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ce titre , peut aussi prétendre à feshme &
aux égards de fa nation.
On fait de maniéré à n’en pouvoir douter,que i es anciens Germains ont eu leurs bardes,quoiqu’íì ne relie aucun vestige de leur poé-sie. Les chants d’Oísian , ancien barde Calé-donien , duquel nous pouvons tirer des con-séquences fondées par rapport aux bardesGermains, donnent lieu de croire que lespoéíies de ceux-ci ne manquoient ni de cefíu qui rend le récit des actions héroïquespropre à échauffer les cœurs, ni même dansbien des occasions , des grandeurs & desbeautés qui font propres aux sensations mo-rales. Mais leur langue n’étoit pas assez ri-che , afìêzflexible, assez harmonieuse, pourque leurs productions puisent égaler cellesde ce peuple dont le langage avoir été per-fectionné par les avantages dont la natureLavoir doué par-deffus tous les autres peu-ples , & qui consistoientprincipalement dansla finesse du goût & dans une sensibilité ex-quise. Autant que le climat de laGrece Lem-porte sur celui des contrées septentrionales,autant le langage & Limaginatioa d’Homeresont-ils au-deíliis de tout ce qu’offrent leschants des bardes. Les plus anciens monu-raens de lalangue allemande prouvent qu’ellen’étoif pas propre àun style soutenu & harmo-nieux. Ceîaíaifoít queiareligion &les mœursdes anciens Germains n’avoient point cesagrémens qu’on trouve dans la religion &dans les mœurs des peupíesíòrtunés qui vécu-rent autrefois fous le beau ciel de la Grece.
Après les bardes, que Lintroduction duchristianisme fit probablement disparoître,il y eut d’autres poètes , encouragés peut-être par la protection des chets des diversétats de la Germanie, qui ne chantèrentplus , à la vérité , des exploits arrivés fousleurs yeux, mais qui conservèrent le sou-venir des anciens événemens, & transmi-rent les services personnels que d’illustrespersonnages avoient rendus à leur patrie ,pour servir de motifs qui engageassent lapostérité à les imiter. Le commencementde Lancien poème connu fur sainte Anne >qui, suivant toutes les apparences, est uneproduct; on du XIII e siecle , fait ccnnoîtrequels étoient les objets que les poètes destemps^immédiatement antérieurs, avoientchantes. " Nous avons , dit le poète , sou-
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y> vent entendu célébrer d’anciens évérre-» mens, raconter combien les héros étoiento ardens dans les combats , comment ils» áctruisoient les châteaux les plus forts ,a comment ils rompoient la paix & les trai-» tés ; combien de rois puissans ont suc-" combé fous leurs coups : à présent i! est» temps de penser à notre propre fin
W ìr horten je dikke singeaVon alten Dingen ,
XV ie snelle heiide ivuthen ,
W iefie vífie burge brechen ,
W ie fiich litbe in vuiniscefiescbkden ,
XV ie riche Kiinige cl £ egiengen.
Nu ist cith da\ wir dencken ,
W te wir jeli'e suiin enden.
On peut aussi inférer du même passage ,que les poésies fur des sujets religieux ,n’éroient pas encore d’ufage , & jtstqiLalorson rfavoit été occupé que des guerres &des combats. S’il est permis de juger parl’ouvrage qu’on vient de citer, de l’état dela poésie allemande dans ce temps-là, iîparoi r que ces anciens poètes n’avoientguere de génie poétique , ni de vivacitéd’imagination, & qu’avcc cela leur langueetoit encore trop bornée. Mais depuis queM. Bodmer , ce savant infatigable , & quia rendu à la littérature allemande & auxprogrès du goût, des services dignes d’uneeternelle reccnnoissance, a répandu par lavoie de i’impression , la connoissance desanciennes poésies, on voit que c’est dansîes siécles XII. & Xlïi. rue la poésie alle-mande a véritablement sieuri. Les empe-reurs de ia maison de Souabe y ont fansdoute beaucoup contribué ; & c’est leurexemple qui a fait régner parmi ia noblesseallemande , la politesse , le goût & i’a-mcur de la poésie. Nous avons conservéun très-grand nombre de poèmes de cestemps-ià. La feule collection , dite Mancsti'çue , voyez Sammhing von Mincfingern, au sdem Schwxbisichen Zeitpunâe , CXL. Dichte reníhaltend, íkc. Zurich , bey Orellund Comp-1758, 2. vol. i/z-4 0 . cette collection, dis-je , renferme clés ouvrages de centrante poètes , parmi lesquels iî y en a d tlpremier rang, comme l’empereur Henri»
îe roi Conrad , le roi de Bohême V/# 1 '