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Virgile lui-méme auroit peut - être déses-péré de pouvoir dire en langage des dieux :mais Lucrèce est bien pi us admiré qu’il n’estlu. U y a plus à profiter dans son poème desatura rerum , que dans l’énéide de Virgile :cependant tout le monde lit & relit Virgile;& peu de personnes font de Lucrèce leurlivre favori. On ne lit son ouvrage que dePropos délibéré. 11 n’est point, comme Fé-tide, un, de ces livres fur lesquels un at-trait insensible fait d’abord porter la mainquand on veut lire une heure ou deux.t^u’on compare le nombre des traductionsde Lucrèce avec le nombre des traductionsde Virgile dans toutes les langues polies, &‘ on trouvera quatre traductions de l’énéidede Virgile, contre une traduction du poèmede natura rerum. Les hommes aimeront tou-jours mieux les livres qui les toucheront quees livres qui instruiront. Comme l'ennui*eur est plus à charge que Tignorance , ilsPrefçrent le plaisir d’être émus , au plaisird être instruits. ( D. J.)
POEME DRAMATIQUE , ( Poésie. ) re-Pvefentadon d’actions merveilleuses, héroï-^ ll 5s ou bourgeoises.
rnot e P°ëme dramatique est ainsi nommé du^p*7iv^ rec - qui vient de l’éolique ,
que dans ^ ' iequeî ,1 S ir ; P ar ce
ront-n -^tte efpece de poème, on ne ra-conte point l 1 , a' a i, , f
action comme dans 1 epopee ,mais qu on a „ a j ’
aiìî b wn 'r ^ontte el!e-meme dans ceux
fnnm;f» Pre entetlt - L’action dramatique estm j , a . L1 * f ei| x, Lt doit fe peindre com-fair °, r I e jugement des yeux, en
s P ecta cle, est infiniment plus re-vr a ; 3 S ^j Ue Ce ^ l d des oreilles. Cela est fien ri àus les dragmes mêmes, on metsnpct^i ce qui suroît peu vraisemblable ensaqué C par ?” dic q^Hippoíyte. a été at-chevaiiv Un monstre & déchiré par lesíenter cer Ç ar f e que ^ on eût voulu repré-conter J1 v ® nea ! ent plutôt que de le ra-circonstances 0 Une - ^'stnité de petites& changé la ZZZZ fl T ahi 1>arc &d’Horace y est formel • Z ee ‘ Ve ì précepte
ïwoit point L, la’raiCSS" 8
en un même jour, en un même lieu. Lasaison de tout cela est dans limitation,Tome XXVL
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Comme toute action fe passe en un lieu ,ce lieu doit être convenable à la qualité desacteurs. Si ce font des bergers , la scene esten. paysage : celle des rois est un palais ,ainsi du reste.
Pourvu qu’on conserve le caractère dulieu, il est permis de ['embellir de toutesles richesses de fart ; les couleurs & la pers-pective en font toute la dépense. Cepen-dant il faut que les mœurs des acteurssoient peintes dans la feene même; qu’il yi ait une juste proportion entre la demeure& le maître qui lliabite ; qu’on y remar-que les usages des temps > des pays , desnations. Un américain ne doit être ni vêtu,ni logé comme un François ; ni un Françoiscomme un ancien romain ; ni même com-me un espagnol moderne. Si on n’a pointde modelé, il faut s’en figurer un , con-formément à Vidés que peuvent en avoirles spectateurs.
Les deux principales especes de poëmssdramatiques sont la tragédie & la comédie ,ou comme disoient les anciens , le cothur-ne & le brodequin.
La tragédie partage avec I’épopée la gran-deur & ['importance de Faction , & n’en, d!fiers que par le dramatique seulement.Elle imite le beau, le grand ; la comédieimite le ridicule. L’une éleve famé & for-me le cœur, F autre polit les mœurs , &corrige le dehors. La tragédie nous huma-nise par la compassion , & nous retient parla crainte , -rg°5 si?--s- : la comédie nousôte le masque à demi , & nous présenteadroitement le miroir. La tragédie ne faitpas rire, parce que les sottises des grandssont presque des malheurs publics :
Quidquid délirant reges , plecluntur achivi.
La comédie fait rire , parce que les sot-tises des petits ne sont que des sottises : onn’en craint point les fuites. La tragédie ex-cite la terreur & la pitié , ce qui est signifiépar le nom même de la tragédie. La comé-, die fait rire , c’est ce qui la rend comi-j que ou comédie.
Au reste , la poésie dramatique fit plusde progrès depuis 1635 jusqu’en 166; ; elle
fe perfectionna plus en ces 30 années-là,qu elle ne 1 avoit fait dans les trois fiecles
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