POE
sans cesse , que Topera françois a fur 'tousles spectacles lyriques , de réunir la danseà la Poésie & à la Musique , il sera néces-saire de réfléchir sur les observations sui-vantes.
La danse , ainsi que le couplet, peutquelquefois être historique dans le poèmelyrique. Roland arrive au rendez-vous quela perfide Angélique lui a donné. Apres1 avoir vainement attendue pendant quel-que temps, il voie venir une troupe de jeu-n es gens qui , en chantant & en dansant,célèbrent le bonheur de Médor & d’Angé-lique qu’ils viennent de conduire au port.L est par ces expressions de joie d’une jeu-nesse innocente & vive que Roland ap-prend son malheur & la trahison de sarpaitresse. Cette situation est très - belle,^ c est avec raison qu’on a regardé cet acteCor nme le chef-d’œuvre du théâtre lyriqueLrance. Voyons si Texécution & la re-p^lpuration théâtrale répondent à Tidée^edu poëce , & si Quinault n’a pasconfh'*§é lui-même de la gâter pour sea prèsa^ e - r à Tubage de Topéra. Roland ,exa mi t ^°i lr att endu long-temps , après avoirrépriml] ès chiffres & les inscriptions , &ac oncu s Cs soupçons que son cœur jaloux enC’est’la j ente 7d une musique champêtre,après avoir UOef ^ qui revient fur ses pas,Roland, âa^o^qir Médor & Angélique,maîtresse pa* -^^rance de trouver fa
quitte la se ■ Cette troupe í°y euse . »A Tsesffn.- a ^ va au-devant du bruit,chantante ,a jeunesse dansante &
rostre aver ? M° U ' Roland devroit repa-s’est e le i mais apparemment qu’il
point. A;»r P -? er ^ u q»’Angélique n’y estd’alentonr 1 « V ^ a chercher dans les lieuxseurs & ‘phandonrelaplaceauxdan-1 Ue ciux.ri X n „ C ^ on ^ es ,‘. Le n’est qu’aprèsd etni-K €Ute pa r S , on,: diverti pendant unegaudons . qi £ , e fe couplets & leurs ri-sur son malheur. Ilesss'^TT & s’édaircitconsultant sur Ce ballet ctue lfk qu ’ en neia jeunesse ne fera autre chose ZÏ?? goât .le théâtre en dansant ; que dans j traver s erinstant ils nommeront Médor & An^r rque; que dès cet instant Roland s’éclair"cira fur son malheur en frémissant, & q u ’yn’aura pas plus que nous la patience d’at-
P O E Z7§
tendre que les entrées & les contre-daníessoient finies pour apprendre un fort quinous intéresse uniquement. J’avoue qussln’est pas contre la vraisemblance qu’unejeunesse pleine de tendresse & de joie s’ar-rete dans un lieu délicieux pour danser &chanter ; mais c’est seulement suspendre fac-tion du poème au moment le plus intéressant:car ce ne font ni les amours d’Angélique& de Medor , ni leur éloge , qui font lesujet de la scene. Eh, que nous sent tous lesfroids couplets qu’on chante à cette occa-sion ? c’est le malheur de Roland & la ma-niéré naturelle & naïve dont il en est ins-truit , qui font le charme & Tintérêt decette situation vraiment admirable.
Je me suis étendu exprès fur le ballet leplus heureusement placé qu’il y ait sur lethéâtre lyrique en France , & l’on voità quoi le goût & le bon sens réduisentce ballet. Que seront-ils donc de ceuxque le poète amene à tout propos ; & sileur voix est jamais écoutée fur ce théâtre,sera-t-il permis à un héros de Topéra deprouver à fa maîtresse T excès de les feuxpar une troupe de gens qui danseront autourd’elle ?
Mais Tidée d’associer dans le même spec-tacle deux maniérés d’imiter la nature , neseroit-elle pas essentiellement opposée aubon sens & au vrai goût ? Ne seroit-ce paslà une barbarie digne de ces temps gothi-ques où le devant d’un tableau étoit exé-cuté en relief, où Ton barbouilloit unebelle statue pour lui faire des yeux noirs oudes cheveux châtains ? Seroit-il permis deconfondre deux hypothèses différentes dansle même poëme, & de 1e faire exécutermoitié par des gens qui disent qu’ils nesavent parler qu’en chantant, moitié pard’autres qui prétendent n’avoir d’autre lan-gage que celui du geste & des mouve-ment ?
Pour exécuter ce spectacle avec succèsne faudroit-il pas du moins avoir des acteurségalement baffles dans les deux arts , aussibons danseurs qu’excellents chanteurs >Comment í'eroit-il possible de supporterque les uns ne dansassent jamais , & q ue Iesautres ne chantassent jamais ? Seroit-il bienagréable pour un Dieu de ne savoir nasdanser le plus méchant couplet dune cha-