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Tome vingt-sixième.
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fondamentale ne fercit point observée , se-roit le moins lyrique & le moins suscep-tible de musique.

Dans les airs le musicien est en droit d’e-xiger de son poète un style facile, brisé,aisé à décomposer ; car le désordre despassions entraîne nécessairement la décom-position du discours, qu’in e mécaniquede vers trop pénible rendroit impratica-ble. Les vers alexandrins ne seroient pasmême propres à la scene & au récitatif,parce que leur rythme est beaucoup troplong, & qisil occasionne des phrases lon-gue-. & arrondies que la déclamation mu-sicale abhorre. On conçoit que des verspleins d’harmonie & de nombre pourraientcependant être très-peu propre à la musi-que , & qu’il pourrait y avoir telle langue,cù par un abus de mots assez étrange , onauroit appelé lyrique ce qu’il y a de moinssusceptible d’être chanté.

Trois caractcres font essentiels à la lan-gue dans laquelle le poème lyrique feraécrit.

II faut qu’elle soit simple , & qu’en em-ployant préférab'ement le terme propre ,elle ne cesse point pour cela d’être noble &touchante.

II faut donc qu’elle ait de la grâce &qu’elle soit harmonieuse. Une langue oùì’harmonie de la poésie consisterait princi-palement dans l’arrondistun'ent du vers, oùîe poète ne ferait harmonieux qu’à forced’être nombreux, une relie langue ne fe-rait guere propre à la musique.

II faut enfin que la langue du poème ly-rique , fans perdre de son naturel & de íàgrâce, se prête aux inversions que l’expres-sion > la chaleur , & le désordre des pas-sions rendent à tout instant indispensables.

II y a peu de langues qui réunifienttrois avantages si ratés j mais il n^en aaucune que le poète lyrique ne p mite par-ler avec succès, ssil connoît bien la naturède son drame &: lé génie de la musique.

Dans ls cours du dernier siecle Toperacréé en Italie fut bientôt imite dans les au-tres parties • de 1 Europe. Chaque nationfit chanter fa langue fur ses théâtres ; il yeut des opéra espagnols , françois, anglois,allemands. Ea Allemagne sur-tout , il n’yeut point de ville considérable qui n’eût son

POE

théâtre d’opéra , & le recueil d es poèmes ly-riques représentés fur différons théâtres ,formerait seul une petite bibliothèque ;mais le pays qui avoir vu naître ce beau &magnifique spectacle , le vit aussi se perfec-tionner , il y a environ cinquante ans ;toute TEurope s’est alors tournée vers 11-talie avec l’acclamation ;

Gr-aiis musa dédit ....

Cette acclamation a été le signal de lachute de tous les spectacles lyriques , &Topera italien s’est emparé de tous les théâ-tres de TEurope. Cette foule de grandscompositeurs qui font sortis d'Italie &d’Allemagne depuis ce temps - là, n’a plusvoulu chanter que dans cette langue , dontla supériorité a été universellement recon-nue. La France seule a conservé son opéra,son poème lyrique , & fa musique , maisfans pouvoir la faire goûter des autres peu-ples de TEurope, quelque prévention qu’onait en général pour ses arts , ses goûts &ses modes. Dans ces derniers temps sesenfans même se sont partagés fur fa musi-que , tk la musique italienne a compté desfrançois parmi ses partisans les plus pas-sionnés. II nous reste donc à examiner ceque c’est que T opéra françois, & ce quec’est que l’opéra italien.

ï)e l'opéra françois. Selon la définitiond’un écrivain célébré, Topéra françois c stI’épopée mise en action & en spectacle. Ceque la discrétion du poète épique ne mon-tre qu’à notre imagination ,- le poète lyri-que a entrepris de le représenter à nosyeux. Le poète tragique prend ses sujetsdans l’h.stoíre ; le. poète lyrique a chercheles siens dans T épopée ; & après avoir épui-sé toute la mythologie ancienne & toutela sorcellerie moderne; après avoir mis furla scene toutes les divinités possibles ; aprèsavoir tout revêtu de forme & de figure >il a encore créé des êtres de fantaisie , &en les douant d’un pouvoir surnaturel &magique, il en a fait le principal ressort deson poème.

C'est donc le merveilleux visible qui estl’ame de l’opéra françois; ce sont les Dieux,les Déesses, les Demi-dieux; des Ombres,des Génies > des Fées , dts Magiciens, desVertus j dçs Passions t des idéçs abstrait.s,