P O B.
L’orateur nil’historien n’ont rien à créer,il ne leur faut de génie que pour trouverles faces réelles qui font dans leur objet :ils n’ont rien à y ajouter , rien à en retran-cher , à peine osent-ils quelquefois trans-poser , tandis que le poète se forge à lui-même ses modelés , fans s’embarrasser dela réalité.
De sorte que fi l’on vouloir définir lapoésie, par opposition à la prose ou à l'elo-quence , que je prens ici pour la me mechose ; on s’en «endroit à notre définition.L’orateur doit dire le vrai d’une maniéréqui je fasse croire , avec la force, & la sim-plicité qui persuadent. Le poete doit dire levraisemblable d’une maniéré qui le rendeagréable , avec toute la grâce & toute l’é-ucrgie qui charment, & qui étonnent ; ce-pendant comme le plaisir prépare le cœur à* a persuasion, & que l’utilité réelle flattetoujours l’homme , qui n’oublie jamais son
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de symphonies ; mais pour ce qui est de lapoésie , nous n’en connoiíïòns point fansfables & fans fiction. Les vers d’Empédo-cles, ceux de Parménide , de Nícander ,les sentences de Théognide , ne font pointde la poésie , ce ne font que des discoursordinaires, qui ent emprunté la verve &la mesure poétique , pour relever leur style& l’insinuer plus aisément.
Cependant, il y a différentes opinionsfur 1 essence de la poesie, quelques-uns fontconsister cette essence dans la fiction. Il nes’agit que d’expliquer le terme, & de con-venir de fa signification. Si par fichon , ilsentendent la même chose qus feindre ou sin-ger e chez les Latins ; le mot de fiel.on nedoit signifier que l imitation artificielle descaractères, des mœurs , des actions , desdiscours, &c, tellement que feindre fera lamême chose que représenter ou contrefaire ;alors cette opinion rentre dans celle de
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- \ mitation de la bille nature que nous avons
intérêt ; il s'ensuit que 1 agréable &i utile n ^ définissant îa poésie..
doivent se réunir dans la poésie & oans la 1 mêmes personnes reslerrent îa sig-
ï*°fe ; mats en s’y plaçant dans un ordrect -c cat i on de ce terme, & que par fichon *
octorme à l’objet qu’on se propose dan I -, ent endent le ministère des dieux que le
ç- e ,? x genres d’écrire. . \ f,: r intervenir pour mettre en jeu les
•prose ob Ì ectoic qu’il y 2 des écrits en j secrcts de son poème ; il est évident
íbmbLn 1 ne sont l’expression que du vrai l fiction n’est pas essentielle à la poeue,
l’expreffe’ & d ’ autres en ver , s qU j n t s nuelparce qu autrement la tragédie , la come-la nr«r I 1 que du vrai ; on repondroit que p u nifmart des odes , cesseroient d etre
voff: L j r x K de V s «si « i fa«« «-à-
mêm* Jt d ?ur le fonds est presque ie u K p i us universellement reçues,
tôt la fort? ^ p . rêtent mutuellement, tan- fi p ar fifcon on veut signifier les
fcst? 5™ °>°> k, dinstingue > ->«»->- “M, * rí '„ t de ], ,fc a0 x chose,
ï ” e ur est propre ; de sorte £ íeS corps a „ choses insen-
q Tl t f ar ° 1 ^ ^tavesti. | ry mii les font parler & agir, telles que
y a des fictions poétiques qui se mon- 1 ’ méranhores & les allégories ; la fic-
trent avec l’habit simple de la prose; tels \ font P qu > un tour poétique ,
font les romans «St tout ce qui est dans leur «on a, ® rs f r à ìaVofe même ; c’eít legenre. II y a même des matières vraies, qui ì qui P ]a a ff lon qu i dédaigne l’expres-paroissent revêtues & parées de tous les I lang 1g , : e . c ’ e ft la parure, & non le
charmes de l’harmonie poétique : tels sont sion vulgaire , c e
les poëmes didact-ir. » • "
—j didactiques & historiques. Maisces fictions en prose , & ces histoires en▼ers, r.e font ni pure prose , ni poésie purec’est un mélange des deux natures , auquel]a définition ne doit point avoir égard cefont des caprices faits pour être hors de larègle , & dont l’exception est absolumentfans conséquence pour les principes. Nous
quine sont accompagnes » de chœurs, n
corps de la poésie.
D’autres ont cru que îa poésie consistoitdans la versification ; ce préjugé est auffiancien que ia poésie même. Les premiers,poèmes furent des hymnes qu’on chantoit& au chant desquels on associoit L danst» ■Homere & Tice-Live en do, i r
preuve. Or, pour f 0 « m l sonneront la
ces trois expressions dec U *i C °j CC ïf ^
& de k danse Vf ? ?ar H es ’Ì uchanr *
I v, si falloit necesiairemeiìít