DU SYSTÈME DU MONDE. 19indépendante des révolutions morales, et fondée sur les seuls phé-nomènes astronomiques. L’un des plus remarquables est le mou-vement du grand axe de l’ellipse solaire; on pourroit donc fixerl’origine d’une grande période ou de l’ère, à l’instant de son passagepar l’équinoxe, instant dans lequel l’équinoxe vrai et l’équinoxemoyen sont réunis : on auroit ainsi l’avantage de n’employer que^ce qui est relatif au soleil, dans l’origine du temps, comme dans samesure : mais l’époque du passage du périgée du soleil, par l’équi-noxe du printemps, est trop éloignée de nous, pour être déterminéeavec exactitude, et il est préférable de partir de l’année dans laquellele grand axe étant perpendiculaire à la ligne des équinoxes, le sols-tice vrai coincidoit avec le solstice moyen, ce qui ne remonte qu’àl’an ia 5 o. On prendroit pour origine de l’ère, l’instant de l’équi-noxe moyen du printemps qui, dqns cette année, arrivale i 5 inarsà 5 1 v , 5675, temps moyen à Paris. Le méridien universel d’où l’oncompteroit les longitudes terrestres, seroit celui dont le minuitrépoudoit au même instant, et qui est à l’orient de Paris, de i 85 °, 5 o.Si après une longue suite de siècles, l’origine de l’ère devenoitincertaine ; il seroit difficile de la retrouver avec précision, par leseul mouvement de périgée du soleil, vu la lenteur et les inégalitésde ce mouvement ; mais il ne restera aucune incertitude sur cetteorigine, et sur la position du méridien universel; si l’on se souvientqu’au moment de l’équinoxe moyen, la longitude moyenne de la] une, en ayant égard à son équation séculaire, ou sa moyenne dis-tance au soleil, étoit de 1 43 °,7797. Ainsi, l’on feroit disparoître cequ’il y a d’arbitraire dans l’origine du temps, et dans celle des lon-gitudes terrestres : en adoptant ensuite l’intercalation et la divisionprécédente de l’année, et celle des mois et du jour; on auroit lecalendrier le plus naturel et le plus simple qui convienne aux liabi-tans de ce côté de l’équateur.
De la réunion de cent années, on a formé le siècle, la plus longuepériode employée jusqu’ici dans la mesure du temps; car l’inter-valle qui nous sépare des plus anciens événemens connus, n’enexige pas encore de plus grandes.