POE
Bouger a traduit ce poème en vers Fran-çois , & c’est ainsi qu’il faut rendre les Poè-tes. {D. J.)
POEME LYRIQUE , f. m. ( Lìttlrat. )Les Italiens ont appelé le poème lyrique oule spectacle en musique, Opéra , & ce mota été adopté en français.
Tout art d’imitation est fondé fur unmensonge : ce mensonge est une especed’hypoch'ese établie & admise en vertud’une convention tacite entre l’artitte &ses juges. Passez-moi ce premier mensonge,a dit Partiste , & je vous mentirai avec tantde vérité que vous y ferez trompés, malgréMe vous en ayez. Le poète dramatique , lePeintre , le statuaire , le danseur ou-panto-n Rme, le comédien , tous ont une hypo-thèse particulière sous laquelle ils s’enga-gentde mentir, & qu’ils ne peuvent perdreM vue un seul instant , sans nous ôter decet te illusion qui rend notre imaginationcomplice de leurs supercheries ; car cen . e st point la vérité , mais l’image de la vé-jç te /pfils nous promettent ; & ce qui faitla r> arnie de leurs productions, n’est pointPlus Ure ’ tuais l’imitation de la nature.th e f e ' m ,d r!: 'st e en approche dans Phypo-dnnc 1 a choisie , plus nous lui accor-
LW ta!ent & de génie,être un a< jì° n âE l a nature par le chant a dûfertes Ptemieres qui se soient of-
eft r«n:„:J' rnas ' nar l° n - Tout être vivanttance A C Jr ar ^ sentiment de son exis-accp ?oustèr en de certains momens des
narnr a U r° U m °ins mélodieux , suivant lade j 6 , or S ane s : comment au milieudans I» r? c lant L eu fs l’homme seroit-il restéinsoú-p i ence ' ^. a í°' e a vraisemblablementd'abord se!, Prem l erS chants; on a chanté:ì adauter p ^f° e ’ cnsurte on a cherchéformes an se cbant quelques paroles con-
le couplet deVOÌt ex P rimer i
Premilre mufiíue ° nt été aillsi la
Mais l’homme de génie ne f Elong-temps à ces chansons eseborna passimple nature ; il conçue ún nm' Snoble & plus hardi, celui de faire d« cftun instrument d imitation. 11 s’apper ci sbientôt que nous élevons notre voix '&que nous mettons dans nos discours plus deforce & de mélodie, à mesure que notre
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ame sort de son assiette ordinaire. En étu-diant les hommes dans différentes situa-tions , il les entendit chanter réellementdans toutes les occasions importantes de lavie; il vit encore que chaque passion,chaque affection de Pâme avoitson accent,ses inflexions , fa mélodie & son chantpropres.
Ùe cette découverte naquit la musiqti®imitative & Part du chant qui devint uneforte de poésie , une langue , un art limi-tation t dont l’hypothese fut d’exprimerpar la mélodie & à Paide de Pharmonie tout®espece de discours, d’accent, de passion ,& d’imiter quelquefois jufqu’à des effetsphysiques. La réunion de cet art, aussisublime que voisin de la nature, avec Partdramatique , a donné naissiince au spec-tacle de l’Opéra, le plus noble & le plus«brillant d’entre les spectacles modernes.
Ce n’est point ici le lieu d’examiner si íecaractère du spectacle en musique a étéconnu de Pantiquité ; pour peu qu’on ré-fléchisse sur Pimportance des spectacles chezles anciens , fur Pimmensité de leurs théâ-tres , fur les effets de leurs représentationsdramatiques fur un peuple entier, on aurade la peine à regarder ces effets commePouvrage de la simple déclamation & dudiscours ordinaire, dépouillés de tout pres-tige. 11 n’y a guere aujourd’hui d’hommede goût, ni de critique judicieux, qui douteque la mélopée ne fût une espece de récitatifnoté.
Mais fans nous embarrasser dans des re-cherches qui rie font point de notre sujet ,nous ne parlerons ici que du spectacle enmusique , tel qu’ii est aujourd’ui établi enEurope, & nous tâcherons de savoir quellesorte de poème a dû résulrer de la réu-nion de la poésie avec ia musique.
La musique est une langue. Imaginez unpeuple d’inspirés _& d’enthousiastes , dontla tête seroic toujours exaltée , dont Pâmefer oie toujours dsns Pivreílê & dans 1 extase ;qui avec nos passions & nos principes, nousseroient cependant supérieurs par la sub-tilité , la pureté & la délicatesse des sensparla mobilité , la finesse, & [ a perfectiondes organes ; un tel peuple chanterait auheu de parler, la langue naturelle Teroiela musique. Le poeme lyrique ne reprç-