68 EXPOSITION
donna la première preuve directe de la diminution de la pesanteur,à l’équateur; elle a été répétée avec beaucoup de soin, dans un grandnombre de lieux, en tenant compte de la résistance et de la tempé-rature de l’air. Il résulte de toutes les mesures observées du penduleà secondes, qu’il augmente de l’équateur aux pôles , ainsi que lesdegrés des méridiens, et que son accroissement qui, sous le pôle,même, est égal à cinq cent soixante et sept cent millièmes de lapesanteur à l’équateur, est proportionnel au quarré du sinus de lalatitude.
Borda, par une expérience très-exacte, a trouvé récemment,que la longueur du pendule à secondes, à l’Observatoire de Paris,et réduite au vide, est de o' nc ,741887 ; d’où il suit que sa longueur,en France, sur le parallèle de 5o°, est égale à o me ,741606, etqu’ainsile pendule simple de la longueur du mètre, feroit 86116,5 oscilla-tions dans un jour. Ces résultats qui sont très-exacts, et la mesuredu degré du méridien, correspondant au même parallèle, servirontà retrouver nos mesures, si par la suite des temps, elles viennentà s’altérer.
On a remarqué encore, au moyen du pendule, une petite dimi-nution dans la pesanteur, au sommet des hautes montagnes. Bouguera fait sur cet objet, un grand nombre d’expériences, au Pérou; il atrouvé que la pesanteur à l’équateur, et au niveau de la mer, étantexprimée par l’unité ; elle est a,999249 à Quito élevé de 2857“' au-dessus de ce niveau, et 0,998816 sur le sommet du Pichincha, à4744™' de hauteur. Cette diminution de la pesanteur, à des hauteurstoujours très-petites relativement au rayon terrestre, donne lieude soupçonner que cette force diminue considérablement, à degrandes distances du centre de la terre.
Je dois, à l’occasion des observations du pendule, appeler l’atten-tion des physiciens, sur les deux objets suivans : l’un est la petiterésistance que les corps en changeant de température, m’ont paruopposer à leur changement de volume, à-peu-près comme l’eaurésiste à sa conversion en glace, et peut se maintenir à la tempéra-ture de plusieurs degrés au-dessous de zéro. Il suffit alors de l’agiterpour la rendre solide : de même, dans les nombreuses expériencessur la dilatation des corps, que j’ai faites avec Lavoisier, nous