DU SYSTEME DU M O N D E. i5
CHAPITRE III.
Du temps et île sa mesure.
Le temps est, par rapport à nous, l’impression que laisse dans lamémoire, une suite d’événemens dont nous sommes certains quel’existence a été successive. Le mouvement est propre à lui servirde mesure; car un corps ne pouvant pas être dans plusieurs lieuxà-la-fois, il ne parvient d’un endroit à un autre, qu’en passant suc-cessivement par tous les lieux intermédiaires. Si l’on est assuréqu’à chaque point de la ligne qu’il décrit, il est animé de la mêmeforce; il la décrira d’un mouvement uniforme, et les parties de cettedroite pourront mesurer le temps employé à les parcourir. Quandun pendule, à la fin de chaque oscillation, se retrouve dans descirconstances parfaitement semblables, les durées de ces oscillations,sont les mêmes, et le temps peut se mesurer par leur nombre. On.peut aussi employer à cette mesure, les révolutions successives dela sphère céleste, dans lesquelles tout paroît égal ; mais on est una-nimement convenu de faire usage pour cet objet, du mouvementdu soleil dont les retours au méridien et au même équinoxe, for-ment les jours et les années.
Dans la vie civile, le jour est l’intervalle de temps qui s’écouledepuis le lever jusqu’au coucher du soleil : la nuit est le temps pen-dant lequel le soleil reste au-dessous de l’horizon. Le jour astrono-mique embrasse toute la durée de sa révolution diurne; c’est l’inter-valle de temps, compris entre deux midis ou entre deux minuitsconsécutifs. Il surpasse la durée d’une révolution du ciel, qui formele jour sy déral ; car si le soleil traverse le méridien au même instantqu’une étoile ; le jour suivant, il y reviendra plus tard, en vertu deson mouvement propre par lequel il s’avance d’occident en orient;et dans l’espace d’une année, il passera une fois de moins que l’étoile,