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sente pas des êtres d’une organisation dif-férente de!a nôtre, mais feulement d’uneor-ganifationplus parfaite. Ils s’expriment dansune langue qu’on ne sautoir parier fans génie,mais qu’on ne sautoir non plus entendre fanslin goût délicat, fans des organes exquis &exercés. Ainsi ceux qui ont appelé le chantle plus fabuleux de tous les langages, &■qui se sont moqués d’un spectacle où lehéros meure en chantant , n’ont pas euautant de raison qu’on le croiroit d’abord ;mais comme ils n’apperçoivent dans la mu-sique tout au plus un bruit harmonieux &agréable , une fuite d’accords & de caden-ces , ils doivent le regarder comme unelangue qui leur est étrangère ; ce n’est pointà eux d’apprécier le talent du compositeur;il faut une oreille attique pour juger de l’élc-quence de Démoílhene.
La langue du musicien a fur celle du ,poète l’avantage qu’une langue universellea sur un idiome particulier ; celui-ci neparle que la langue de son siede & deson pays, I’autre parle la langue de toutesles nations & de tous les siécles.
Toute langue universelle est vague parsa nature ; ainsi en voulant embellir parson art la représentation théâtrale, le mu-sicien a été obligé d’avoir recours au poète.Non-seulement il en a besoin pour l’in-vention de l’ordonnance du drame lyrique ,mais il ne pent se palier d'interprète danstoutes les occasions où la précision du dis-cours devient indispensable , où le vaguede la langue musicale entraîneroit le spec-tateur dans 1 incertitude. Le musicien n’abesoin d aucun secours pour exprimer ladouleur, iedésespoir, ledéiired’unefemmemenacée d’un grand malheur ; mais sonpoète nous dit : cette femme épîorée quevous voyez, est unemere qui redoute quel-que catastrophe funeste pour un fils uni-que... Cette mere est Sara , qui ne voyantpas revenir son sils du sacrifice , se rappellele mystère avec lequel ce sacrifice a etepréparé, & le soin avec lequel elle en aété écartée ; se porte à questionner le scompagnons de son fils, conçoit de l’ef-froi de leur embarras & de leur silence, &monte ainsi par degrés des soupçons à l’in-quiétude, de l’ìnquiérude à la terreur,jusqu’à en perdre la raison. Alors dans le
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troubleront elle est agitée, ou elle se crcítentourée iorsqu’elîe est seule, ou elle nereconnoît plus ceux qui font avec elletantôt elle les preste de parler , tantôt elleles conjure de se taire.
Deh , parlate : che for^e tacendo
Par pitié parlez : peut-être qu’en voustaisant,
Men pietcjl, paît barbari Jìete.
Vous etes moins compatiflans - que bar-bares.
Ah vintendo. Tacete , t ace f e ,
Ah , je vous entends ! Tarse z-vous, tai-sez-vous,
Non mi dite chel figho morì.
Ne me dites point que mon fils est mort.
Après avoir ainsi nommé le sujet & crééla situation , après savoir préparée & fon-dée par ses discours , le poète n’en fournitplus que les malles qu’il abandonne au gé-nie du compositeur ; c’est à celui- ci à leurdonner route Pexpreífion & à développertoute la finesse des détails dont elles fontsusceptibles.
Une langue universelle frappant immé-diatement nos organes & notre imagination,est auíli par fa nature la langue du sentiment& des.passions. Ses expressions allant droitau cœur , fans passer pour ainsi dire parl’esprit, doivent produire des effets incon-nus à tout autre idiome, & ce vague mêmequi l’empêche de donner à ses accens laprécision du discours, en confiant à notreimagination le soin de linterprétation , luifait éprouver un empire qu Aucune languene íauroit exercer fur elle. C t st un pou-voir que la musique a de commun avec legeste, certe autre langue universelle. L'ex-périence nous apprend que rien ne com-mande plus impérieusement à famé , ni nel’érneut plus fortement que ces deux ma-niérés de lui parler.
Le drame en musique doit donc faire uneimpression bien autrement profonde que latragédie & la comédie ordinaires. II feroitinutile d’empîoyer Finstrument le plus puis-sant , pour ne produire que des effets mé-diocres. Si la tragédie de Mérope m Atten-drit , me touche , me fait verser des lar-mes , il faut que dans l'Opéra les angoisses,