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les ressources du génie, ne faiíoit cepen-dant que de naître , ils ne font connu quedans son enfance j mais c’étoit l’enfanced’Hercule qui jouoit avec les lions.
Les Romains , en adoptant le théâtredes Grecs, prirent tous les défauts de leurgenre, & n’atteignirent à presqu’aucunede leurs beautés. En France , lorsque Cor-neille & Molière créerent la tragédie & lacomédie, ils profitèrent des fautes des ro-mains pour les éviter ; & ils curent assezde génie & de goût pour se rendre propresles grandes beautés des Grecs , & pour enproduire de nouvelles , que les Sophocles& les Aristophanes n'auroient pas laissééchapper , s’ils avoient vécu deux mille ansplus tard.
Ainsi le théâtre françois, dans les mainsde cas deux hommes uniques , ne pouvoitpas manquer d’étre à jamais débarrassé d’e/ 2 -tr’aâes & dìntermedes. Voye{ INTER-MEDE.
L’entr’acte à la comédie írançoise ,est composé de quelques airs de violonsqu’on réécoute point.
A l’opéra lé spectacle va de suite ; Ven-tre ch est une symphonie que l’orchestrecontinue sans interruption , & pendant la-quelle !a décoration change. Cette conti-nuité de spectacle est favorable â ]’illufìon ,& sens l’illufion il n’y a plus de charmedans un spectacle en musique. Voy. Illu-sion.
Le grand ballet sert à‘entraxe dans lesdrames de Colîege. Voy. Ballet de col-LEGE.
L’opéra italien a besoin d ‘entr’acles , cnles nomme en Italie Jntermo\y , intermè-des. Oseroit - on le dire ? auroit-on besoinde ce malheureux secours dans un opéraqu’un intérêt suivi , ou tju’une variétéagréable soutiendraient réellement ? onparle beaucoup en France de Topera ita-lien : croit-on le connoìtre ? Voy. OPÉRA.
Les Italiens eux-mêmes, toujours amou-reux & jaloux de ce spectacle , sent - ilsjamais examiné ? on avance ici une propo-sition que Inexpérience feule ne nous a passuggérée ; elle nous été confirmée par despersonnes sages & instruites , dont aucunenation ne peut récuser le lustrage. II n’y aM uv homme en Italie qui ait écouté de
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suite une feule fois en fa vie tout Toperaitalien. On a eu recours aux intermèdes deBouffons ou à des danses Pantomimes ,pour combattre l’ennui presque continuelde plus de quatre heures de spectacle ; &cette ressource est un défaut très-grand dugénie, comme il fera démontré â l’articleINTERMEDE. (.S)
POEME EPIQUE , ( Poésie , ) récit poé-tique de quelque grande action qui inté'-reílè des peuples entiers , ou même toutle genre humain. Les Homere & les Vir-gile en ont fixé l’idee jusqu’à ce qu’il viennedes modelés plus accomplis.
Le poème épique est bien différent deThistoíre , quoiqu'il ait avec elle une res-semblance apparente. L’histoire est consa-crée à la vérité , mais l’épopée peut nevivre que de mensonges ; elle ne connokd’autres bornes que celles de la possibilité.
Quand THístoire , continue M. le Bat-teux , a rendu son témoignage , tout estfait pour elle ; on ne lui demande rien au-delà. On veut au contraire que Tépopéecharme le lecteur , qu’elle excite son ad-miration , qu’elle occupe en même-tempsla raison , Timagination , Tçsprit ; qu’elletouche les cœurs , étonne les íèns , & fasseéprouver à Famé une fuite de situations dé-licieuses , qui ne soient interrompues quel-ques instans que pour les renouvelles avecplus de vivacité.
L’histoire présente les faits fans songerà plaire par la singularité des causes oudes moyens. C’est le portrait des temps &des hommes ; par conséquent Timage del’jnconstance & du caprice, de mille va-riations qui semblent T ouvrage du hasard& de la fortune. L’épopée ne racontequ une action , & non plusieurs. Cetteaction est essentiellement intéressante ; sesparties sont concertées ; les causes sontvraisemblables : les acteurs ont des carac-tères marqués, des mœurs soutenues ; c’estun tout entier , proportionné , ordonné ,parfaitement lié dans toutes ses parties.
Enfin l’histoire ne montre que les causesnaturelles ; elle marche , ses mémoires &ses dates à la main ; aussi, guidée par laphilosophie , elie va quelquefois dans lecœur des hommes chercher les principessecrets des événemens, que le vulgaire