Band 
Tome vingt-sixième.
Seite
363
JPEG-Download
 

POE

<pie les situât n) p s qui offrent Iss véritablesoccasions ss: c ; tmter. En un mot, ie poèmejyrique doit erre une fuite de situationsintéreíf'nrei tirées d u fond da si,jsf» &terminées ><.u- une cicastere mémorable.

Cette umsshssé & cette rapidité néces-saires à la marche & an développement duPoème lyrique font aaíîi indispensables austyle du poète. Rien ne seroir plus opposeau langage musical que ces longues tiradesde nos pieces modernes, & cette abon-ance de paroles que l'u sage & la nécessitede la rime ont introduites fur nos théâtres.~ e sentiment & la passion sont précis dansç choix des termes. Ils haïssent la profu-1 on des mots. Ils emploient toujours l’ex-Ptcihon.propre comme la plus énergique.

ans les instans passionnés , ils la répéte-r oient vingt fois plutôt que de chercher à laj ai i îer Par de froides périphrases. Le stylejonque doit donc être énergique , naturela L, acile. II doit avoir de la grâce : mais ilsentir 1 ^ ^^-®§ ance étudiée. Tout ce quiche • ° 1<: * a ,P. e me , !a facture ou la recher-d’ìng^f 2 épigramme , un trait d’esprit ,hiqués e a UX Madrigaux, des senti mens alam-

déseípojr du compositeur ;quelle expression donner à

la croix tour , nur , es compassées, Croient

^ dilfpinAir cìn /'AmnAÍ^t'Aiii* *

tout cela ? aílt :

entre le poèteT Cetre différence essentiellequ’à mesure ^ ,e P°- te tragique ,

quent & verbeux p ' ci ^ e . víe f él ?'

Ptecis&avarede p’ ar £ utre doît de ^î 1,rquence des momens n P^e quel el»-t°ute entiers au m ?°T appa f entMoins sufr^ní-’î I j llcl£ n. Rien ne seroitsublime &■ i >0 6 . chant que toute cettequelle la (ì^"o^use éloquence par la-à soustraire^ d £ Racine cherche

Pvàte lyrique en J® 11 C ° UteaU fata! î ^

dire ^ ltUat:ion pareil’le Çant U " e mSr ® danse nue tm„,- > ue pourra lui faire

que quatre vers.

Rendj mi nglio

Rend.-moi mon fi] s '

Ah, misifpe^a il cor'.'

Ah , mon cœur fe se n( j •

Non son pià madre , o/z dìo

\ Je ne fuis plus mere , ô Ciel !Non b pi à fifiìo /le n’ai plus de fils!

POE z5z

Mais ávec ces quatre petits Vers la mu-sique fera ea un instant plus d’essec que le■ divin Racine n’en pourra jamais produireav^c toute la magie de la poésie. Ah, com-me le compositeur fauta rendre la prierede cette mere pathétique par la variété dsla déclamation ! Son ton suppliant me pé-nétrera jufqu’au fond de Famé. Ce tonhumble augmentera cependant à propor-tion de 1 eiperance qu elle conçoit de tou-cher celui dont le fort de son sti s dépend.Si cette espérance sseVanouic de son cœur fun accès d’indignation & de fureur suc-cédera à la supplique, & dans son délire;ce rendimi il figlio mio , qui était il n y aqu’un moment une priere touchante, de-viendra un cri forcené. Cet instant d'ou-bli de son état > sera réparé par plus de fou-rmilion , & rendimì il figlio mio redevien-dra une priere plus humble & plus pres-sante. Tant d’efforts & de dangers ferontenfin tomber cette infortunée dans un étatd’angoisse & de défaillance, où fa poitrineoppressée & fa voix à demi éteinte ne luipermettront plus que des sanglots, & oùchaque syllabe du vers rendimi il figlio miosera entrecoupée par des étouffemens quim’oppresscront moi - même , & me glace-ront dsessroi & de pitié. Jugeons d’aprèsce vers ce que le musicien saura faire def exclamation douloureuse : non son pià ma-dre ! avec quel art il saura varier & mêlertous ces dissérens cris de douleur & de dé-sespoir ! &s’il y a un cœur assez féroce quine se sente déchirer, lorfqu’au comble deses maux certe mere s’écrie : ah mi fispe^aìl cor. Voilà une foible exquisse des estersque la musique opéré par un seul air ; ellepeut défier le plus grand poète , de quel-que nation & de quelque íiecle qu il soit »de faire un morceau de poésie qui puissesoutenir cette concurrence.

II résulte de ces observations , que lepoète , quelque talent qu’il ait d’ailleurs ,ne pourra guere se flatter de réussir dansce genre , s’ií ne fait lui - même la mu-sique ; il dépend trop d’elle à chaque pasqu’il fait pour en honorer les élemens , legoût , & les délicatesses. I! faut qu’il distin-gue dans son poème le récitatif & l’air avecautant de soin que le compositeur ; le plusbeau poeme du monde eù cette distinction

Z Z 2