Buch 
Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
Entstehung
Seite
18
JPEG-Download
 

il EXPOSITION

Si l’on fixoit la longueur de l’année, à 365 jours; son commen-cement anticiperait sans cesse, sur celui de l’année tropique, et lesmois parcourraient, en rétrogradant, les diverses saisons, dansune période d’environ i5o8 ans. Cette méthode, en usage autrefoisdans l’Egypte, ôte au calendrier, l’avantage d’attacher les mon ;tles fêtes, aux mêmes saisons, et d’en faire des époques remarquablespour l’agriculture. On conserve cet avantage précieux aux habi-tans des campagnes, en considérant l’origine de l’année, comme unphénomène astronomique, que l’on fixe par le calcul, au minuitqui précède l’équinoxe vrai du printemps ; mais alors, les annéescessent d’être des périodes du temps, régulières et faciles à décom-poser en jours ; ce qui peut répandre de la confusion sur l’histoireet la chronologie déjà fort embarrassées par la multitude des ères,et ce qui rend l’origine de l’année, que l’on a toujours besoin deconnoître d’avance, incertaine et arbitraire, lorsqu’elle approchede minuit, d’une quantité moindre que l’erreur des tables solaires.Pour obvier à ces inconvéniens, et pour conserver dans les mêmessaisons, les mois et les fêtes ; on a imaginé les intercalations. La plussimple de toutes, est l’addition d’un jour, tous les quatre ans, auxannées égyptiennes ou de 365 jours. Jules-César l’introduisit dansle calendrier romain, et l’on nomma bissextiles les années ainsiaugmentées, pour les distinguer des autres que l’on nomma annéescommunes. Mais si la courte durée de la vie suffit pour écartersensiblement l’origine des années égyptiennes, de l’équinoxe; il nefaut qu’un petit nombre de siècles, pour opérer le même dépla-cement dans l’origine des années juliennes; ce qui rend indis-pensable, une intercalation plus composée. Celle que les Persesimaginèrent dans le onzième siècle, est remarquable par son exac-titude etpar sa simplicité. Elle consiste à rendre la quatrième année,bissextile, sept fois de suite, et à ne faire ce changement, la huitièmefois, qu’à la cinquième année. Cela suppose la longueur de l’année,de 365 jours 3 ^, plus grande de o’ , 000202 , que l’année tropiquedéterminée par les observations; mais il faudrait un grand nombrede siècles, pour déplacer son origine, d’une quantité sensible auxagriculteurs.

Il serait à désirer que tous les peuples adoptassent une même ère