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Tome vingt-sixième.
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lune d’un air particulier & d’un seconddense ; & la terre , d’air & d’eau , & d’untroisième dense. L’ame ne fut susceptibleni de densité ni de rareté. 11 disoit, toutce qui est , est ou bien ou mal, ou indif-férent ; la vertu est préférable à la vie , leplus grand des biens , &c. II mourut âgéde 8z cu 84 ans.

-P olémnn fut un de ces agréables débau-chés , dont la ville d’Athènes fourmiiloit.Un jour qu’il fortoit au lever du soleil dechez 11:1e courtisane avec laquelle il avoitpaílé la nuit, ivre d’amour & de vin, lescheveux épars. les pies chancelans, ses vê-tent ens en désordre , la poitrine nue , sesbrodequins tombans St à moitié détachés,une couronne en lambeaux , & placee ir-régulièrement fur fa tête, il apperçut laporte de Pécule de Xénocrate ouverte ; ilentra , il s’affir , il plaisanta le philosophe& ses disciples. Les idées qu’on avoit là dubonheur , quadroient peu. avec celles d’unjeune homme qui suroît donné fa vie pourun verre de vin de Chio & un baiser de samaîtresse. Xénocrate ne se déconcertapoint ; il quitta le sujet dont il entrete-roit ses auditeurs, & se mit à parler de lamodestie & de la tempérance. D’abord lagravité du philosophe nbatit un peu la pé-tulance du jeune libertin ; bientôt elle lerendit attentif. Polérnon le tut, écouta ,fut touché, rougit de son état, & on levit, à mesure que le philosophe parloir,embarrassé , se baisser furtivement > rajus-ter son brodequin , ramener ses bras nudsfous son manteau , & jeter loin de lui facouronne. Depuis ce moment il professah vie h plus austère ; il s’interdit Tissagedu vin ; i! s’exerça â la fermeté , & il réus-sit au point que / mordu à la jambe par unchien enragé , il conserva sa tranquillité aumilieu d’une foule de personnes que cetaccident avoit rastemblées , òt qui enétoient frappées de terreur-, II aima la so-litude autant qu’il avoit aime la dissipation.11 se retira dans un petit jardin, & sesd■ .cipïes fe bâtirent des chaumières autourde la sienne. 11 fut chéri de son maître &de ses disciples , & honoré de ses conci-toyens, II forma Crantor , Cratès le stoï-cien , Zenon & Areésilaiis. Sa philosophiefut pratique. II f aut p] us 3 gir , disoit-il ,

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que spéculer ; vivre selon sa nature ; imiterDieu ; étudier Pharmonie de 1 univers, &l’introduire dans fa conduite. II mourut dephthisie dans un âge fort avancé.

Cratès l’athér.ien succéda à Polérnon sonmaître & son ami. Jamais deux hommesne furent unis d’un lien plus solide & plusdoux que ceux-ci. Us eurent les mêmesgoûts , les mêmes études, les mêmes exer-cices , les mêmes amusemens , les mêmessentimens, les mêmes vertus, les mêmesmœurs ; & quand ils moururent , ils furentenfermés dans un même tombeau. Cratèsécrivit de la philosophie , composa des pie-ces de théâtre , & laissa des harangues.Areésilaiis & Bion le B*oristhenite , fe dis-tinguèrent dans son école. 11 y eut plusieursphilosophes de son nom, avec lesquels il/nelaut pas le confondre.

Crantor occupa i’académie après Polé-tnon. 11 fut philosophe & poète dramati-que. Son ouvrage de eut beaucoup àaréputation. Cicéron nous en a transmis lesidées principales dans son livre de la con-solation. Sa doctrine ne différa guere decelle de Platon. U disoit : la vie de l’hom-me est lin long tissu de mií’eres que nousnous faisons à nous - mêmes , ou auxquel-les la nature nous a condamnés. La santé,la volupté, & les richesses font des biens,mais d’un prix fort différent. L’absence dela douleur est un avantage qui ccûte biencher : on ne l’obtient que de la férocité dePâme ou de la stupeur du corps. D’acadé-mie ancienne ou premiere finit à Cran-tor.

De î académie moyenne. Arcéfilait s ou .Ar-céfilas en est le fondateur. II naquit la pre-miere année de la cent seizième olympia-de ; il apprit les Mathématiques fous A11-t oh que , la Musique fous Xanthe , la Géo-métrie fous Kipponicme , Part Oratoire &îa Poésie sous différons maîtres ; enfin laPhilosophie dans l’école de Théophraste,qu’il quitta pour entendre Aristote , qu’ilquitta pour entendre Polérnon. 11 professadans Pacadémie après la mort de Cranter.Ce fut un homme éloquent & persuasif. Uménageoit peu le vice dans ses disciples »cependant il en eut beaucoup. 11 les aimail les secourut dans le besoin. Sa plrloso'phie ne fut pas auíìere. II ne fe cacha