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Tome vingt-sixième.
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374 POE

Ou , qu’on lui compare cet autre chœurd’iine troupe de dieux de fleuves :

Que l'on chante , que Von danse,

Rions tous , lorsqu il k saut :

Ce n est jamais trop tôtQue le plaijìr commence.

On trouve bientôt la finDes jours de réjouissance ;

On a beau chasser le chagrin ,

11 revient plutôt qu on ne pense.

Quel peuple à jamais exprimé ses trans-ports les plus vifs d’une maniéré auíli plate& auíli froide ? Qu’on se rappelle mainte-nant l’air encore plus plat que Lully a faitfur ces couplets, & l'on trouvera que lemusicien a surpassé son poète de beau-coup. ,

Que les gens de goût décident entreces chœurs & celui que je propose , & il Sseront forcés de m’adjuger le rang fur lepremier poète lyrique de France. C’est quele tendre Quinault a cherché ses chœursdans un genre insipide & faux ; & moi,j’ai pris le mien dans la vérité Sedans f His-toire eù Lampride nous l’a conservé motpour mot.

Ce chœur pourra paroître long, maisce ne fera pas à un compositeur habile quisentira au premier coup d’œil avec quellerapidité tous ces cris doivent se succéder& se répéter. II me reprochera plutôtd’avoir empiété sur ses droits ; & au lieu dem’en tenir , comme le poète le doit, àune simple esquille des principales idées,dont l’interprétation appartient à la Musi-que , d’avoir déjà mis dans mon cœur touteforte de déclamations > tout le désordre ,tout le tumulte, toute la confusion d’unepopulace effrénée ; d’avoir distribué , pourainsi dire, tous les rôles & toute la parti-tion ; d’avoir marqué les cris qui ne sontpoussés que par une feule voix, tandis qu’unautre reproche part d’un autre côté, ouqu’une imprécation est interrompue parune acclamation de joie ; ou qu’on se metà rappeler - tous les forfaits du tyran l’unaprès l'autre ; que l’un commence, il n aépargné ni âge, ni sexe ; qu’un autre ajoute,nises parens : qu’un troisième acheve, nises amis ; que tous se réunissent à crier :

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qisil soit traîné ! voilà des entreprises di-gnes d’un homme de génie. Quel tableau !je me sens frappé des cris d’un milliond’hommes, ivres de fureur & de joie ; jefrémis .à fafpect- de l’image la plus ef-frayante & la plus terrible de l’enthousias-me populaire.

De la danse. La danse est devenue danstous les pays la compagne du spectacle enMusique.

En Italie sur les autres théâtres de I’Eu-rope , on remplit les entr’actes du poëmelyrique par des ballets qui n’y ont aucunrapport. Si cet usage est barbare, il est en-core de ceux qu’on peut abolir , sans tou-cher au fond du spectacle ; & cela arriveradès que le poëme lyrique sera délivré de sesépisodes , & ferré comme son esprit & saconstitution l’exigent.

. En France, on a associé le ballet immé-diatement avec le chant & avec le fond del’opéra. Arrive-t-il quelque incident heu-reux ou malheureux , aussi-tôt il est célé-bré par des danses, & faction est suspen-due par le ballet. Cette partie postiche estmême devenue en ces derniers temps laprincipale du poëme lyrique ; chaque acte abesoin d’un divertissement, terme qui n’ajamais été pris dans une acception plus pro-pre & plus stricte , & le succès d’un opéradépend aujourd’hui, non pas précisément dela beauté des ballets, mais de l'habileté desdanseurs qui l’exécutent.

Rien, ce semble, ne dépose plus forte-ment contre le poème & la musique de l’o-péra françois, que le besoin continuel &urgent de ces ballets. II faut que faction dece poëme soit dénuée d’intérêt & de cha-leur , puisque nous pouvons souffrir qu’ellesoit interrompue & suspendue à tout ins-tant par des menuets & des rigaudons ; ilfaut que la monotonie du chant soit d’unennui insupportable , puisque nous n’y te-nons qu’autant qu’il est coupé dans chaqueacte par un divertissement.

Suivant cet usage, f opéra françois estdevenu un spectacle où tout le bonheur &tout le malheur des personnages se réduit àvoir danser autour d’eux.

Pour juger si cet usage mérite f appro-bation des gens de goût, & si c’est un avan-tage inestimable, comme on l’entend dire