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Tome vingt-sixième.
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que ceux à qui il la fait faire en sachent !edessein & les raisons. II suffit qu’iis exé-cutent ses ordres suivant sétendue de leursfacultés. La preuve que l’on donne de í'e-xistence de Dieu par s ordre que l’on voitdans la nature , n’est pas appuyée fur cettesupposition, que tout ce qui contribue àcet ordre le comprend , mais seulementsur ce que cela ne s’est pu faire fans qu’aumoins !a cause suprême en ait eu une idée,à son démontre par-là son existence. Rien,dit-on, ne peur agir en ordre sans enavoir î’idée, ou fans avoir reçu cette fa-culté d’un être qui a cette idée. Or , si lesAthées accordent cela , il faudra néces-sairement qu’ils reconnoissent un Dieu ,& iìs ne pourront point rétorquer l’argu-ment. Les défenseurs des natures plajìi-íiucs y donneroient lieu s’ils disoient queDieu ne s’est point formé d’ide'e de l’uni-'vers avant qn’il fût fait, mais qu’une cer-taine naturei’a produit fans savoir cequ’elleíaiioit. L’ordre d u monde , qui seroit alorsun estet du hasard , ne prouverait pointdans cette hypothèse qu’il y a un Dieu ;maïs il n’en est pas de même lorsqu on sup-pose que Dieu, après avoir conçu Tordredu monde, a produit des êtres immortelspour ì‘exécuter fous fa direction.

3°. On regarde enfin comme absurde lasupposition de ces natures formatrices , quine lavent ce qu’elles font, & qui font néan-moins les organes des plantes & des ani-maux. Cette troisième difficulté se réduita cette proportion : “S il peut y avoir une» nature immatérielle & agiílànte par elle-?! méme , qui forme en petit par la facultéqu’elîe en a reçue de Dieu , des machines?j telles que font les corps des plantes ct?! des animaux , fans néanmoins en avoir?! d’idées ». Les Plasticiens disent qu’oui,en supposant toujours que celui qui a faitcette nature, a enlui-même des idées très-dfínctes de ce au’ei'e fait. « Mais, con-?> tir.ue i’anragoniste, cette nature est donc?? nn pur instrument passif entre les mains?? de Dieu, ce qui revient à la même chose?! que de faire Dieu auteur de tout ». Onrépond que non , parce que suivant l’hypo-tliese , c’fcst une nature agissante par eîle-même. îci se présente sexemple des bêtes,que les hommes emploient pour faire di-

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verses choses qu’elles ne savent pas qu’ellesfont, comme des instrumens actifs pour exé-cuter des choses que les hommes ne pour-roient pas faire immédiatement, ou parleurs propres forces. Car tout ce que fontles hommes dans ces occasions, c’est d'ap-pliquer les bêtes d’une certaine maniéré àla matière par des cordes , ou autrement,en forte qu’elles agiííent nécessairementd’une certaine façon , & de les obliger demarcher en les piquant ou en les frappant.Ce n’est pourtant pas que M. Cudvorth aitprétendu que les natures formatrices soienttout-à-fait semblables à l’ame des bêtes »puifqu’il ôte tout sentiment à ces natures,au lieu que les bêtes sentent. On ne se sertdonc de cet exemple que pour faire voirqu’il y a des instrumens actifs , ct quiagissent en ordre fans en avoir d’idée ,lorsqu’ils font appliqués aux choses furlesquelles ils agissent par une intelligencequi sent quel est cet ordre. II se peut faire »dit-on, que Dieu ait créé, outre les in-telligences qui font au- dessus de la naturehumaine, outre les âmes des hommesqui sentent & qui raisonnent, outre lesâmes des bêtes qui sentent, & qui fontpeut-être quelques raisonnemens grossiers,il se peut que Dieu ait créé des naturesimmatérielles qui ne sentent ni ne raison-nent ; mais qui ont la force d’agir en uncertain ordre, non comme une matière quin’agit qu’autant qu’elle est poussée, maispar une activité intérieure, quoique néces-saire: il n’y a rien là de contradictoire, nid’absurde. On ajoute que cette nature aveu-gle peut être bornée, en sorte qu’elle agittoujours d’une certaine façon fans pouvoirs’en éloigner.

M. lkyie demandoit à ce sujet, si Dieupcji roìt faire une nature aveugle qui écrivîttout un poème sans le savoir ; & il préten-doit que la machine du corps d’un animalest encore plus difficile à faire fans intelli-gence. On répondait, i°. Que si l’on avoitvu comment les principes des animaux seforment, on pourroit dire si cette forma-tion est plus difficile que la compositiond’un poème, ou que faction de récrire fansle savoir ; mais que comme on ne I’a pointvu personne n’en sait rien. z°. Que Dieupeut tout ce qui n’est pas contradictoire,