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qui imagine vivement & qui sent forte-ment. Le mélange inégal de ces qualités,
& les proportions variées de leurs differensdegrés , forment, avec le tempérament ,la différence des génies poétiques. Ana-créon , dans son genre, est aussi bon poete ,Çtt'Homere dans ÌQ íìsn ? mais 1 ame da poers de Téos n’etoit accessible qu’aux impres-sions des objets de la volupté ; le feu qu el-les allumoient en lui étoit une flammedouce' qui brilloit fans brûler. Quand Uentroit dans tes accès de cet enthoinjalmevoluptueux, son ame délicate voidgeoitcomme l’abeille fur les objets les plus at-tr aya:is & les plus savoureux, elle en ti-roir un miel exquis ; & tandis qu’elle s’enraítalìom , elle auroit voulu rendre tous leshommes particioans de ces oeliccs. Mais lechantre d’Achille ne pouvoit être affectéssi'.e par le grand & le terrible. II rappor-te tout aux effets de la vertu héroïque ;
^ on cela il suivoit l’impulsioa de son pro-P !f Ténie, élevé, patriotique, à qui rient plaisoff que le tumulte des armes & lesI a "des entreprises. Voilà pourquoi, quandtoviìr E âos personnages fur la feene, c estqualit-'t' 5 ^ eur grandeur , leur, force , leursdans so c ® r p°relles qu il présenté ; e estpar ]pç ^jporils éminens qu’il les place ; c estles car a A' lniei ' s efforts de la valeur qu’il
^%S- !khte, - b r rioœ ' le
«rr an jl c ® offrs nt par-tout ; & toutes ces
m á rif>" ri’W CS ne autre chose que l ame
W d Homere. A cette ardeur bouil-
i b ’ f cett ® activité prodigieuse, il joint
PJus haut degré de pénétration & de ju-
du ”^ ’ ' es richesses les plus inépuisables
- 6c de l’invention ; il ne manque
ais , ^ employer les moyens les plus pro-
> ’ j 1 îe conduire à son but ; il est en
rì’òíT.: 6 , va I* e1 ' continuellement la feene,
de c l e nouveaux personnages,
me n’eft a n i inter 1 e f îl,s > & touc son poë-
& le plwsTîvmé a 0l f ai1 p ' us magnifique„ anime dusume mi’;i o ^ r r
d y représenter , la cKe^chîlf 0 ^Avec de paieils talens un homme peutS enger en docteur, devenir l e bienfaiteurde ía nation & de toutes les nations poli-cées: car de tous ceux à qui le génie échoiten partage, il n y, c-n a point qui pu fient ren-dre déplus grands services au genre humain
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que les poetes. Leur séduisante imagina-tion prête aux objets des charmes r résis-tives ; leur jugement solide présente cesobjets fous leur véritable point de v .e ; &la force de leur sentiment est une especedc,magie qui enchante & captive ceux àqui elle se communique.
II y a plusieurs portes ouvertes > par les-quelles les poètes peuvent pénétrer jufqu’àlame, & prendre le ton qu’il convientaux circonstances : I’épopée*, le drame ,l’ode , la chanson , & plusieurs autres for-mes différentes s’offrent, & ils sont lesmaîtres de choisir celle qui s’accomrmdeà leur sujet. Tout ce qui a jamais été ditou découvert pour le bien de i’humanité,vérités, réglés de conduite , modelés demœurs, vertus, exploits , le poète est appe-lé à mettre tout cela sous les yeux des hom-mes & à l’insinuer dans leur cœur. Nullepart les hommes ne sont encore aussi éclai-rés, aussi bons, aussi purs dans leurs mœursqu’ils pourroient & devroient l’être. Ainsile poète a encore des occasions & desmoyens fans nombre de rendre d’impor-tans services.
Mais ceux qui se proposent de les ren-dre , doivent préalablement posséder lesrares talens dont nous avons parlé , & s’é-forcer d’en faire l’usage le plus noble. 11faut qu’ils emploient ces talens pour exci-ter l’attention des hommes & s’attirer leurbienveillance. Le son harmonieux des pa-roles , les portraits agréables que l’imagi-nation trace, les vives impressions du sen-timent , sont autant de charmes qui atti-rent doucement les hommes à la vertu ,qui leur font trouver du plaisir dans leursdevoirs , qui leur procurent la convictionde leurs véritables intérêts , oui amortií-fent la rigueur des coups inévitables dusort, qui diminuent l’amertume des soucis,qui tempérant le feu des passions, & quifont naître toutes bs affections honnêtes& louables. C’est ainsi qu’Orphée tiroit leshommes de î’e'tat sauvage ; que Thaïes ins-piroit Funion à des citoyens & les portoità sc soumettre volontairement aux lois -que Tyrtée menoit ses compatriotes aux
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