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Tome vingt-sixième.
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tume des disputes théologiques " cju’ausagremcns des objets de {'imagination & dusentiment. Les deux Strasbourgeois, JeanFischart & Sebastien Brand, qui vécurents la sin du XVe siecle & au commencementdu XVI e , quoiqu’ils fussent l’un & F autrevéritablement doués du génie poétique , neíìrent aucune impression fur leurs contem-porains ; & leur exemple prouve suffisam-ment que tout étoit alors contraire à la poé-sie. Les gens du grand monde ne s’en sou-doient plus : elle avoit été abandonnée à lamerci du peuple qui l’avoit cruellement dé-figurée , & mise dans I’état où on la voieencore dans les œuvres de Hans Sacbse.

Dans la premiere moitié du XVII e , parutMartin Opitz , que les poètes récens del’Allemagne regardent comme le pere de lapoésie renouvelée. II avoit non-seulementîe génie d’un poète, mais il connoissoit suf-fisamment les anciens, pour se former sureux ; & avec cela, il savoir la langue demaniéré à joindre à la pureté & à la force•des expressions , l’harmonie & la cadencedes mots.

Après un aussi long espace de temps ,pendant lequel la poésie allemande avoit étéplongée dans ia barbarie , ce grand poèteétoit non seulement capable d''exciter parson exemple d’autres beaux génies à cul-tiver la vraie poésie , mais encore à eninspirer le goût à toute la nation : cepen-dant ni l’un ni b autre arriva. 11 se passa■encore près d’un siecle pendant iequell’AI-ïemagne , quoiqu’elle eût sous ses yeux lescheí-d’ecuvres d'Opitz , remplis des penséesies plus heureuses & des expressions les pluscoulantes , produisit une foule de mauvaispoètes qui ne méritaient aucune attention,ni par le choix des sujets , m par la ma-niéré de les traiter ; & bien qu’on entrevîtpar-ci, par-li , quelques étincelles de géniepoétique, par exemple, dans les petites pie-■ess d’un Logau & d’un Wernicke, celan’em-pêchoit pas que toute la littérature alle-mande , ne fût infectée d’un double vice ;savoir , d’un côté , de l’amour puérile dufaux merveilleux , & de f’autre, d’un goûtbas & tout-i-fait populaire.

Cen’est donc que vers le milieu de ce sié-cle,,qu’on a vu le génie le plus brillant s’élan-©eravec véhémence, à travers l’épaiíseur de

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ces ténèbres > & que I’Aîlemagne a donnédes preuves démonstratives qu’elle renfer-moit dans Ion sein des critiques & des poè-tes da premier ordre. Bodnier , Haller ,Hagedorn ,^one été les’premiers qui ontlevé de dessus cette contrée l’opprobre déla barbarie poétique. Depuis trente ans ,nous avons vu naître les pins beaux génies ,des poètes également recommandabîes parleurs agrémens & par leur force ; nous nepouvons plus douter que le méme feu cé-leste dont Homera , Pindare &z Horacefurent animes, ne soit descendu d’en-hautsur PAilemagne. Tout cela semble nouspromettre actuellement un beau siecle pouria poésie allemande. Mais l’esprit & iafaçon de penser de cette partie de la na-tion , dont les suffrages pouvoient procurerde la gloire aux poètes, & donner à leursproductions une véritable influence fur lecaractère & les mœurs des hommes ; cetelprit, dis-je , & cette façon de penserne se manifeste pas encore. Peut - on es-pérer que ceux , sans le secours defque’sIa poésie demeurera toujours le simpleamusement dun petit nombre d’amateurs,seront enfin ce que l’on attend , & ce quel'on a droit d’attendre d’eux ? Verra-t-onle temps où le sentiment délicat du bon &du beau , se répandra &: prévaudra telle-ment chez la partie Ia plus considérable dela nation , qu’il remplacera Pancien espritde chevalerie , & cette galanterie héroï-que qu’infpiroientautrefois les poètes Soua-bes ? Les poètes allemands paroîtront-i!senfin des hommes impertans aux yeux decette partie de la nation ? Existera-t-il despoètes qui ne soient pas simplement excitéspar la vivacité du génie & par l’ardeur de lajeunesse à l’étude & à.i’imitation des beau-tés Cju’oflrent les anciens, mais qui ferontvivifiés eux-mérnes par le génie poétiquequi inspira Homere , Sophocle , Euripide,St fur lequel roulent les magnifiques odesd Horace au peuple romain ? Lib. JfJ *Ode § ct 6 . Epod. 7 ct iG. La postéritépourra répondre un jour d ces questions.

( Cet article est tiré de la théorie généraleBeaux-Arts de M. de Suixee.. )

POETE COURONNÉ , ( Lutérat. ) P n 'sage de couronner les poètes est presqst^aussi ancien que la poésie méme ; mais "