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Tome vingt-sixième.
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«lie fera gênée par les loix & par la vo-lonté-du souverain, moins ces ioix seronttransgresses, & plus le souverain fera sûrde la fidélité & de l’obéiísance de ses peu-ples. C’est quand l’autorité exige des cho-ses contraires au droit naturel, Lc auxconventions de la société que l’obeifsanceest pénible & qu’elle se refuse, alors on secroit obligé de punir la désobéissance,l’autorité prend la place de la loi, on soup-çonne la fidélité des sujets qui suspectent àleur tour l’autorité. Tous les liens qui for-tnoient la société se rompent, le pouvoirarbitraire s’établit, & l’amour du souve-rain & de la patrie s’éteint.

Les hommes ne naissent point où laservitude les attend, ils s’y détruisent.Voyez chez les despotes ; pour qu’ils semultiplient, il faut que leur liberté ne dé-pende que des loix , qu’ils n’aient à crain-dre qu’elles ; & qu’en les observant, cha-que citoyen ne puisse être privé de la«enne.

On peut offenser trop de monde , il esttrop facile de devenir coupable ou d’en©tre soupçonné, quand il est fi facile d'of-fenser les loix , le prince & la religion. Lasuperstition, l’ignorance, les haines particulieres l’envie, la calomnie & l’intérêtfont autant de dangers qui menacent fanscesse la liberté de l’homme de bien; celuiqui aura le plus de mérite y fera le plusexposé , comme le plus à craindre pour lesPstites âmes. Blâme-t-on en elles quelquesvices ou quelques ridicules, auífi - tôt lesloix , le prince & la religion font en dan-ger ; ce font ces trois puissances qu’onattaque dans leurs personnes, & elles fontintéressées à les venger. „ Un homme avoirfait un libelle contre les ministres d’un roid’Angleterre, on dit qu’il avoir ma! parlédu gouvernement ; il fut condamné aupilori. Le monarque le vit en passant , Mdemanda la cause de ce châtiment, on lalui apprit. Le grand sot, dit le roi, quene faisoit - il son libelle contre moi , onne lui auroit rien fait Combien de foisf autorité a servi de cette maniéré les ani-mosités personnelles? Sc combien ces abus,.qui ne laissent aux citoyens qu’une libertéPécaïre à ia merci de quiconque veut

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l'attaquer, ne doivent-ils pas disperser leghommes ?

La justice & la douceur du gouvernementles rendront toujours nombreux. Le con-traire peut les porter par I’humanité à desexces dont Humanité même frémit. Lesremmes de 1 Amerique se faîsoient avorterpour que leurs enfans n’eussent pas desmaîtres aussi cruels que les Espagnols.

Les Saxons fe firent mastàcrer plusieursfois pour les droits naturels dont Charle-magne vouloir les priver. Louis le Débon-naire son fils leur rendit ces droits , & ceíuc !e plus bel acte de son régné : les Saxonslui furent toujours fideles.

Ceux qui ont dit que plus les sujets croientpauvres, plus les familles étoient nom-breuses ; que plus ils étoient chargés d’im-pôts, plus ils fe mettoient en état de lespayer , ont blasphémé contre le genrehumain & contre la patrie ; iìs fe fontdéclarés les plus cruels ennemis de l’un &de l’autre en insinuant des maximes quiont toujours causé, & qui causeront à jamaisla destruction des hommes & la ruine desempires. II falloir les réduire dans la cruelleindigence ou ils vouloient que fussent leursconcitoyens , afin de leur apprendre qu’a-vec un mensonge ils avoient dit une atro-cité qui méritoit peut-être une plus grandepunition. A quel excès l’intérêt & l’ambi-tion avilissent, puisque la bassesse & la flat-terie à laquelle ils portent peuvent dégra-der la nature humaine jufqu’au point des’outrager el!e-méme! O Henri ! c’est con-tre tes enfans que ces maximes homicidesont été prononcées! ton oreille n’en eûtpoint été souillée ! les meurtriers de tessujets ne t’euíîent point approché !

L’excès des tributs anéantit la liberté,éteint toute émulation & tous sentimenspatriotiques, décourage les hommes & les.empêche de fe reproduire ; l’extrême pau-vreté conduit au désespoir ; le désespoir àPaccablement; l’accablement à la paresse& à l’indifférence de tout bien.

Comme la société a ses avantages aux-quels doivent participer tous les meublesqui ia composent, elle a ses charges auífiqu’il est juste qu’ils supportent. Chaquecitoyen est obligé de lui fournir sa contri-bution dç travail L sa part des impôts que