DU SYSTÈME DU MONDE. 53Tétendue variable suivant sa position par rapport à cet astre, etsuivant la direction de son mouvement, répand une grande lumièresur la nature de son orbite.
La planète Vénus offre les mêmes phénomènes que Mercure,avec cette différence, que ses phases sont beaucoup plus sensibles,ses oscillations plus étendues, et leur durée plus considérable. Lesplus grandes digressions de Vénus varient depuis cinquante jusqu’àcinquante-trois degrés ; et la durée moyenne de ses oscillationsentières, est de cinq cent quatre-vingt-quatre jours. La rétrogra-dation commence ou finit, quand la planète, en se rapprochant, lesoir, du soleil, ou en s’en éloignant, le matin, en est distante d’en-viron trente-deux, degrés. L’arc moyen de sa rétrogradation, est dedix-huit degrés à-peu-près, et sa durée moyenne est de quarante-deux jours. Vénus ne se meut point exactement sur le plan del’écliptique dont elle peut s’écarter de plusieurs degrés.
Comme Mercure, Vénus paroît quelquefois décrire une corde dudisque du soleil. Les durées de ses passages sur cet astre, observéesà de grandes distances sur la terre, sont très-sensiblement diffé-rentes; ce qui vient de la parallaxe de Vénus , en vertu de laquelleles divei’S observateurs la l'apportant à des points différens du disquesolaire, lui voient décrire des cordes différentes de ce disque. Dansle passage qui eut lieu en 176g, la différence des durées observéesà Otaïti dans la mer du Sud, et à Cajanebourg dans la Laponiesuédoise, surpassa quinze minutes. Ces durées pouvant être déter-minées avec une grande précision ; leurs différences donnent fortexactement la parallaxe de Vénus, et par conséquent, sa distance àla terre, au moment de sa conjonction. Une loi remarquable quenous exposerons à la suite des découvertes qui l’ont fait connoîtrc,lie cette parallaxe à celle du soleil et des planètes; ainsi, l’obser-vation de ces passages, est d’une grande importance dans l’astro-nomie. Après s’être succédés dans l’intervalle de huit ans, ils nereviennent qu’après plus d’un siècle, pour se succéder encore dansle court intervalle de huit ans, et ainsi de suite. Les deux dernierspassages sont arrivés en 1761 et 176g; les astronomes se sont ré-pandus dans les pays où il éloit le plus avantageux de les observer,et c’est de l’ensemble de leurs observations, que l’on a conclu la
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