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jours un peu plus qu’il n’en faut pour la tableque l’on veut faire , dans un auget, appelépoêle à verser , placé au sommet du moule.La quantité de plomb étant suffi ante , lesdeux mêmes hommes tenant la pcele àverser par la queue , la soulèvent douce-ment , & font ainsi couler le plomb qu’ellecontient sur le sable , tandis qu’un autreà deux ou trois piés plus loin le reçoit furle table > qu’il passe presque dans le mêmed’un bout à l’aurre du moule fur le plombavant qu’il soit figé pour donner à la tableune égale épa sseur par-tout, & le surplusdu plomb va se loger dans une cavité pra-tiquée dans le fable : au bout du moule,il faut prendre garde lorsque la cable vientdetre coulée, d’en séparer promptementle surplus du plomb ; parcs que comme leplomb, ainsi que tous les autre-, métaux , seretire à mesure qu’il se refroidit, la tablen’auroit pas assez de force en se retirant pouramener avec soi la masse du plomb quireste, & se comptoir çà & là en différensendroits : on a soin encore avant que cettemême masse de plomb íoitsigee , d’y placerintérieurement les branches d’un cramponde fer recourbé, afin de procurer par là sofacilité de l’enlever avec des leviers, pourla remettre de nouveau à la fonte : cettetable ainsi faite , on la roule sor fa lar-geur pour qu’eile occupe moins de place, &avec des leviers on la transporte ailleursoù elle ne puisse être embarrassante; en uiteon humecte de nouveau le fable , qui par lachaleur du plomb que l’on coule perpétuel-lement dessus , se seche roui ours ; on lelaboure d’environ un pouce d’épaiss. U r avecle bout d’un bâton à labourer , bien égale-ment par-tout ; car fi on ! enfonce plus d uncôté que de l’autre , le fable devient patconséquent plus foible, & forme les tablesde plomb d’une inégale épaisseur : on iedresse ensuite avec le table , Lt on le p,acede nouveau avec la plane, pour y coulerensuite le plomb comme auparavant.
II faut observer que le meilleur ouvrier& le plus intelligent ne Test pas trop pourcette opération : trop de hardiesse & tropde timidité seroient également nuisibles danscette manœuvre ; mais beaucoup de pré-caution, de prudence , & sor-tout d'u'age
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sont seuls capables de procurer le moyen defaire de bon ouvrage.
La seconde espc-ce de plomb en table estle plomb laminé. Cette partie inventée parles Anglois regarde plus particulièrementune manufacture prisolégiere établie à Parisà cet effet, que les Plombiers auxquels ellefait beaucoup de tort, & qui n'on t pasmoins de talent, & ne sont pas moins enétat qu'elle de faire ce qu’elle fait ; cettesorte de plomb fe coule d'abord d environ18 lignes d’épaisseur & 4 à 4 piés & demien quarté sor une table ou moule , de mê-me forme & grandeur, bordé comme celuique nous avons déjà vu précédemment, quel’on fait passer'enfuite au laminoir, dont onpeut voir la description en son lieu. Psol article LAMINOIR.
Comparaison du plomb coulé en table avec teplomb laminé. Toute sorte de plomb nou-vellement coulé est sujet à une infinité depores très-ouvertsque le laminoir seul peutresserrer ; ce même plomb est beaucoupplus roide & plus cassant, lorsqu’il n’y apoint paste : il est vrai que que'ques-uns ,pour resserrer ces pores & tenir lieu par-ia du laminoir qu’ils méprifoient, ont ima-giné de le forger ( 1 ) ; mais Font rendu ,ainsi que tous les métaux que l’on frappe àfroid , encore plus roide & plus cassant, &n’ont pu en rendre l’épaisseur aussi par-faitement égale que le laminoir le peútfaire.
Si le plomb qui a passé au laminoir estbeaucoup plus liant que le précédent, auíîîest-il beaucoup plus feuilleté , & moins ca-pable , félon le sentiment des Chimistes, derésister au soleil, à la gelée & aux intem-péries des faisons ; la raison est que la mastedu plomb que l’on destine à passer au lami-noir, est fuj-rtte , comme toute efpece deplomb qui vient d’étre coulé d’une assezsorte épaisseur, à être composée d’une in-finité de globules d'air plus grandes les unesRie les autres : plus cette masse passe deois au laminoir, & plus toutes ces glo--uîcs s'élargissent, & en s’élargistànt fe tra-versent , ce qui forme quantité de feuillespesées les unes fur les autres qui s’élevencsuccessivement, soit par les grandes geléesou les grandes chaleurs du soleil.
(O- On apnelle forger , frapper un métal quelconque , pour en resserrer les pores.