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áeç images, & par la marche harmonieusede la poésie du' style.
Quand il décrit la ceinture de Vénus, iln y a point de tableau de FAlbane qui ap-proche de cette peinture riante. Veut-il 'flé-chir la colere d’Achille , il personnifie lesPrières. « Elles font filles du maître des,5 dieux, elles marchent tristement, le frontM couvert de confusion, les yeux trempés55 de larmes ; & ne pouvant se soutenir surleurs piés chancelans , elles suivent deloin rinjure; l’Injure altierequi court sur» la terre d’un pié léger, levant sa tête au-
« dacieufe. »
Si quelques-unes des comparaisons d’Ho-mere ne nous paroissent pas astez nobles ,la plupart n’ont pas ce défaut. Une arméecouverte de ses boucliers, descend de lamontagne ; c'est une forêt en feu ; elle s’a-vance , & fait lever la pouíïïere ; c’est uneïiuée qui apporte Forage. Un jeune combat-tant est atteint d’un trait mortel ; c’est unpavot vermeil qui laisse tomber fa tête mou-rante. En un mot, l’íliade est un édifice en-richi de figures majestueuses, riantes, agréa-bles , naïves, touchantes, tendres, délica-tes. Plus on la lit, plus on admire Féten-'dne , la profondeur, & la grandeur du gé-nie de I’architecte.
II n’est plus permis aujourd’hui de révo-quer toutes ces choses en doute. II n’estplus question, dit fort bien Despréaux , desavoir si Homere, Platon, Cicéron , Vir-g'ie, sont des hommes merveilleux. C’esttine chose sans contestation , puisque vingtsiécles en font convenus ; & après des suf-frages si constans, il y auroit non-leule-ment^ de la témérité, mais même de la fo-
’ a douter du mérite de ces écrivains.
f assons à Virgile , le prince des poëtesa T? S ^ a,,t:eur de l’Énéïde.tiousn” ant isomère, dit M. le Batteux ,comme US jurons ce poète dans son siécle,ténebres ll ^V Um ‘ ere unique au milieu desconseil, s a n r avec * a ibule nature, sansabandonné à sònT ’ sans ^'étés de savans,Qiiement parles ou instruit um-
En ouvrant Virgd^ 5 ; r
traire, que nous '^"^àsau«clairé , que nous sommes ì? ** ^
Au régné la magnificence & le ^ût, pù
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tous les arts, îa Sculpture , la Peinture ,F Architecture ont des chef-d’œuvres, oùles talens font réunis avec les lumières.
II y avoit dans le siecle d’Auguste , uneinfinité de gens de lettres, de philosophes ,qui connoissoient la nature & les arts , quiavoient lu les auteurs anciens & les moder-nes, qui les avoient comparés , qui enavoient discuté, & qui en discutoient tousles jours les beautés de vive voix & par écrit.Virgile devoir profiter de ces avantages, &on sent en le lisant , qu’il en a réellementprofité. On y rèmarque le soin d’un auteurqui connoît des réglés , & qui craint de lesblesser ; qui polit & repolit fans fin, & quiappréhende la censure des connoisseurs.Toujours riche, toujours corredt, toujoursélégant ; ses tableaux ont un coloris auífibrillant que juste ; en artiste instruit, ilaime mieux se tenir fur les bords > que des’exposer à Forage. Homere , plein de sécu-rité , se laisse aller à son génie. II peint tou-jours en grand, au risque de passer quelque-fois les bornes de Fart j la nature feule leguide.
Le premier pas que devoir faire Virgile,entreprenant un po'éme épique , éroit de choi-sir un sujet qui pût en porter l’édifice ; unsujet voisin des temps fabuleux, presquefabuleux Iui-même , & dont on n’eût quedes idées vagues , demi - formées , & ca-pables par-là de se prêter aux fictions épi-ques. En second lieu, il falloir qu’il y eût unrapport intéressant entre ce sujet, & lepeuple pour qui il entreprenois de le traiter.Or ces deux points se réunissent parfaite-ment dans F arrivée d’Enée en Italie. Ceprince pastbit pour être fils d’une deeíîè.Son histoire se perdoit dans la fable. O’ail-leurs les Romains pr-étendoient qu’il étoitle fondateur de leur nation , & le pere deleur premier roi. Virgile a donc fait un bonchoix en prenant pour sujet Fétablissementd’Enée en Italie.
Pour jeter encore un nouvel intérêt danscette matière, le poète usant des droits deson art, a jugé à propos de faire entrer dansson poème plusieurs traits à Ia louange duprince & de la nation, & de présenter destableaux allégoriques où ils pussent se re- vconnoître avec plaisir. Tout le monde futenchante de son poème dès qu’il vit le jour»
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