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Tome vingt-sixième.
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íystême général. » Ejsai sur le mérite &la vertu.

De ces principes il réíulteque la popula-tion en général a dû être constante, &qu’elle le fera jufqu’à la fin ; que la íommede tous les hommes pris ensemble est égaleaujourd’hui à celle de toutes les époquesque l’on voudra choisir dans l’antiquité , &à ce qu’elle fera dans les siécles à venir ;qu’enfin à l’exception de ces événemensterribles où des fléaux ont quelquefois dé-vasté des nations , s’il a été des temps oùl’on a remarqué plus ou moins de raretédans l’efpece humaine , ce n’est pas que fatotalité fe diminuoit, mais parce que lapopulation changeoit de place , ce qui ren-doit les diminutions locales.

Ces déplacemens font bien marqués parce qui est arrivé lorsque des conquérans &des nations guerrières ont ravagé la terre ;on a vu les peuples du midi reculer jusquedans le nord , & revenir occuper la placequ'ils avoient quittée , ou d’autres dansdes climats favorables, auísi-tôr que laviolence & l’oppreísion ceífoient. II estclair qu’alors ce n’étoit qu’une partie dela terre qui fe dépeuploit pour en peuplerune autre ; & c’esl, si l’on y prend garde,ce qui arrive â-peu-près dans tous les temps.Ceux de dévastation cauíènt certainementde grandes pertes à l’eípece ; mais tandisqu’elle les éprouve dans une partie dumonde, elle fe multiplie dans les autres ,& répare même ses pertes avec accroisse-ment dans celles qui ont été dévastées :dans les temps de repos qui suivent ceuxde ces calamités , les hommes ne sententjamais autant le besoin qu’ils ont les unsdes autres qu’après ces désastres , dont lemalheur commun les rapproche & ranimeen eux le sentiment d’affection si favorableà la propagation.

Tout ce que rapportent les historiensde l’antiquité , fondé fur des instans &des cas particuliers, a bien peu de forcecontre des loix éternelles & générales ;d’ailleurs les faits qu’ils avancent iont-ilsincontestables? Hérodote, témoin oculairede ce qui íb passojt en Egypte , & mêmedes embaumemens qu’il a décrits d’unemaniéré si incorrecte, dit lui-même qu’il

garantit pas une grande partie de ce qu’il

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écrit. Comment concilier l’obférvation dîThucidide , qui remarque que les Grecs nsmenerent au siégé de Troie que 100810hommes , parce qu’ils craignirent de man-quer de vivres dans un pays étranger, avecces millions d’hommes armés que donneDiodore de Sicile à Ninus & à Sémiramis ?Etoit-il plus ailé de faire subsister ces mul-titudes que les 10081s grecs qui furent ausiégé de Troie ? On trouve dans Xénophon,que l’armée d’Artaxerxès , contre laquelleil combattit avec les Grecs qui étoienr danscelle du jeune Cyrus , étoit de laccocohommes: il ne dit en aucun endroit quyTait vue , mais feulement qu’on la faifoitmonter à ce nombre ; & dans l’histoír ede la retraite des dix mille , on voit qu’usont traversé plusieurs déserts immenses q uifaisoient partie de l’empire des Penes. Okon ne peut pas dire qu’un royaume où »le trouve de si vastes régions inhabitées »soit abondamment peuplé.

César, dans le dénombrement qu’íl fa )£des habitans de la Gaule, parole moin*éloigné de la vérité; on en trouveicit prei-que le même nombre encore aujou.rd'b utdans les pays que comprend ce dénombre-ment. Cela doit servir à prouver combieflil faut fe défier de ceux que nous ont laineles autres historiens de l’antiquité. Ne de-vons-nous pas croire en effet que DicdoJ 8de Sicile &: les autres ont été trompésde faux calculs & des récits peu fideies-Qui est-ce qui, dans l’avenir , ne croira p 8 ?pouvoir asiurer , d’après les calculs de Vol'luis & la géographie d’Hubner, que l’Eu-tope, au íeizieme siecie , n’étoit peuplasque de trente millions d’habitans, appnj^fur-tout du témoignage du célébré Mon-teíquieu ?

Convenons cependant, nous Pavons dej*dit, que les anciennes nations P°^ c .? e fpouvoient être plus nombreuses que cestedes temps modernes ; nous en pouvonjuger parles Grecs & par les Humains, “l’état defquels nous sommes plus allures- ^est certain aussi que les nations actue ^qui les ont remplacées dans la postewodes arts & des sciences, le íont moins ei *mêmes qu’elles ne l’étoient autrefois.

La raison de cette différence est e ?.ment celle qui est arrivée dans les rehg 100 *