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ou argileuse , ii n’importe ; sa culture estsemblable à ceîïe du froment, excepté qu’ílfaut semer l’épeautre de bonne heure ,quoiqu’on sache qu’if ne sera mûr qu’aprèsle froment, étant , dit Olivier Deserres,le blé le plus hâtif à semer, le plus tardif àmoissonner , demeurant en terre plus que nulautre . Comme fa paille est dure & de peti-te subsistance , elle n’est point goûtée dubétail ; ensorte qu’on ne cultive ce grainque dans les endroits où l’on ne peut éleverni froment, ni seigle.
Les anciens faisoient beaucoup plus decas de l’épeautre que nous : ils l’appel-loient la semence, comme si c’eût été legrain par excellence ; la raison pouvoitêtre, premièrement, parce qu’ils en fai-soient des fromentées, ou espece de bouil-lies , qu’ils estimoient beaucoup ; secon-dement , parce qn’ils ne donnoient pointde paille à leur bétail, & que celle - ci neservoit qu’à faire de la litiere. L’épeautrecroiísoit dans les endroits rudes & mon-tagneux del’Egypte , de la Grece, de la Si-cile & de l’Itaíie : on le cultive encorebeaucoup en Saisie & en Allemagne , oùil réussit bien ; on s’en sert à faire de labiere : le pain qu’on en fabrique n’est pointdésagréable au goût, mais on prétend qu'ilest lourd à l’estomac. La tunique ou balleétant adhérente à l’épeautre , on ne peut3a séparer qu’en fricassant le grain, ou lefaisant rôtir ; mais ce blé est si fort en usa-ge en plusieurs endroits de l’Allemagne,qu’on y a inventé des moulins qui ne ser-vent qu’à le dépouiller de sa balle. Lesmeules de ces moulins ne portent pas en-tièrement à plomb , de forte qu’etles nemordent point fur les grains, & ces mou-lins ont un tuyau ou porte-vent, dontl’cm-bouchure répond à l’endroit d’où fort legrain mêlé avec la balle , que le froisse-ment de la meule en a détaché, & par cemoyen, il tombe tout nettoyé dans la mêt,ee qui est très - commode & fort ingé-nieux.
L’épeautre, est un grain qui rient en queî-quefaçonle milieu entre forge & le froment;la fleur de fa farine approche de la bonté decelle du froment. “ Quand il est ébourré ,
(b) Obvier Deserres appelle l’écourgeon ba,des fromens.
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,, dit Olivier Deserres , & dépouillé de feì,, pellicules , il demeure par après des plus,, délicats fromens tres-propres à faire pain.,, blanc S? friand , mais d'autant qutn cela,, ríy a du profit , ne rendant que fort peu de,, belle farine pour C abondance du son q u’elle,, fait étant moulue & pellêe , cause qu en ce,, royaume telle forte de blé nef beaucoup prì-,,fée
M. Duhamel dit qu’on cultive l’épeau-tre vers Montargis ; que le pain qu’on enfait est de bon goût, mais qu’il n’est pas 6délicat que celui du froment.
4 °. L’orge , comme toutes les autresplantes, dont la tige est en tuyau , a beau-coup déracinés fibreuses. Cette tige a deuxà trois piés de hauteur , garnie de cinq àsix nœuds , à chacun defquels naissent desfeuilles verdâtres, assez semblables à cel-les du chiendent ; ces épis font composésde paquets de fleurs en filets, fournies enleur base de balles ou d’enveloppes rudes& barbues ; aux fleurs succèdent des grai-nes longues, pâles on jaunâtres, farineu-ses , pointues, renflées en leur milieu , &fortement unies à leur enveloppe.
II y a des orges d’hiver qui se semencen automne , & des orges printaniers quise se m en t en mars,
L’orge d’hiver , qu’on nomme escour-geon, feourgeon, & par corruption, Jouer ion,& suer ion , est appelé par fauteur de laMaison Rustique , fecourgton , comme quidiroit secours des gens , parce qu’étant hâ-tif (cari! mûrit en juin avant tout autregrain ) , il est d’un grand secours aux pau-vres gens qui n’ont pas assez de blé pourvivre jusqu’à la nouvelle récolte {b). Onle nomme encore orge d’automne , parcequ’il se seme avec le méceil \ orge quarrè »parce que son épi à quatre rangs de grains& quatre coins ; orge de prime , parce quec’est le premier grain qu’on moissonne.
Le tuyau de cette espece d’orge estmoins haut que celui du seigle , mais plusgrand que celui de forge commun ; il estgarni de cinq à fix nœuds & quelquefoisdavantage, à chacun defquels naissent de*feuilles plus étroites que celles du íromenf ,■plus rudes , & couvertes îe plus souvenc
u-marses , & il le met mal-à-propos au non»-