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Tome vingt-sixième.
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M POE

De t aurore au couchant il porte le soleil ;

11 fane ce rubis ks rnasies oes montagnes ;

11 prend deux p ouïtes à eau : de t une il faitun homme •

De t autre il arrondit la perle au fond desmers.

X être au son de fa voix fut tiré du néant.

Qu il parle , & dans st instant l’unìvers varentre r

Dans les immensités de Vespace & du vide.

Quil parle , & l'univers repasse en un clind 1 œil

Des abîmes du rien dans les plaines del’être.

Voltaire, Essai fur C Histoire. {D. J.)

Poésie pa.stor.ale, voy. PastoralePoésie.

Poésie provençale , ( Poésie. ) lapoésie provençale est le langage roman-, &mérite un article à part.

Lorsque la langue latine sue nég'igée ,les troubadours , les chanterres , les con-teurs , & les jongleurs de Provence, &enfin ceux de ce pays qui exerçoient cequ’on y appeloit la Jcience paie , commen-cèrent dès le temps de Hugues Capet àromaniser , & à courir la France , débi-tant leurs romans & leurs fabliaux , com-posés en langage roman : car alors les Pro-vençaux avoient plus d’usage des Lettres*& de la Poésie , que tout le reste desFrançois.

Ce langage roman étoit celui que lesRomains introduisirent dans les Gaules,après les avoir conquises , & qui s’étantcorrompu avec le temps par le mélange dulangage gaulois qui l’avoic precede , & dufranc ou tudesque qui l’avoit suivi, n’etoitni latin , ni gaulois, ni franc , mais quel-que chose de mixte , où le romain pour-tant tenait le dessus , & qui pour cela s’ap-peloit toujours roman , pour le distinguerdu langage particulier & naturel de chaquepays ; soit le franc, soit le gaulois ou cel-tique , soit l’aquitanique , soit le belgique ;car César écrit que ces trois langues étoientdifférentes entr’elìes; ce que Strabon ex-plique d’une différence , qui n’étoit quecomme entre diverses dialectes d'une mêmelangue.

Les Espagnols se servent du mot de

POE

roman , au même sens que nous ; & ilsappellent leur langue ordinaire romance. Leroman étant donc plus universellement en-tendu , les conteurs de Provence s’en ser-virent pour écrire leurs contes , qui de-làfurent appelés romans. Les trouverres allantainsi par le monde , étnient bien payés deleurs peines , & bien traités des seigneursqu’ils visitoient, dont quelques-uns étoientsi ravis du plaisir de les entendre , qu’ils sedépouilloíent quelquefois de leurs robespour les en revêtir.

Les Provençaux ne furent pas les seulsqui fe plurent à cet agréable exercice ;presque toutes les provinces de Franceeurent leurs romanciers, jufqu’à la Picar-die , où l'on composoit des servantois ,pieces amoureuses , & quelquefois sati-riques. M. Huet, observe , qu’il est asiezcroyable que les Italiens furent portés à lacomposition des romans, par l’extmple desProvençaux , lorsque les papes tinrent leursiégé à Avignon : & même par l’exempledes autres françois, lorsque les Normands,& ensuite Charles , comte d'Anjou, frèrede S. Louis; prince vertueux, & poètelui-même, sirent la guerre en Italie : carles Normands se mêloient aussi de la scien-ce gaie.

Les poètes provençaux s’appeloient/ra/-badours , cu trouverres , & fuient en Franceles princes de la romancerie, dès la fin dudixieme siecle. Leur métier plut à tant degens, que toutes les provinces de Franceeurent leurs trouverres. Elles produisirent:dans l’ónzieme siecle & dans les fui van s ,une grande multitude de romans en prose& en vers , & le président Fauchet, parlede cent vingt - sept poètes , qui ont vécuavant l’an 1300 .

M. Rymer, dans fa short view of tragzdy ,dît que les auteurs italiens, comme Bem-bo, Speron Sperone, & autres, avouentque la meilleure partie de leur langue &dc leur poésie , vient de Provence ; & ilen est de même de l’espagnol & de la plu-part des autres langues modernes. II estcertain que Pétrarque, un des principaux& des grands auteurs italiens, seroit moinsriche, si les poètes provençaux revendi-quoient tout ce qufil a emprunté d’c-ux- Estun mot, toute notre poésie moderne viesiÇ