POE
Kt dans l’Enéide , en parlant du trait foibleque lance le vieux Priam :
Sìcfatus senior : telumque imbelle fine icluCoajecìt , rauco quod pr ot inus acre repulsum ,Et summo clypei nsquicquam umbone pe-pendii .
Nous n’omettrons point cet exemple tiréd Horace :
Qua pìnus inpens , albaque populusUnihram hofpitalem conjbciare amantRatnis , & obliqua laboratTymphasugax trepidare rivo.
S’agit-ìl de décrire un athlete dans lecombat ; les vers s’élevent, se courbent ,e dressent , se brisent, se hâtent, se roi-uient, s’alongent à rimitation de celui°ci i! . s représentent les mouvemens.dre âe baillenaens, d 'hiatus, depein-
bá at) ^ ue ' < ï ue monstre à cinquante gueules
lnìu qUaeinta atris immanis hiatìbushydrC)1 habet sedem.
Faurqj
k Perdent ! j^ re ^ es cr * s Couleurs quichaînes : “ ans les airs, les cliquetis desdïinç exaud' •
Verbera - r ‘ S°mìtus , & fievasonare
• tUr nstrìd or fer ri, trachxquecatence,
Cltérai ‘ )e ces ver s de Despréaux.
S , enr? n> rr' !es verme H s & brillons de santé ,"Sratfo'ent dune longue & sainte oifi-
kfcCf Cít à -
«ai- )e l esversdelamolleíres
Soupire , étend íes bras
s endort. ’ J er,7l e l ail fi-
Mais i’en appelle â ceux oui om- ,>
le plaisir de cette leníation , ce n’est po ;^pour eux qu’on a cité ces exemples q 'har-monie poétique entre tant d’autres.
Tome XX H.
POE 4 op
Quant à ce qui regarde k'harmvnie duvers, en tant que composé de syllabes ré-glées paf des mesures , & soumises à desréglés fixes & positives , voycq V E R S{D. J.)
POETIQUE , STYLE , ( Poésie. ) il con-siste dans des images ou des figures hardies,par lesquelles le poète imitateur parfaitpeint tout ce qu’il décrit ; & donnant dusentiment à tout, rend son image vivante& animée. Ce style poétique , qu’on appelleautrement flyle deficlìon , inséparable de laPoésie, & qui la distingue essentiellementde la prose , est le style & le langage de lapassion ; c’est-à-dire, de cet enthousiasmedont les Poètes se disent remplis.
Le flyle poétique doit nan-feulement frap-per , enlever, peindre, toucher, mais mê-me ennoblir des choses qui n’en paroistentpas susceptibles. Rien de plus simple quede dire que le vers iambe ne conviendroitpas à la tragédie , s’il n’étoit mêlé de spon-dées ; c’est ainsi qu’on parleroit en prose ;mais Horace, en qualité de poète, person-nifie l’iambe, qui, pour arriver aux oreil-les d’un pas plus lent & plus majestueux ,fait un traité avec le grave spondée, qu’ilassocie a l’héritage paternel ; à conditionqu’il n’usurpera ni la seconde » ni la qua-trième place.
Tardior , ut paulo , gravìorque veniret aiaures
Spondceos stabiles , in jura paterna recepit jCommodus & patiens , non ut desedesecundoCederet , aut quarta socialiter.
De même lorsque Boileau veut nous a ap-prendre qu’il a 58 ans, il se plaint que lavieillesle
Sous ces faux cheveux blonds , déjà toute che-nue
A j été fur fa tête avec ses doigts pesonsOn{e luflrùs complets surchargés de trois ans.
Le flyle poétique abandonne les termesnaturels pour en emprunter d’étrangers : ilparle le langage des dieux dans TOlympe ;& quand ,1 chante les combats, on croitvon- Marsou Be lone. Enfin dans le style
poétique qui est fait pour nous enchanter,
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