantes , il falloir encore com-biner leurs caractères, pour trouver dessignes dinstinctifs auxquels on pût les recon- jnoître aisément chacune en particulier; ces 1

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signes dévoient être établis fur des carae*teres constans, & fur des différences inva-riables entre diverses especes de plantes »pour prévenir les erreurs que des variétésdans les individus d’une même espece au-roient pû causer. Il y a plus de deux censans que Gesner donna ìa préférence aux ca-ractères pris fur les fruits , les semences &les fleurs ; Césalpin , environ vingt ansaprès Gesner , fut de la même opinion , endisant “ que Fun avoir eu raison d’établir» plusieurs genres de plantes fur la produc-» tion & fur la structure des fruits, &c. »Voy. Genre, Méthode, Botanique.Au commencement du dix-septieme siecle,Colomna pensa , comme Gesner &: Césal-pin " qu’il falloir juger des caractères géné-v tiques par la sieur , par la capsule , ou» pour mieux dire, par la semence même.»Mais ce plan de méthode pour la nomen-clature des plantes fut négligé jucju’â la findu siecle dernier ; alors cette méthode futrenouvelles par Morifon , & Ray Fa suividans son histoire des plantes ; il les distri-bua en vingt-huit genres. Comme ces divi-sions méthodiques des productions de la na-ture en différons genres font toujours éta-blies fur des conditions arbitraires, on peutfaire grand nombre de ces méthodes fur les .mêmes principes, c’est-à-dire, en tirant lesparties génériques des mêmes parties desplantes ; aussi en a-t-on déjà fait plusieursfur les parties de la fructification. Les mé-thodes de M. Tourneforc & de M. Lin-naeus font les plus célébrés ; nous avons suivicelle de M. Tournefort dans ce Diction-naire. Ce grand botaniste a été le premierqui ait distribué les genres des plantes enclasses, comme on avoir déjà avant lui dis-tribué les especes en genres. Voye%_ les éll-mens de la Botanique

Nous allons donner quelqu’idée des prin-cipes & de la division générale de la mé-thode de M. Tournefort. " Une plante , sc-» Ion cet auteur, est un corps organisé qui» a essentiellement une racine, & peut-» être une semence : & ce corps produit» le plus souvent des feuilles, des tiges &

>, des fleurs. >, De ces cinq parties M, Tour-nefort préféré les fleurs & les fruits pour1 caractériser les genres, ainsi les plantes dont1 les fleurs & les fruits ont ia même figure &