P O B
Î1 apprît dans fa jeunesse la Philosophiedu célébré Gassendi , & ce sut alors qu’ilCommença une traduction de Lucrèce en^ers français. II n’étoit pas feulement phi-losophe dan s la théorie , il l’étoit encoredans !a pratique. C’est cependant à ce phi-losophe , dit M. de Voltaire, que l’arche-Ve que de Paris, Harlay , si décrié pour sesm œurs, refusa les vains honneurs de la sé-pulture. I! fallut que le roi engageât ce pré-at ,à souffrir que Molière fût déposé se-crètement dans le cimetière de la petitechapelle de saint Joseph , fauxbourg Mont-* n ? rtr e. A peine fut-il enterré, que la Fon-
air jf son éoitaphe’» si naïve & si spiri-tuelle 11
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il consiste dans Fart de faire de vives im-pressions fur l’efprit & fur le cœur , enprenant une route différente de celle dulangage ordinaire. " Arranger des mots &" des syllabes conformément à certaines" lois , c’est , dit Opitz, la moindre qua-" lite du poète. II doit être t»p«*T«r<»T«T»í,» c’est-à-dire , abonder en idées sublimes» & en inventions ingénieuses ", son esprit«doit être capable de prendre l’essor le« plus élevé, de saisir ce que les objets» ont d’intéreffant, & de le peindre avec« force j fans quoi il rampe & fe traîne» dans la poussière. » Opitz, sur la poésieAllemande. Horace penfoit de mémo , lors-qu’il ne reconnoistòit pour paete que celui :
Sous ce tombeau giflent Plaute S’ Térence ,Et cependant le seul Molière y gît. .Peurs trois talens ne formaient qu unejpritDont son bel art enrichissait la France.
sont partis , & f ai peu d'espéranceDe Us revoir. Malgré tous nos efforts ,■Pour un long-temps , selon toute apparence ,
< Qj ut e ' Térence & Molière sont morts.
fl n ar ioris fur ce qui constitue véritablementle Poète.
Ce norn ne doit pas être donné indiffé-remment à tous ceux qui font des vers :
‘ M çque enìm concludere versantn , T a W e JJ e satìs. Horace , Serm. /. 4-n «lì pas plus paête pour dire des cho-ies communes en vers, qu’on n’est orateurquand on parle en conversation. II faut n'a-v.Qir aucune teinture des connoissances rela-tivesaux objets dugoût, pours’imaginerque.de, idées triviales & que chacun peutavoir tous les jours, acquièrent des beautésdu prix , lorsqu’on les assujétit aux réglés2 a versification : c’est plutôt tout lecontraire. Un langage aussi extraordinaireque 1 est celui des muses , demande néces-sairement des idees ou des scntimens ex-traordinaires , qui rendent raison de cequ’on ne s’exprime pas comme d e cou-tume. r ,
Aorès cela , u ne iaut pas placer le ca-ractère du poete dans Fart d’orner un dis-eurs pat des vers bien faits K harmonieux;Tonte X X y A
lngenium cuì fit , cui mens dívinior, atqus osMagna Jonaturum,
Assurément le langage poétique s’éloignesi fort du langage ordinaire , & donne dansun tel enthousiasme , qu’on a eu raison del’appeîer le langage des dieux : aussi faut-iíqu’il prenne fa source dans une forte d’inf-piration sécrété , qui n’est autre chose quele génie ou le talent naturel de la poésie.On a lieu de croire que la danse, la musi-que , le chant & ía poésie remontent à unesource commune. Ainsi le meilleur moyend’arriver à la découverte du génie poéti-que , c’est de nous rappeler Forigine la piusvraisemblable qu’on puisse attribuer à cesdifférens arts. {VoyesV ERS, MUSIQUE,ChàKT , Danse. ) Nous pourrons eninférer d’où est né le langage poétique , &comment l’on s’est avisé de mesurer ses
paroles pour chanter les discours en chants.Afin de saisir le lien qui unit ces trois artsdès leur naissance , il faut considérer qu’ils’’éleve quelquefois dans Famé des idées oudes fentimens qui , tantôt par leur viva-cité , tantôt par une douceur insinuante ,mais victorieuse , quelquefois par une cer-taine grandeur qu’elles tirent de la religionou de la politique , s’emparent si puissam-ment de toutes ncs facultés, qu’d en réssiltsun enthousiasme doux ou véhément , danslequel les paroles coulent comme un tor-rent , & s’arrangent tout am-r*,— »..,
dans le calme de la vie
cui est ssifrcprihse a 5 hâmune. Celui
qui à. lu.ceptiLIe de ces impressions , &
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