DU SYSTEME DU MONDE. 5g
uniforme, puisque celle hypothèse satisfait d’une manière appro-chée, aux éclipses dans lesquelles nous voyons cette planète, àla même position relativement au soleil; on peut donc déterminerà tous les instans, la position des satellites vus du centre de Jupiter.
De-là résulte une méthode simple et assez exacte, pour comparercntr’elles, les distances de Jupiter et du soleil à la terre, méthodequi manquoit aux anciens astronomes ; car la parallaxe de Jupiterétant insensible à lapi’écision même des observations modernes, etlorsqu’il est le p] us près de nous ; ils ne jugeoient de sa distance, quepar la durée de sa révolution, en estimant plus éloignées, les pla-nètes dont la révolution est plus longue.
Supposons que l’on ait observé la durée entière d’une éclipse dutroisième satellite. Au milieu de l’éclipse, le satellite vu du centrede Jupiter, étoit à très-peu près, en opposition avec le soleil; saposition sydérale, observée de ce centre, et qu’il est facile de con-clure de son moyen mouvement, étoit donc alors la même que celledu centre de Jupiter vu de celui du soleil. L’observation directe, oule mouvement connu du soleil, donne la position de la teri'e vue ducenti'e de cet astre; ainsi, en concevant un triangle formé par lesdroites qui joignent les centres du soleil, de la terre et de Jupiter,on aura l’angle au soleil, dans ce triangle ; l’observation donneral’angle à la terre; on aura donc à l’instant du milieu de l’éclipse, lesdistances rectilignes de Jupiter, à la terre et au soleil, en parties dela distance du soleil à la terre. On trouve par ce moyen, que Jupiterest au moins, cinq fois plus loin de nous que le soleil, quand sondiamètre apparent est de 1 20 ". Le diamètre de la terre ne paroîtroitpas sous un angle de 11 ", à la même distance ; le volume de Jupiterest donc au moins, mille fois plus grand que celui de la terre.
Le diamètre apparent de ses satellites étant insensible, on nepeut pas mesurer exactement leur grosseur. On a essayé de l’ap-précier , par le temps qu’ils emploient à pénétrer dans l’ombre dela planète; mais les observations offrent à cet égard, de grandesvariétés que produisent les différences dans la force des lunettes,dans la vue des observateurs, dans l’état de l’atmosphère, la hauteurdes satellites sur l’horizon, leur distance apparente à Jupiter, et lechangement des hémisphères qu’ils nous présentent. La comparaison