z 83 POE
il s’enhardit à lui déclarer fou amour par unsonnet intitulé, les chastes prières d’Arnaud :la comtesse les écouta gracieusement, &fit au poète des présens considérables. IImourut l’an 12.2,0 j Pétrarque a fait mentionde lui dans son triomphe de t Amour.
Arnaud de Coutignac, poëte provençaldu xiv siecle, devint amoureux d une damenommée íTfiiarde, à la louange de laquelleil fit plusieurs vers mais n’ayant rien pugagner fur son esprit, il alla voyager dansle Levant, asin de se guérir de sa passionpar Pabserce , & d’oublier une personnequi paroisssit prendre plaisir à ses peines.
II lui adressa un ouvrage intitulé, las Juffren-fas d'amour > & mourut à la guerre en 13Ç4.
( Le Chevalier J DE JaucoURT. )
Poésie satyrique, voyei Satyre.
POÉSIE DU STYLE, voyet STYLE, Poé-sie du , ( Poéjìe. )
Poésie d u vers , ( Poéjìe. ) voys 4Vers , Poésie du ; car la lettre P est sicsiargée , qu’il faut permettre ces sortes derenvois , pourvu q u'on n’ait pas oublié deles rtmplir. ( D. J. )
POET, f. m. ( Fards. ) gros poids donton se sert en Moscovie , particulièrement àArchange! ; il pess quarante livres du pays ,qui reviennent à environ trente-trois livrésde Paris.
POETE, f. m. ( Belles-Zettres . ) écrivainqui compose des ouvragés en vers. Le rootgrec sfíiijT'r , signifi Z faiseur , inventeur, deasctíùi, facio, firigo : c’eíì pourquoi l’on ap-pels! t autrefois les po'ëns , saufies ; & nosancêtres les nomw.oìtnt troubadour s ou trou-veurs , c’est-à-dire inventeurs , fans doute àcause des fictions qu'ils imaginent, & pourlesquelles Horace leur accorde les mêmesprivilèges qu’aux Peintres ;
Picloribus nique Poctis
Quidiibet audendi femper fuit œqua potestas.
Art poétique.
Les Romains les appeíoient rates , c'est-à-dire prophètes , hommes inspirés : auíîi Ci-céron rapporte - t - i! comme un mot deDémocrite & de Platon , qu’on ne sau-roit être poëte sine affìatusurorjs , c’est-à-dire sans un grain de folie, & Horace at~
POE
teste que Démocrite bannissoit de fHélicontous les gens sages :
Exdudit fanos Hclicone PoetasDemocritus. Art poétique.
Malgré cette prévention, les Poètes ontété estimés & honorés dans tous les siécles ;ils ont été les premiers historiens. Ancien-nement ils récitoient ou chantoient leursouvrages ou fur les théâtres, ou dans lesjardins & les jeux publics, ou dans les ther-mes ; & ils étoient en même temps acteurs& musiciens. On a même regardé leurs nomscomme synonymes à ceux de néoeore & depanégyriste des dieux. Voye 4 NÉOCORE.On regarde même les premiers d’entre eux,tels qu’Homere , Hésiode, ùc. comme lesthéologiens du paganisme. Presque tous sesont proposés d’envelopper fous leurs fic-tions & leurs allégories, des vérités 011 demorale ou de physique ; les autres n’ont euen vue que I’amusement. II y avoit à Del-phes des poètes en titre d’office , dont rem-ploi étoit de mettre en vers les oracles queles prêtres recueilloient de *a bouche de laPithie ; mais ces vers n’étoient pas tou-jours dignes d’Apollon, le dieu de la Poésie.
M. Spanheim prétend que les auteursarabes font beaucoup plus poètes que ceuxdes autres peuples, & qu’il y a plus de versécrits dans leur langue feule, que dans cel-les de toutes les autres nations.,
La Grece décernoit des statues & descouronnes au Poètes ; on n’en faisoit pasmoins de cas, à Rome ; Horace & Virgile!tenoient un rang distingué à la cour d'Au-guste ; mais soit que les Poètes se fussentavilis par la fuite , soit qu’on ne les regar-dât point comme des gens fort utiles, o*voit par une loi de Pempereur Philippe ,inférée dans le code , hb. X. tit. içi , qu«les Poètes font exclus dos immunités accor-dées aux autres professeurs des Sciences.Les modernes semblent les avoir dédom-magés de ce mépris, en introduisant î’usag*de couronner avec pompe les grands poëteí;On nommoit poëtes lauréats , ceux à, qv*l’on accordoit cet honneur ; tels ont été Pé-trarque , Eneas Sylvius, Arias Montarnis »Obrecht, le chevalier Persetti ; & en A‘Vglecçrrç Jean Iíay, Jean Gcwer, BçtrM