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des héros & de chaque particulier. Parcette route les poètes arrivent à la gloire& cueillent le laurier de l’immortalité.
Mais ceux qui bornent l’usage de leurstalens poétiques à l’amusement de l’esprit,qui ne peignent à i’imagination que des ob-jets rians , des images flatteuses, fans au-cun but, fans les taire servir à produireaucune idée , aucun sentiment, qui íáci-Jite la pratique de nos devoirs ; nous pou-vons bien les associer à nos plaisirs, com-me des gens de bonne compagnie , écouterleurs chants comme on écoute celui durossignol : mais nous ne pouvons en fairedes amis de confiance , leur accorder unevéritable intimité. Après les avoir ouïs,nous conviendrons qu’au fond ils n’en va-lorem guere la peine , & que le tempsqu'ils nous ont dérobé est à-peu-près per-du ; nous les blâmerons de se mettre enfrais d’enthousiasme & de travail pour direfi peu de choies , nous les mépriseronsmême de se consacrer tout entiers â di-rc-rtir leurs semblables ; nous ferons un pa-rallèle cntr’eux & Solon, qui s’étant mis áchanter une élégie devant ses concitoyens,leur parut en délire , mais qui avoit & ob-tint le noble but de leur donner de sagesconseils, & de leur faire prendre de salu-taires résolutions. Voyez Plutarque, Viede Solon. Nous convenons que les ouvra-ges de la plus haute importance, & qui trai-tent des choses les plus sérieuses , peuventdevenir beaucoup plus efficaces , íi l’on faitles revêtir des omemens , & y répandre lesagrémens dont ils font susceptibles. Noussavons que c*est à cet art enchanteur qu’Ho-mere doit l’éloge qu’Horace lui donne ,lorsqu i! assure qu’il surpasse par la forcepersuasive de ses ensoigncmens, les plusgrands philosophes :
Quicquid su pulchrum , qui d turpe , quìdutile , q m d non ,
J?Un:us ac tneliits Chryfippo & Crantoredìcit.
Horat. Epijl. I. %.
Néanmoins, quand nous accordons auxpoetes simplement agréables , une place ho-norable parmi les hommes qui ont de l’intel-hgence & des mœurs , ççla s’étend pas è
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ceux qui débitent des choses également con-traires au bon sens & aux bienséances , &qu’on.peut comparer aux grenouilles quicroassent au fond d’un marais bourbeux.Le nombre de ces rimailleurs est si grand ,qu’ils exposent la poésie en général â êtreregardée ccmme un talent futile & commeune occupation méprnable : ce sent eux quiont attiré au plus noble de tous les beauxarts Taccablant reproche dont Opitz gémit,& qui s’aggravc tous les jours de plus enplus, au détriment de cet art divin. Le perede la poésie allemande , dit, “ que quan-r> tïte de gens regardent un poète commew un homme de néant, & ne le croient bon" à rien , n’étant pas capable de l’applica-» lion sérieuse qu’exigent les grands em-» plois , qu de 1 assiduité requise pour le» commerce & les professions, parce quen toujours absorbé dans les agréables folies ry> dam ses voluptés séduisantes , rien nen rintéreffe, à moins qu’il ne s’y rapporte,» & on í’invite en vain à entrer dans lesw routes qui conduisent aux autres arts fie» aux sciences , à se distinguer par des ta-» lens & des services qui puissent lui faire,, un véritable honneur, & procurer une„ utilité réelle. Oui , cela va juí'qu’à ne„ point corsnoìtre cl''injure plus grande â” ffilre à quelqu’un que de dire qu’il est unn poète ' ccmme cela est arrivé à Erasme de” Rotterdam , que de grossiers adversaires" °nt ainsi qualifié. . . . Avec cela , en réu-» nissant tous les mensonges que les poètes” débitent, tout ce qu’il y a de scandaleux» dans leurs écrits & dans leur vie , on net> vient jusqu’á dire que quiconque est bon» poète , ne peut qu’être en même teins un" méchant homme. » Opitz, dans le troisiè-me chapitre ae son livre jiir la poéjie alleman-de. Les plaintes que le jésuite Strada faisoitfur les abus de lapoésie de son tems, peuventêtre repérées dans le nôtre : Adeo defiormiaù fada carnûnum portent a nojlra kœc xtas vì-det, adto pofiremi quique poetarum lutuhntifluunt haut iuntque de face ; ut fianclum poets*olirn nomen timide J.irn a bonis ufiurpetur , pt~rinie quasi honefio ingenuoque viro poctam fiatIman convia o ac dehonejlamento fiit. Strada >Proluf.Acad. L. I. prol. 3.
11 y a cependant dans ces objections u»ZttM &a,4 íi’ignoraucy , ou un grand perw