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Tome vingt-sixième.
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POE

îes mortelles alarmes de cetíe more Infor-tunée passent toutes dans mon ame ; il faut<}ue je fois effrayé de tous les fantômes dontelle est obsédée , que sa douleur & son dé-lire me déchirent & m’arrachent le cœur.Le musicien qui m’en «endroit quitte pourquelques larmes , pour un attendrissementPassager, seroit bien au-dessous de íbn art.II en est de même de la comédie. Si la co-médie de Térence & de Molière enchante,st faut que la comédie en musique ravisse.L une représente les hommes tels qu’ilslont, l'autre leur'donne un grain de verve& de génie de plus ; ils font tout près de lalòlie : pour sentir le mérite de la premiers ,st ne faut que des oreilles & du bon sens ;^ais la comédie chantée paroît être faitePour l’éfite des gens d’esprit & de goût ;Ja musique donne aux ridicules & aux mœurslm caractère d’originalité , une finesse d’ex-P^Hìon > qui pour être saisis exigent unta « prompt & délicat, & des organes très-e Xercés.

îes ìntei’on íuiv

Mais la passion a ses repos & sivastes, & i> art du théâtre veut qu un nuen cela l a marche de la nature. On ne pePas au spectacle toujours rire aux éclats,toujours fondre en larmes. Oreste n est Ptoujours tourmenté par les EumenidesAndromaque au milieu de ses alarmes ajperçoit quelques rayons d’espérance quicalment ? il n’y ^ qu’un pas de cette fccirite au moment affreux où elle verra person fils - mais ces deux momens font difsirsns, & le dernier ne devient que plitragique par la tranquillité du précéderLes^ personnages subalternes , quelque itterêt qu’ils prennent à l’acttion, ne peivent avoir les accens paílìonnés de leuhéros ; enfin la situation la plus pathétiqine devient touchante & terrible que p;

; il faut qu’elle soit préparée , & fcefter depend en grande partie de ce qui 1précédé & amené. •

Voilà donc deux momens biens distinédu drame lyrique , le moment tranquille& le moment passionné ; & ì e premier foidu compositeur a du consister à trouv<deux genres de déclamation eílenuellemetdifférais & propres, Fun à rendre le dicours tranquille, l'autre à exprimer le largage des passions dans toute ía force > uai

POE

toute fa variété, dans tout fóri désordre.Cette derniere déclamation porte le nonntde l’air , aria ; la premiere a été appeléele récitatif :

Celui-ci est une déclamation notée , sou-tenue & conduite par une simple basse, quise faisant entendre à chaque changementde modulation, empêche Facteur de déton-ner. Lorsque les personnages raisonnent,délibèrent, s’entretiennent & dialoguentensemble, ils ne peuvent que réciter. Rienne seroit plus faux que de les voir discuteren chantant, ou dialoguer par couplets,enforte qu’un couplet devînt la réponse del’autre. Le récitatif est le seul instrumentpropre à la scene & au dialogue ; il ne doitpas être chantant. II doit exprimer les véri-tables inflexions du discours par des inter-valles un peu plus marqués & plus sensiblesque la déclamation ordinaire ; du reste, ildoit en conserver & la gravité & la rapidi-té , & tous les autres caractères. II ne doitpas être exécuté en mesure exacte ; il fautqu’il soit abandonné à Finteîîigence & à lachaleur de Facteur qui doit le hâter ou leralentir suivant l’esprit de son rôle & de sonjeu. Un récitatif qui rsauroit pas tous cescaractères, ne pourroit jamais être employéfur la scene avec succès. Le récitatif estbeau pour le peuple, lorsque le poète a faitune belle scene , & que Facteur l’a bienjouée ' r il est beau pour l’homme de goût,lorsque le musicien a bien saisi, non-seule-ment le principal caractère de la déclama-tion , mais encore toutes les-finesses qu’ellereçoit de l’âge, du sexe , des mœurs, dela condition , des intérêts de ceux qui par-lent & agissent dans le drame.

I/atr & le chant commencent avec mpassion; dès qu’elle se montre, le musiciendoit s’en emparer avec toutes les ressourcesde son art. Arbace explique à Mandane lesmotifs qui Fobligent de quitter la ^ capitaleavant le retour de Faurore, de s’éloignerde ce qu’il a de plus cher au monde : cettetendre princesse ccmoat les raisons de sonamant ; mais lorsqu’dle en a reconnu la so-lidité , elle consent à son éloignement, nonsans un extrême regret ; voilà le sujet dela scene & du récitatif. Mais élis ne quitterapas son amant fans lui parler de tomes lespemes de 1 absence, íans lui recommandes-