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Tome vingt-sixième.
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la terreur parmi les Philosophes.- ïîs se ré-fugièrent à Megare chez le dialecticienEuclide , où ils attendirent un tempsmoins orageux. De-Ià Platon paíïâ enEgypte, où il visita les prêtres ; en Italie ,où il s’initia dans la doctrine de Pithagore ;jl rit à Cyrene le géomètre Théodore, ilne négligea aucun moyen d’augmenter sesconnoiílànces. De retour dans Athènes ilcpvrit son école : il choisit un gymnase en-vironné d’arbres , & situé fur les confinsd un sauxbourgjce lieu s’appeloit l 'académie;cnlisoit à feutrée, « 7 «>íííTpt;TSf uctír»,on nefipoint admis ici Jans être géomètre.

L’académie étoit voisine du Céramique,là il y avoir des statues de Diane , untemple, & les tombeaux de Thrafibule, dePériclês , de Chabrias, de Phormicn , & deceux qui étoient morts à Marathon , & desmonumens de quelques hommes qui avoientbien mérité de la république, & une statuede l’Amour, & des autels consacrés à Mi-nerve , à Mercure , aux Muses , à Her-cule , & à Jupiter, surnommé ,

& les trois grâces, & sombre de quelquesplatanes antiques. Platon laissa cette partiede son patrimoine en mourant à tous ceuxqui aimeroient le repos, la sojitude , la mé-ditation & le silence.

Platon ne manqua pas d’auditeurs. Speu-sippe, Xénocrate & Aristote affilièrent àses leçons. II forma Hyperide, Lycurgue,Démosthène & Isocrate. La courtisane Las-thénie de Mantinée fréquenta Pacadémie ;Axiothee de Phliase s’y rendoit en habitd’homme. Ce sot un concours de personnesde tout âge » de tout état, de tout sexe, &de toute contrée. Tant de célébrité ne per-mit pas à l'envie & à la calomnie de res-ter assoupies ; Xénophon, Antiílhene, Dîq-gene, Aristipe , Aïschine ,, Phedon s eie-verent contre lui, & Athénée s est plu átransmettre à la postérité les imputationsodieuses dont on a cherché à flétrir la mé-moire de Platon ; mais une ligne de sonouvrage suffit pour faire oublier & ses dé-fauts , s’il en eut, & les reproches de sesennemis.H semble qu’il soit plus permis auxgrands hommes d’être méchans. Le malqu’ils,commettent passe avec eux ; le bienqui refulte de leurs ouvrages dure éternel-lement : ils ont affligé leurs parent, leurs

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amis, leurs concitoyens , leurs cofstempw»rains > je le veux, mais ils continuent d’ins-truire & d’écîairer l’univers. J’aimeroismieux Bacon grand auteur & homme debien ; mais s’il faut opter , je l’aime mieuxencore grand homme & fripon, qu’hommede bien & ignoré : ce qui eût été le mieuxpour lui & pour les siens, n’est pas le mieuxpour moi: c’est un jugement que nous por-tons malgré nous. Mous lisons Homère,Virgile, Horace, Cicéron, M il ton, le Tasse,Corneille, Ractne, & ceux qu’un talent ex-traordinaire a placés sor !a même ligne , &nous ne longeons guere à ce qu’iìs ont été.Le méchant est sous la terre, nous n’enavons plus rien à craindre ; ce qui resteaprès lui de bien , subsiste 6c nous en jouis-sons. Voilà des lignes vraies que j’écris à re-gret , car il me plairoit bien davantage detroubler le grand homme qui vit tranquillesor fa malfailance , que de l’tn consoler parI’oublí que je lui en promets ; mais aprèstout, cette éponge des siécles fait honneurà î’efpece humaine.

Platon fut un homme de génie , labo-rieux , continent & sobre, grave dans sondiscours & dans son maintien , patient ,affable ; ceux qui s’offer.sont de la libertéavec laquelle son banquet est écrit, en mé-connaissent !e but \ & puis il n’est pas moinsimportant peur juger les moeurs que pourjuger les ouvrages, de remonter aux temps& de se transporter sur les lieux ; noussommes moins ce qu’il plaît à la nature qu’aumoment où nous naissons.

II s’appliqua toute fa vie à rendre la jeu-nesse instruite & vertueuse. Il ne se mêlapoint des affaires publiques. Ses idées deîégillation ne quadroíent pas avec celles deDracon & de Solon : il parloit de Légalitéde_ fortune & d’autorité qu’il est difficiled’établir , & peut-être impossible de con-server chez un peuple. Les Arcadiens, lesThébains, les Gyrénéens, les Syracusains,les Crétois, les Eléens, les Pyrrhéens, &d’autres qui travaiiioient à refermer leursgouvernemens l’appelerent; mais trouvantici une répugnance invincible à la commu-nauté générale de toutes choses, de la fé-rocité , de l’orgueil, de la suffisance , tropde richesses, trop de puissance, des diffi-cultés de toute espcce, il n’alla point , il