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pas dans la nature ; elles naiíîènt de quel-que dépravation particulière ; telle est lamifantropie.
Dieu nous a rendu capables d? plaisir &de peine.
U y a des peines de corps, des peinesd’ame , des peines injqstes > des peines ou-trées , des peines raisonnables , d£s peinesmesurées, des peines contraires au bien,& d’autres qui lui font conformes.
L'amitié est une bienveillance récipro-que qui rend deux êtres également soi-gneux l’un du bonheur de l’autre ; égalitéqui s’établit & qui fe conserve par la con-formité des moeurs.
L'amour est une espece d’amitié.
II y a trois fortes d'amour ; un amourhonteux & brutal, qui n’a d’objet que lavolupté corporelle ; un amour honnête &céleste , qui ne regarde qu’aux qualités del’ame ; un amour moyen , qui lè proposeìa jouissance de la beauté de l’ame & ducorps.
De la politique de Platon. Les fonctionsdes citoyens dans la république , semblablesà celles des membres du corps , fe rédui-ront à la garder , à la défendre & à la ser-vir. Les gardiens de la république veil-lent & commandent ; ses défenseurs pren-nent les armes & fe battent ; fes serviteursfont répandus dans toutes les autres profes-sions.
La république la plus heureuse est celleoù îe souverain philosophe connoît le pre-mier bien.
Les hommes vivront misérables , tantque les philosophes ne régneront pas , ouque ceux qui règnent privés d’une forted’infpiration divine , ne feront pas philo-sophes. .
La république peut prendre cinq formesdifférentes; l’aristocratie où un petit nom-bre de nobles commande j la timocratie ,où l’on obéit à des ambitieux ; la démo-cratie , où le peuple exerce la souveraine-té ; l’oligarchie , où elle est confiée a quel-çues-uns; la tyrannie ou f administrationd un seul, la plus mauvaise, de toutes.
, Si l’administration peche , il faut la cor-riger ; c’eíl l’ufage d’un nombre d’hommes4, e T !/ 0Ut ^ toute condition, dont les
tíiÍTqrçns intérêts le balanceront.
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L’ufage commun des femmes ne peufcavoir lieu que dans unè république par-faite.
La vertu de I’homme politique consisteà diriger fes pensées & fes actions au bon-heur de !a république.
Des fuccejìeurs de Platon. Ceux qui suc-cédèrent à Platon ne professèrent pointtous rigoureusement sa doctrine. Sa philo-sophie souffrit différentes altérations, quidistinguèrent l’académie en ancienne »moyenne, nouvelle & derniere. L’ancien-ne fut de vrais Platoniciens , au nombredefquels on compte Speusippe, Xénocrate ,Polemon , Crates & Crantor. La moyen-ne , de ceux qui retinrent fes idées, maisqui élevèrent la question de l’imbécilîité del’entendement humain, & de l’incertitudede nos connoistànces , parmi lesquels onnomme Arcéfilaùs , Lacyds , Evanòre &Egesine. La nouvelle, qui fut fondée parCarnéade & Clitomaque , & qui se divisadans la fuite en quatrième & cinquième jcalie-ci fous Philon & Charmide, celie-làsous Antiochus.
De 1académie premiere ou ancienne , oudes vrais Platoniciens. De Speufippe. Ce phi-losophe occupa la chaire de Platon son on-cle ; ce fut un homme d’un caractère doux \il prit plus de goût pour Lasthenie & pourAxiothée fes disciples, qu’il ne convenoità un philosophe valétudinaire. Un jourqu’on le portoit à l’académie fur un bran-card , il rencontra Diogene, qui ne répon-dit à son salut qu’en lui reprochant lahonte de vivre dans f’état misérable où iletoit. Frappé de paralysie , il se nommapour successeur Xénocrate. On dit qu’ilmourut entre les bras á’une femme. IIexigea un tribut de fes auditeurs. II aimal’argent. Il avoir composé des poèmes; onles lui íaifoit réciter en le payant, quoi-qu us fufíènt peu conformes aux bonnesmœurs..Au reste on peut rabattre de cesimputations odieuses , qui n ont d’autresgai'ands que le témoignage de Denis de Sy-racuse, qui avoit haï , persécuté & calom-nié Platon , & qui peut-être n'en usa pas.avec plus d’équité pour Speusippe , parentde Platon, ennemi de la tyrannie, & ami.de Dion , que les terreurs de Denis te-ndent en çxil, Aristote acheta les ouvra-