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éloignés les uns des autres. En les examinantimpartialement, on n’ira point demanderà Aristote ce qu’il faut penser d’un auteuranglais ou portugais, ni à M. Perrault,comme on doit juger de l’Iliade. On ne selaissera point tyranniser par Scaliger & parle Bossu , mais on tirera ses réglés de lanature & des exemples frappans, & pour-lors on jugera entre les dieux d’Homere& le vrai dieu chanté par Milton, entreCalypso & Didon , Armide & Eve.
De beaux génies & de grands maîtres del’art se sont ainsi conduits pour juger saine-ment les poètes épiques ; &, comme j’aileurs écrits fous les yeux , je puis aisémentponcer ici quelques-uns des principaux traitsde leurs desseins. Commençons par Homere.
_ Ce grand poète vivoit probablement en-viron 8^0 ans avant Pere chrétienne. II étoitcontemporain d’Héíìode, & fleurissoit troisgénérations après la guerre de Troie ; ainsid pouvoir avoir vu dans son enfance quel-ques vieillards qui avoient été à ce siégé ;^ il devoir avoir parlé souvent à des GrecsEurope & d’Aíìe, qui avoient vu UlyssepQ^ t? né!as. Quand il composa l’Iliade &v s’Eée , j} ne fit donc que mettre enu p Une partie de Phistoire & des fables
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nom- n ’avoient alors que des poètes
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p- ‘ e que 400 ans âpres Hésiode &1 ie L e qu on se réduisit à écrire Phistoire, P™ e< Cet usage qui paroîtra bien ridi-j- e \, ea tt OU ,P de lecteurs, étoit très-rai-na , e ' Un livre en ces temps-là étoit: u,°. f 11 .® rar e qu’un bon livre P est au-
■ ^1 : loin de donner au public Phistoire
fan 1 1 ° Uiaque village ) comme ON arénri f nt ' ON ne transmettoit à la pos-I’intérlsT es T ^ r ands événemens qui dévoientcul “ à" & Moire
f-'“t k suie ?
Chez les Grecs , parcí
nés a etre retenus pa r cœur & à ô
tes : telle etoit la coutume de ces 1
si différens de nous. II n’y eut j u f qu ^
rodote d’autre histoire parmi eux q u ’çn
vers, & ils n’eurent dans aucun temps de
poésie fans musique.
Tome XXVI.
POE
Celle d'Homere se chantoit par mor-ceaux détachés , auxquels on donnoit destitres particuliers , comme le combat desvaisseaux > la Patroclée , la grotte de Calypso ;on les appelloit rapsodies, & ceux qui leschantoient rapsodistes. Ce fut Pisistrate , roid’Athènes, qui rassembla ces morceaux >qui les arrangea dans leur ordre naturel, &qui en composa les deux corps de poésieque nous avons fous le nom à'Iliade & d’O-dyjfée. On enfit ensuite plusieurs éditionsfameuses. Aristote en sit une pour Alexan-dre le Grand, qui la mit dans une précieusecassette qu’il avoir trouvée parmi les dé-pouilles de Darius, & qu’on nomma Védi-tion de la cassette. Enfin Aristarque , quePtoloméePhilométor avoit fait gouverneurde son fils Evergetes, en fit une fi correcte& si exacte, que son nom est devenu celuide la saine critique. On dit un Aristarque pourdire un bon juge en matière de goût ; c’estson édition qu’on prétend que nous avonsaujourd’hui.
Autant les ouvrages d’Homere font con-nus, autant est-on dans Pignorance fur fapersonne. Tout ce qu’on sait de vrai, c’estque long-temps après fa mort on lui a érigédes statues & élevé des temples. Sept villespuistàntes se sont disputé Phonneur de sa-voir vu naître ; mais la commune opinionest que de son vivant il fut exposé aux in-jures de la fortune ; qu’il avoit à peine undomicile, & que celui dont la postérité afait un dieu, a vécu pauvre & misérable ,deux choses très-compatibles, & que plu-sieurs grands hommes ont éprouvé danstous les temps & dans tous les lieux. On ad-mire les qualités de son cœur qu’il a peintdans ses écrits , fa modestie , fa droiture »la simplicité &c Pélévation de ses senti-mens.
L’Iliade quî est son grand ouvrage, estplein de dieux & de combats. Ces sujetsplaisent naturellement aux hommes ; iî saiment ce qui leur paroi t terrible ; ils sontcomme les enfans qui écoutent avidementces contes de sorciers qui les eftraient. 11 ya des fables pour tout âge, & il n ’„ a j r , tdc nation qui n’ait eu les siennes
De ces deux sujets qui remplissent l’Uúdenaissent les deux grands reproches que l’onotnere ; on lui impurs l’extrava-Xx