Band 
Tome vingt-sixième.
Seite
689
JPEG-Download
 

P O N

ï-esbois dont on se sert dansla charpen-seric nous viennent principalement desProvinces de Lorraine, de Champagne ,^'Bourgogne, de Brie, de Picardie, de•Normandie, & quelques autres; les unsPfr charrois, les autres par bateaux, &® autres encore par flottes, selon la com-modité des rivières qui les amenent, quel-quefois à fort peu de frais : ils arriventOrdinairement à Paris tout débités , de^'fférens calibres, c’est - à - dire , en piecesMarrées, en planches, en voliges, marn-ons , lattes , échalas & autres ; le Bour-^onnois & le Nivernois en fournissenta ' lì ffi, mais non en grosses pieces, parceMe les rivières de ces endroits là ne peu-Mnt en permettre la navigation : la pro-Jjmce d’Auvergne & ses environs fournif-j ,sl 'ent autrefois beaucoup de sapins pour10 charpenterie , mais depuis que l’on n’enEmploie plus, le commerce en est cessé.Le chêne est de tous les bois celui quil'e plus en usage dans cet art : on em-P'Oyoit beaucoup autrefois le sapin & lechâtaignier; on sc sert encore quelquefois, ]mais fort rarement, de bois d’orme, decsene, de hêtre, de charme, de tilleul,Peuplier , de tremble, d’aune, de noyer,do poirier, de cormier, nefïìiers, sauva-geons, alisiers, & autres. Tous ces boisle réduisent à trois especes différentes : laPremiere font les bois taillis ; la seconde ,os bois baliveaux ; & !a troisième , les boisde futaie. Les bois taillis font ceux qui ne jjasent point Page de quarante ans , & que'On coupe pour mettre en vente. Les bali-^eaux sont ceux qu’on a laissés fur pié après^ .coupe, dont les principaux ou maîtresrj ns se nomment baliveaux sur souche ; on*Ppetìe encore baliveaux sur taillis'ceux quiMt depuis cinquante jufqu’à quatre-vingtLes bois de futaie font de trois sortes :

0 Premiere, que l’on appelle jeune ou base- ,fy\aìe, dont les arbres font de quarante àlo ixante ans; la seconde, que l’on appelle'ç°yenne ou demi-smaie , dont les arbres ;*°nt de soixante à cent vingt ans; .& l ar °isieme, que l’on appelle grande ou kaute-'tetaie, dont les arbres font de cent vingt ou.

cens ans ; après ce temps on les appelle' de vieille-futaie , parce qu’alors les bois '• Pouvant plus profiter, & commençantZW XXV L

P O N 6§A

à dépérir par leur trop grande vieillesse,ils ne font plus propres à rien.

fl n’est pas moins dangereux de laissertrop vieillir les arbres, que de les coupertrop jeunes, puisque dans le premier cas ilsn’ont plus ni force ni vigueur, & que dansle dernier ils sont trop petits & fans force;c’est donc depuis cent vingt jufqu’à deuxcens ans qu’est le temps le plus propre pourleur coupe.

Des temps propres pour la coupe des bois ,& de la maniéré de les couper. Pour éviter detomber dans l’inconvénient d’employer lesbois trop vieux ou trop jeunes, il faut,avant que de les couper, avoir une con-noiíTance exacte de leur âge, en s’infor-mant d’abord aux gens des environs dutemps de leurs différentes plantations. &de celui de leur derniere coupe, ou bienencore par soi-même en en sciant quelques-uns par le pié , & comptant les années deleur pousse par le nombre de cercles qui setrouvent marqués fur 1e tronc depuis lecentre.

II est aisé de concevoir que tous les végé-taux reçoivent leur nourriture de la terre;que c’eft par le plus ou moins de certenourriture qu’ils accroissent ou dépérissent,puisque l’automne les dépouille toujoursdes fruits & des feuilles qu’ils avoientreçusdu printemps: la raison est que la fraî-cheur de ce temps venant à dissiper la sevequi les entretenoìt, empêche le cours or-dinaire de leur nourriture, ce qui fait qu’ilsdemeurent dans l’inaction pendant les hi-vers ; c’est alors que les pores du bois seresserrent & se raffermissent, jufqu’à ceque la terre venant à s’échauffer de nou-veau par les douceurs du printemps, fournitune nourriture nouvelle qui , travaillantavec une telle vivacité entre le bois &lecorce, forme autour de l'arbre une cein-ture d’un nouveau bois , qui est un descercles dont nous venons de parler & celuide la derniere année.

Le temps le plus propre pour la coupedes bois, dit Vitruve., est depuis le com-mencement de l’automne jufqu’au prin-temps, c’est-à-dire, depuis le mois d’oe-tobre jufqu’au mois de mars , & sur-taucdans les derniers quartiers de la lune, afitiqu’ils ne soient pas fi sujets 1 être mangés