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les intérêts de l’amour le plus tendre , &c’est-Ià le moment de la paisiori & du«liant.
Conservait fedele :
Conserve-toi fìdeîe ,
Pensa ch’io rejîo e peno ;
Songe que je reste & que je peine ;
E qualche volta alrnenoEt quelquefois du moinsRicordaù di me.
Restbuviens-toi de moi.
Il eût été faux de chanter durant f entre-tien de la ícene ; il n’y a point d’air propreà peser les raisons de la nécessité d’un dé-part ; mais quelque fimple & touchant quesoit l’adieu de Mandane, quelque tendressequ’une habile actrice mît dans la maniéréde déclamer ces quatre vers , ils ne feroientque froids & insipides, si l’on se bornoit àles réciter.
C’est qu’il est évident qu’une amante pé-nétrée qui se trouve dans la situation deMandane , répétera à son amant, au mo-ment de la séparation » de vingt maniéréspassionnées & différentes, les mots : Conser-vât i fedele. Ricordati di me. Elle ies dira tan-tôt avec un attendrissement extrême, tan-tôt avec résignation & courage , tantôtavec l’espérance d’un meilleur soft, tantôtsans la confiance d’un heureux retour. Ellene pourra recommander à son amant desonger quelquefois à fa solitude & à sespeines, fans être frappée elîe-méme de lasituation où elle va se trouver dans un mo-ment : ainsi les mots , pensa di torero c penoprendront le caractère de la plainte la plustouchante à laquelle Mandane fera peut-être succéder un effort subit de fermeté ,de peur de rendre à Arbace ce momentauísi douloureux qu’il l’est pour elle. Ceteffort ne sera peut-être suivi que de plusde fòiblesse , & une plainte d’abord peuviolente finira par des sanglots & des lar-mes. En un mot, tout ce que la passion laplus douce & la plus tendre pourra inspirerdans cette position à une ame sensible »composera les eiémens de l’air de Mandane ;mais quelle plume seroit assez éloquenteppur donner une idée de tout ce que con-
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tient un air ? Quel critique seroit assez hardipour assigner ies bornes du génie ?
J’ai choisi pour exemple une passion dou-ce , une situation intéressante , mais tran-quille. Il est aisé de juger , d’après ce mo-delé , ce que fera l’air dans des situationsplus pathétiques , dans des momens tragi-ques & terribles.
Supposons maintenant deux amans dansune situation plus cruelle, qu’íls soient me-nacés d’une séparation éternelle, au mo-ment où ils s’attendoient à un sort biendifférent ; cette circonstance donneroit àl’air un caractère plus pathétique. II ne se-roit pas naturel non plus qu’également tou-chés l’un & l’autre - il n’y en eût qu’un quichantât. Ainsi l’amant s’adrçssant à fa maî-tresse désolée , lui diroit :
La désira tì thiedo ,
Je te demande la main ,
Mi o dolce sostegno ,
O mon doux soutien ,
Per ultimo pegnoPour le dernier témoignageD'amore e di fèD’amour & de fidélité !
Un tel adieu prononcé avec une forte defermeté, par un amant vivement touché ,seroit l’écueil du courage de son amanteépi orée ; elle fondroit sans doute en larmes,ou frappée d’un témoignage d’amour autre-fois si doux, aujourd’hui si cruel, elle s’é-crieroit :
A h , queflo fa il fegno
Ah , ee fut jadis le signe
Del nojìro contento :
De notre bonheur ;
Masento che adejso
Mais je sens trop qu’à présent
L’isisfo non è
Ce n’est pas la même chose.
Je n’ai pas besoin de remarquer quelle ex-pression forte & touchante ces quatre versassez foibles prendroient en musique, sisreste de l’air ne seroit plus que des excla-mations de douleur Sc de tendresse. L’ur*s’écrieroit ;
Mi*