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Tome vingt-sixième.
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pas fì difficile à faire qu’on le croît commu-nément ; en effet, ies grains de blé quiviennenr à la sommité de l’épi, sont or-dinairement inféconds & stériles, affamés,maigres, étroits , serrés , desséchés, légersde poids , surnageant dans l’eau, &c. parcequ'ils n’ont pu être auííi aisément fécondéspar les pouffieres des étamines pendantesà de longs filets , que les grains inférieurs.Ce font ces grains imparfaits de la sommitéde lepi appelés frit , selon Varron, queles anciens croyoient donner naissance auseigle & à l’j vraie , qu’ils regardoientcomme du froment dégénéré. II seroit aiséde suivre les végétations successives de cesgrains dégénérés, & même d’expliquer ,suivant la physique , leur changement d’es-pece. Severinus, dans son ouvrage intitulé,idea Phtlosophicœ medicince , croît qu’il sepeut qu’il y ait dans les semences, desgermes équivoques susceptibles de plusieurssonnes, ou pour pailer son langage , desplantes qui contiennent en puissance diffé-rentes formes. Ainsi , dans la semence dufroment est peut-être contenueobscurémentcelle de l’ivraie, quoique d’une maniérébien moins développée & dans un éloi-gnement de production. Quand ce prin-cipe se rencontre avec des causes qui ledéveloppent, ou avec des cardes plus puis-santes que le principe du froment, alorsl'ivraie pousse & devient elle-même uneplante radicale qui, oubliant la premiereforme qu’elle avoir dans le grain de fro-ment , se reproduit-elle-méme. Ce sen-timent paroît acquérir le degré d’évidcncepar la plante mi-partie de froment & d’i-vraie , dans laquelle l’épi d’ivraie parois-soit nourri aux dépens du froment qui étoitchétif. Si l’on veut expliquer ce phénomènepar le mélange des poussières séminales,ce mélange n’auroit pu ss faire que lorsde la précédente formation ^de ee grainunique qui a produit deux épis si oísté-réos , & cela reviendroit à l’expíication quej’ai donnée , que dans un même grain de bléil peut y avoir plusieurs germes équivoquessusceptibles de différentes formes selon lescirconstances. Le mélange des pouffieresqui produit des plantes métisses, de nou-velles eípeces & même de nouveaux gen-res qui n’avorent jamais existé , est un ar-

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griment invincible en faveur de f opinionqui admet la dégénération du froment enseigle & en ivraie ; j’ai sur ce sujet unelettre curieuse que m’écrivit M. Commer-son, en m’envoyant un nouveau genre deplante qui doit sa naissance à l’art & quin’avoit jamais existé dans la nature. Voye%auffi Bradley & Y Histoire naturelle des frai -fiers , par M. Duchesse.

Quoi qu’il en soit du changement d’ef-pece , il est avoué que le froment dégé-néré lorsqu’on ne change pas les semences& qu’on l’eme toujours dans le même sol,le grain qui en est provenu. M. Gasselin,a auffi remarqué que par une fuite decette dégénération , les épis devenoientblancs , foibles & stériles ; & que pouréviter cet inconvénient, il ne falloir choistrpour semence que les épis roux qui sont tou-jours les plus sorts, les plus vigoureux &les plus grainés.

z 0 . Le seigle est un genre de plante sanspétale , & qui ne différé du froment qu’ence que le grain & l’épi sont plus minces,plus maigres, plus alongés, & d’une cou-leur plus bise- L’épi du seigle est plus piaf,toujours barbu, & son grain plus faible& plus nu, quitte plus aisément la balle.Sa tige poulie au commencement desfeuilles rougeâtres qui deviennent vertespar la fuite, mais qui sont plus longues& plus étroites que celles du froment ;elle porte fix à sept tuyaux & quelquefoisdavantage, à la hauteur de cinq , six , &sept pies : ces tuyaux sont droits, sem-blables à ceux du froment, mais plus grêlés,plus longs & montant en épis un moisplutôt que le froment, ce qui prouve lesincor.véniens de semer du méreil qui estun mélange de blé & de seigle, parcequé ce dernier plutôt mûr tombe de l’ép*avant que le froment n’ait acquis fa maturité

On distingue auffi cette plante en seigled’hiver , qui se cultive comme le fromentd’hivc-r , & en seigle de mars, qui doit sésemer un peu plus tard que le froment mar"fais , mais fans lessive ni préparation dSchaux, parce qu’il n’est point sujet à 1*nielle ni au charbon comme le fromentsmais il est aussi plus sujet à f ergot, eí'pece de poison dont j’ai parlé à YartfifiMaladie des grains, Au surplus, le seig‘®