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Tome vingt-sixième.
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P O N

P a gnie â qui j’ai l’honneur de parler. (Cé-to it Pacadémie des Sciences. )

Laissant donc là ce détail, je deman-derai seulement si tout est trouvé ; si Partde la guerre a atteint dans toutes ses par-mes le dernier point de la perfection, s’ilEn est de toutes les machines qu’on em-ploie , ainsi que des canons, des mortiersa bombe , des fusils, & de quelques au-tres armes dont il paroît que les effets*?nt tels qu’on le peut deíirer, & à lantnplicité desquelles il semble qu’il ner este rien à ajouter.

Avons-nous des ponts portatifs tels que'nous les concevons possibles ; nos arméesftaversent-elles des rivières qui aient quel-que largeur, quelque profondeur & quelquesapidité, avec la facilité, la promptitude** la sécurité qu’on doit se promettre d’unePareille machine ? On n’établit pas un pont*ut des eaux pour s’y noyer ; savons-nousc °nstruire d’alsez grands ponts pour qu’une‘jjjmée nombreuse puisse passer en peud’heures d’un bord à l’autre d’une riviere,d assez solides pour résister à la pesanteur !des plus grands fardeaux , & d’aslèz facilesa Jeter pour n’être pas arrêtés un tempsConsidérable à cette manœuvre ?

4, A m’en rapporter â la connoissanee queJ ai de l’état des ponts portatifs parmi nous,

■dt aux vains efforts qu’on a faits jusqu’àPrésent pour les perfectionner , je jugenous sommes encore loin du but.

* °ute notre ressource est dans des pon-to ns, quj n ’ont ni la grandeur , ni la com-modité , ni la solidité requises. On jetteUr ces frêles appuis des pieces de bois in-sormes, & on couvre ces pieces de plan-ches en désordre. Voilà la chaussée sur^quelle on expose l’officier & le soldat;a uíh arrive-t-il souvent que le pont s’ou-^ e , & qu’une troupe d’hommes, destinés. bien résolus à vendre cherement leurVle à l’ennemi, disparoît sous les eaux.

Ont-ils eu le bonheur d’échapper à cedanger ? Autre embarras : les grosses ar- '*dos dont ils ont besoin, soit pour atta- ;? lle t, soit pour se défendre , ne peuvent i? S suivre. Avant qu’ils aient du canon , il ;5 ut construire un pont en réglé , c’est-à- jf 6 ’ jeter des bateaux, fixer ces bateaux <bernent quellement par des cables; seTome XXVI.

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transporter dans quelque forêt, se pour-voir des bois nécessaires ; & cependantl’armée qui occupe l’autre bord de la rivièredemeure à la merci d’un ennemi bienpourvu des armes dont elle manque, dumoins c’est ainsi que je conçois que leschoses font. Lorsqu’on nous a annoncéqu’on a construit fur une riviere la têted’un pont , il s écoulé plusieurs jours avantque nous apprenions que la grosse artille-rie a passé.

On n’en est pas à sentir toute I’impor-tance de ces inconvéniens, ni à cherchertous les moyens d’y remédier ; mais on enest encore à réussir, la plupart de ceuxqui s’y font appliqués s’étant occupé à com-battre des obstacles qu’il s’agiffoit éluder ;plus ils ont connu la force & les capricesde l’élément auquel ils avoient à faire »plus ils l’ont redouté. Qu’en est-il arrivé ?qu’au lieu de travailler à amortir , pourainsi dire, ses essores, en y cédant ils se sontexposés à toute leur énergie par une résis-tance mal entendue. Au lieu d’imaginer! une machine souple & d’un méchanisineanalogue à la nature de l’agent qu’ilsavoient à dompter, ils ont mis toute leurespérance dans la roideur de celles qu’ilsont méditées ; mais pour obtenir cetteroideur dans un degré suffisant, il falloirou accorder considérablement à la pesan-teur , ou risquer de construire un pont tropfossile, si on craignoit qu’il ne fût troppesant. Tous font tombés dans ce dernierinconvénient; les eaux ont brisé les espe-ces de digues qu’on leur opposoit, & j’oseassurer qu’il en sera toujours ainsi toutesles fois qu’on luttera contr’elles avec unemachine inflexible & roide. Construire unpont , inflexible,capable d’une constructionprompte & facile, & en état de porter leígrands poids qui suivent une armée, pro-blème presque toujours impossible.

Comme nous en sommes encore réduitsaux pontons, & qu’on ne fait aucun usage 1des ponts portatifs ou autres qu’on a pro-posés juftfu’â présent, il seroit inutile d’en-trer dans le détail de leurs défauts. On agrand besoin de ponts à l’armée ; on n’en apoint : tous ceux. qu’on a imaginés sontdonc mauvais ? Voilà qui suffit.

Voyons maintenant si j’aurai- tenté plusYyyy