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conne, & d’étre obligé de céder fa place àM.Vcstris, qui n’est qualifié dans le pro-gramme que du titre de suivant, mais quiécrase son Dieu en un instant par la grâce& la noblesié de ses attitudes, tandis quecelui-ci est relégué avec son rang suprêmesur une banquette dans un coin du théâtre.
Une exécution ou puérile ou impossible ,voilà un des moindres inconvénient de cetteconfusion de deux talens , de deux ma-niérés d’imiter, qu’on a osé regarder commeun avantage , & qui a certainement em-pêché les progrès de la danse en France.
A en juger par l’emploi continuel desballets, on seroit autorisé à croire que sartde la danse est porté a u plus haut degré depers. ction sur le théâtre de l’opéra françois ;mais lorsqu’on considéré que le ballet n’estemployé à sopera françois qu’à danser &non à inviter par la danse, on n’est plussurpris de la médiocrité où sart de la danseest resté en France , & l’on conçoit qu'unfrançois plein de talens &: de vues ( M.Noverre) , a pu être dans le cas d’ailercréer le ballet loin de fa patrie.
T! est vrai qu’en lisant les programes desdifférens opéra , on y trouve une variétémerveilleuse de fêtes & de divertiísemens ;mais cette variété fait place dans l’exécutionà la plus triste uniformité. Toutes les fêtesse réduisent à danser pour danser ; tous lesballets font composés de deux files de dan-seurs & de danseuses qui se rangent dechaque côté du théâtre , & qui se mêlantensuite , forment des figures & des group-pes fans aucune idée. Les meilleurs dan-seurs cependant sont réservés pour dansertantôt seuls, tantôt deux ; dans les gran-d :s occaíìons ils forment des pas de trois , ,de quatre., & même de cinq ou de six ,après quoi le corps du ballet qui^ s est ar-rêté pour laisser la place à íes maîtres, re- iprend ses danses jusqu’à la fin du ballet.Pour tous ces différens divertiísemens , lemusicien fournit des chaconnes > des lou-res , des sarabandes, des menuets , despaise-pîés, des gavottes, des rigaudons ,des contredanses. S’il y a quelquefois dansun ballet une idée , un instant d’actionc’est un pas de deux ou de trois qui l’exé-cute, après quoi le corps d u ballet reprendincontinent £a danse insipide. La sej.de dií-
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férence réelle qu’il y a d’une fête à nttSautre , se réduit à celle que le tailleur d®l’opéra y met, en habillant le ballet tantôten blanc , tantôt en verd , tantôt en jaune »tantôt en rouge , suivant les principes &l’étiquette du magasin.
Le ballet n’est donc proprement dansl’opéra françois qu’une académie de danse,où fous les yeux du public les siijcts médio-cres s’exercent à figurer, à se rompre, àse reformer , & les grands danseurs à nousmontrer des études plus difficiles dans dif-férentes attitudes nobles , gracieuses & sa-vantes. Le poète donne à ces exercices aca-démiques cinq ou six noms différens dansle cours de íbn poème ; il fait donner à sesdanseurs tantôt des bas blancs, tantôt desbas rouges, tantôt des perruques blondes,tantôt des perruques noires ; mais l’hommede goût n’apperçoit d’ailleurs aucune diver-sité dans ses ballets, & ne peut que regret-ter que tant d’habiles danseurs ne soient em-ployés qu’à faire fur un théâtre des pas &des tours de selle.
C’est en effet avoir méconnu trop long-temps F u sage de sart qui agit sur nos sensavec le plus d’ernpire, & qui produit lesimpressions les plus profondes & les plusterribles. Que dirions-nous d’une académiede peintres & de statuaires qui dans uneexposition publique de leurs ouvrages nenous mon:reroient que des études, destêtes, des bras, des jambes, des attitudes >fans idée , fans application , fans imitationprécise ? Toutes ces choses ont fans douted u prix aux yeux d’un connoisseur éclairé ;mais un talion d’exposition est autre chosequ’un atteìier.
II en est de la danse comme du chant :la joie doit avoir créé les premieres dansescomme elle a inspiré les premiers éhants jmais un menuet, une contredanse, & toutela danse récréative d’un bal, sont précisé-ment aussi déplacés fur le théâtre que lachanson & le couplet.. Ce n’est que lorsquel’homme de génie s’est apperçu qu’on pou-voit faire de la danse un art d imitation pro-pre à exprimer faus autre langue que celsedu geste & des mouvemens tous les sen-ti mens & toutes les passions , ce n’est qu’a-lors que la danse est devenue digne de f emontrer fur la seene : il est vrai que c e
spectacle